Note : Les noms des personnages de ce forum sont fictifs. Toute coïncidence n’est attribuable qu’au hasard bien qu’il soit possible que les prénoms et les noms de famille reproduisent ceux d’étudiants réels. 

      Ce forum est subdivisé en plusieurs sous-questions qui sont indiquées en caractère gras.  

La croyance en Dieu est-elle compatible avec l’existence de la science moderne ? 

Mathieu Laliberté :

      Pourquoi les scientifiques ne croient-ils pas en Dieu ? 

Guillaume Laflamme :

      Ta question est mal posée. Il faudrait plutôt dire : pourquoi certains scientifiques ne croient-il pas en Dieu ? ou bien : pourquoi la plupart des scientifiques et mêmes des philosophes modernes ne croient-ils plus en Dieu ? 

Marianne Fleury :

      Ta question, Mathieu, me paraît passer à côté du problème. Rien ne distingue, à mon avis, les scientifiques des autres sur ce point. Les gens ordinaires (non spécialistes) ne croient plus en très grand nombre, eux non plus. Et les scientifiques peuvent aussi bien que les autres, subjectivement, croire en Dieu ou ne pas y croire. La question devrait être plutôt celle-ci : y a–t-il une contradiction entre croire en Dieu et croire en la science ? Les deux croyances sont-elles compatibles entre elles ? 

Mathieu L. :

      D’accord, je vous le concède. Ma question était mal formulée. Prenons donc la formulation de Marianne. Je pense, je crois même, qu’il faudrait que chacun sache s’il est rationnel de croire en un Dieu sans preuve ou s’il est victime d’une illusion. Personne n’aime l’idée d’être trompé par quelque chose. Qu’en pensez-vous ?

Marianne F. :

      Trop de gens, il me semble, ont besoin de croire en un absolu. Ceux qui croient en l’absolu de la Science sont autant dans l’erreur que ceux qui croient en Dieu. Mais s’il s’agit de croire rationnellement, il est sûr que l’on a de bien meilleures raisons de nos jours de croire en la science que de croire en Dieu. 

Guillaume L. :

      Pour ma part, je croirais que les découvertes que feront encore les scientifiques pourraient bien les ramener à l’idée d’un Dieu créateur. J’ai lu récemment un livre écrit sur le principe anthropique et qui montre la possibilité que l’Univers ait été fait dans le but que l’être humain y apparaisse. 

(…) 

Mathieu L. :

      Je me suis informé sur le principe anthropique. Il y en a plusieurs versions. C’est uniquement l’une de ces versions qui permet de dire que l’Univers est fait sur mesure pour que la vie et l’humain y apparaissent. Cela me laisse songeur, mais je n’y vois pas une raison suffisante pour croire, par exemple, au Dieu de la Bible. 

Marianne F.:

      Ce n’est pas non plus une raison suffisante pour croire en un Dieu, qu’il soit biblique ou autre, parce que, même si l’Univers est comme fait pour produire des êtres vivants ou intelligents, cela ne prouve pas plus l’existence dun être divin que, par exemple, le pépin de la pomme que je viens de manger, qui, lui aussi, est comme fait pour produire un pommiers et d’autres pommes.

Étant donné la nature de la foi, a-t-elle besoin d’être défendue par des arguments rationnels ? 

Marie-Ève Gagnon :

      Pour ma part, je me demande s’il est pertinent de discuter de la foi en Dieu puisque, par définition, avoir la foi n’a pas besoin d’être justifié. Il suffit de croire. 

Guillaume L. :

      Je pense, Marie-Ève, que tu as raison mais que cela ne veut pas dire qu’il n’est pas important d’être capable de défendre sa foi rationnellement. Voici certaines des raisons qu’un croyant pourrait avoir de défendre sa croyance : 1) il est important d’éviter de laisser trop de place aux incroyants dans la discussion ; 2) il ne faut pas, non plus, laisser les militants d’autres confessions religieuses faire des progrès au détriment de sa propre foi (par exemple, pour moi, qui suis catholique, les Témoins de Jéhovah ou les musulmans). Je tiens à défendre ma foi en la religion catholique contre ce qui tend à lui nuire. Et si trop de catholiques deviennent Témoins de Jéhovah, alors l’Église catholique serait menacée dans sa survie.

Marie-Ève G. :

      Personnellement, je suis croyante, mais je ne suis pas plus catholique que musulmane, etc. C’est pourquoi je ne vois pas pourquoi je défendrais ma croyance en Dieu. 

Guillaume L. :

      Mais n’es-tu pas inquiète de voir la croyance en Dieu régresser ? Penses-tu que Dieu lui-même, s’il est présent, ne préférerait pas que tu défendes l’idée qu’il représente et le fait même qu’il est là, présent ? 

Marie-Ève G. :

      Lorsque je prie Dieu, il ne me semble pas qu’il s’inquiète de cela. Mais tu as peut-être raison. Il faudra que j’y réfléchisse. 

(…)

Les croyances religieuses n’ont-elles pas abondamment prouvé leur inutilité et même leur nocivité dans l’histoire jusqu’à présent pour qu’il soit encore possible d’y voir une quelconque valeur ?

 Mathieu L. : Moi je crois qu’il n’est plus possible de prétendre qu’il existe un Dieu, pas plus que d’un quelconque dieu, parce que :      

1.         aucune preuve scientifique ne le démontre ;

2.                  les grands philosophes (Marx, Nietzsche, Sartre, Camus…) n’y croient pas ;

3.                  s’il existe, Dieu est vraiment plus que discret ; il est carrément absent de mon existence. Je crois que cela prouve que la croyance en Dieu est irrationnelle et vide de sens. 

Malya Lacasse : Moi non plus, je ne crois pas en Dieu. D’ailleurs je ne vois vraiment pas quel Dieu aurait pu vouloir créer le Monde, avec les maladies et la mort de tout ce qui vit, sans compter toutes les guerres, les discriminations, etc. 

Guillaume L. : Quant à Mathieu et Malya, aucun de vos arguments ne m’a convaincu. Le Dieu dont vous parlez est celui que vous avez appris quand vous étiez encore jeunes. Or, il s’agit ici de savoir s’il est possible de croire en un Dieu. Dieu pourrait être différent de ce que les humains ont cru à son sujet et, donc, de ce qu’ils ont fait en son nom.          

Alice Déry : Ce que tu as dit, Malya, me fait penser à ce qu’a dit le prof. Il a dit que, pour les philosophes modernes comme Sartre, que même en supposant que Dieu existe il faudrait être contre Dieu à cause de tout le mal qu’il a fait… 

Malya L. : Tu as mal compris ce qu’a dit le prof. Il n’a pas dit que Dieu a fait du mal, mais que Dieu, s’il existe, a laissé les humains libres d’en faire et que c’est aussi méchant qu’un père ou une mère qui laisserait volontairement son enfant se faire du mal. 

Mathieu L. : Et c’est encore une autre bonne raison de ne pas croire en Dieu. Il ne serait pas un très bon père, lui supposé pourtant parfait. Quelle contradiction ! 

Guillaume L. : Vous oubliez que Dieu ne pouvait peut-être pas empêcher que les humains se fassent du mal. C’est un peu comme la mère qui ne peut empêcher son enfant de se faire du mal quand cela arrive.  

Malya L. : J’aime bien cette image de Dieu comme une mère qui aime ses enfants. C’est vrai qu’alors il ne serait pas toujours capable de les soulager d’une douleur. Le problème c’est que, si Dieu est comme une mère, cela veut dire qu’il n’est pas tout-puissant. Or, Dieu est par définition tout-puissant. 

Guillaume L. : Qui a dit que Dieu est tout-puissant ? Ce n’est pas exactement lui mais un simple humain qui a essayé de décrire ce qu’est Dieu et qui s’est trompé peut-être. 

Soledad Bérubé : Je suis d’accord avec Guillaume. Et j’ajouterais même que Dieu, s’il existe, préférerait qu’on ne le voie pas comme tout-puissant. Après tout, une mère n’aime-t-elle pas mieux que son bébé comprenne qu’elle ne peut pas toujours faire ce qu’il voudrait. 

Mathieu L. : Si Dieu est comme une mère qui aime son enfant, où est-elle donc, cette mère ? Elle me semble pour le moins irresponsable de laisser son enfant seul, sans défense… Et y a-t-il un « père », ce qui ferait deux Dieux pour le prix d’un ; quelle aubaine, mais qu’y gagnerait-on !? : -) 

Fin de ce forum de discussion.