L'éruption du Pinatubo en 1991L'éruptioL'éruption du Pinatubo en 1991n du Pinatubo en 1991

L’éruption du Pinatubo en 1991

La problématique actuelle comporte en fait plusieurs sortes d’incertitudes. Il y a les incertitudes concernant la compréhension scientifique de l’atmosphère1. Ensuite, on est dans l’ignorance en ce concerne l’importance de l’influence des activités humaines sur le climat. De ce fait, on ignore si l’humain est vraiment capable techniquement d’atténuer le réchauffement climatique de même que ce qu’il devrait faire pour y parvenir. Sur un autre plan, on n’est pas vraiment en mesure, non plus, de prévoir le comportement de l’humain lui-même. Aucun modèle n’existe là-dessus et il manque de situations comparables dans le passé de l’histoire 2. Par exemple, on ne peut prévoir si les humains arriveront à s’entendre entre eux afin d’adopter un programme ou un agenda commun, tant il existe de la méfiance et de l’incompréhension en ce qui concerne les rapports internationaux et, plus généralement,  entre groupes, soit entre les tendances ou les partis politiques, entre les nations ou entre les pays développés et les pays en voie de développement. Enfin, on n’a pas même de critères communs d’ordre éthique ou politique (ou, pour certains, religieux) qui permettraient d’établir rationnellement quelle serait la meilleure voie à suivre. Compte tenu de la prolifération possible d’armes de destructions massives, une grande catastrophe due à l’intolérance ou à l’irrespect ne serait-elle pas humainement plus à craindre que toute catastrophe environnementale ?

Les catastrophes dues à l’éthocentrisme

1 On dénombre au moins trois sources principales d’incertitude en ce qui concerne les modèles informatiques utilisés, soit la modélisation des nuages, les phénomènes de petite échelle (cellules orageuses, effets de relief) et la modélisation de l’interface entre les océans et l’atmosphère. Cf. W. Collins, R. Colman, J. Haywood, M. Manning et Ph. Mote, « Réchauffement climatique, le temps des certitudes », dans Pour la Science, no 360, octobre 2007, p. 68-75. 1

2 On mentionne parfois le réchauffement climatique du haut Moyen Âge (époque carolingienne), qui se serait fait sentir sur une partie du globe dont l’Europe de l’Ouest. Les humains de cette époque ont réussi, semble-t-il, à s’y adapter harmonieusement. Ils n’avaient certes encore aucune capacité effective d’atténuer ce réchauffement, à supposer qu’ils l’aient souhaité. 2