Note : Les noms des personnages de ce forum sont fictifs. Toute coïncidence n’est attribuable qu’au hasard bien qu’il soit possible que les prénoms et les noms de famille reproduisent ceux d’étudiants réels.

Nancy Lacasse :

      J’aimerais savoir ce que vous pensez de l’affirmation suivante : « à cause de leur caractère obligatoire l’enseignement des cours de philosophie est anti-pédagogique ; il faut donc que les cours de philosophie ne soient plus obligatoires ». 

Maxime Poirier :

      Je suis d’accord. C’est anti-pédagogique parce que, quand on est obligé de faire quelque chose, on n’est pas motivé pour apprendre. Or, la motivation est très importante en pédagogie (je pense). 

Cynthia Lavoie :

      C’est sûr. Sans motivation, il ne peut y avoir de bon apprentissage. Je dirais même que c’est plutôt une sorte de dressage. 

Nancy L. :

      Je vais peut-être vous surprendre, mais je ne suis pas sûre du tout que ce serait mieux si les cours de philosophie n’étaient pas obligatoires. En fait, après y avoir réfléchi et m’être documentée sur le sujet, je suis arrivée à la conclusion que les cours de philosophie doivent rester obligatoires au collégial. J’aimerais que ceux qui ne sont pas d’accord avec ma position répondent à mes arguments.

            Mon premier argument est que les cours de philosophie contribuent à la formation chez l’étudiant de son esprit rationnel et critique. Il ne faut donc pas confondre cette formation avec un dressage. C’est tout le contraire.

            Mon deuxième argument est que ce n’est pas le caractère obligatoire d’un cours qui brime la motivation et l’épanouissement individuel, mais c’est lorsqu’il y a une contrainte réductrice de la liberté de penser et de former sa pensée de façon qu’elle soit libre.

            Mon troisième argument est que, si les cours de philosophie étaient partout obligatoires dans le monde, il y aurait plus de liberté, en particulier pour les femmes, et moins de guerres. Par exemple, si en Afghanistan les hommes qui sont devenus des Talibans intolérants et obscurantistes avaient pu, dans leur jeunesse, suivre des cours de philosophie, donc de formation de la pensée critique, ils ne seraient probablement pas devenus ces Talibans ; ils auraient même lutté contre eux. 

Maxime P. :

      Je m’excuse, Nancy, mais j’avais déjà l’esprit critique avant de suivre mon premier cours de philosophie. La preuve est que je critiquais les cours de philosophie ! 

Nancy L. :

      Ce n’est pas une preuve convaincante puisque tu ne savais pas encore ce qu’était la philosophie et que tu la dénigrais donc sans savoir vraiment pourquoi. 

Maxime P. :

      Mais c’était une position de principe. J’étais contre tout ce qui est obligatoire. 

Cynthia L. :

      Je regrette, Maxime, mais ton dernier argument ne tient pas debout. On ne peut rationnellement être contre toute obligation sans vivre dans l’anarchie. Imagine si on n’était pas obligé par la loi d’arrêter aux feux rouges. Par contre, je trouve que Nancy n’a pas vraiment réfuté l’argument de la motivation. Si les cours de philosophie n’étaient pas obligatoires, ne seraient-ils pas plus motivants ? 

Nancy L. :

      Plus motivant pour qui ? Il n’y aurait peut-être personne qui s’y inscrirait et pour cause, parce qu’aucun étudiant ne saurait d’avance ce qu’ils peuvent lui apporter. 

N.B. : Ce forum s’est arrêté ici. Si cependant le lecteur reste sur son appétit en ce qui concerne le bien-fondé d’imposer des cours de philosophie au cégep, il pourrait trouver intéressante la discussion à propos de la philosophie pour enfant qui se trouve également dans cette agorathèque : « La philosophie pour enfants : quel rapport avec le cégep ? »