Environnement et politique : la difficile communication 

Les enjeux environnementaux sont étroitement liés aux enjeux politiques, notamment en ce qui concerne la fiabilité des informations sur les données du problème et des explications sur le problème lui-même, c’est-à-dire sur ce en quoi il consiste et sur ce qu’est son degré de gravité. 

Nous porterons notre attention ici sur un aspect relativement négligé des rapports entre le progressisme et les questions d’environnement. Il s’agit de la désinformation, ou de la mésinformation, qui accompagne presque fatalement les discussions sur l’environnement.. 

            Les problèmes environnementaux sont en général complexes. C’est le cas notamment des problèmes qui concerne la planète entière, tels que celui du réchauffement climatique planétaire. Lorsqu’il s’agit de se faire une opinion sur le problème, on veut en général savoir si le problème est réel, quel est son degré de gravité et s’il y a des moyens à prendre de façon urgente afin de le résoudre. Lorsqu’on fait face à un problème de ce type, il faut d’abord prendre conscience que la solution ne pourra être apportée par les seuls spécialistes de l’environnement ou du climat. Non seulement, le problème de l’environnement concerne d’emblée les connaissances de plusieurs sciences de la nature, dont l’écologie et, dans le cas du réchauffement planétaire, la climatologie, mais en outre, le problème possède d’importantes dimensions humaines et politiques.  

            Les dimensions politiques importent particulièrement en raison de l’actuelle situation d’irrespect mutuel généralisé des groupes. Il est sûr que toute prise de position de certains États, ou groupes (mouvements ou partis politiques, etc.), suscite la méfiance chez d’autres. Même si un consensus émerge, il résultera sans doute de tractations entreprises de façon discrète sinon secrète. De plus, rien ne garantit que les différents États voudront réellement respecter leurs engagements. Il se peut, par exemple, que l’élection d’un nouveau parti ait pour effet de renverser l’engagement du parti antérieurement au pouvoir. Même si tel n’est pas le cas, un gouvernement peut décider de sa politique en fonction des renversements d’opinions. En outre, même si l’évolution globale de l’environnement laissait planer l’éventualité d’une catastrophe planétaire, il est très possible que certains États adoptent la politique du pire et se comportent comme s’ils souhaitaient la catastrophe en y voyant la possibilité de détruire ou punir leur ennemi juré tout en escomptant un salut providentiel pour eux-mêmes. Bref, il semble illusoire d’espérer quelque entente efficace que ce soit au niveau mondial, du moins tant qu’une situation de respect mutuel ne sera pas instaurée entre les groupes concernés.

   • Les prises de position problématiques des scientifiques