Le principe de non-condamnation

 

Le respect des personnes et des groupes signifie, d’un point de vue éthique, qu’il importe de ne pas condamner moralement (c’est-à-dire de pas réprouver) personne ni aucun groupe. En général, la condamnation morale découle d’une faute commise contre la morale d’un groupe ou contre la perspective qu’un groupe se donne par rapport à ce qui est moral. Elle ne résulte jamais, rationnellement, d’une obligation à valeur universelle 1. Or, le dissident, qui par définition se donne ses propres lois, n’est pas le sujet de la même application morale. C’est l’idée même de punissabilité qui est alors à remettre en question.      

Une situation kafkaïenne 

1 Il est possible de montrer qu’aucune culpabilisation de l’humain individuel ou collectif ne peut résister à l’examen critique rigoureux. Ce qui résulte d’un principe éthique n’est ni l’obligation absolue ni, en cas de manquement, la réprobation morale. Il ne peut en résulter qu’une critique d’ordre éthique. Voir La diabolisation. Une pédagogie de l’éthique, Annexe: l’éthique évaluative. 1