Le droit à la dissidence peut être vu comme universel et inaliénable, mais en des sens radicalisés de ces termes. Il s’applique à tout individu aussi bien qu’à tout sous-groupe. En effet, le groupe dissident est un ex-sous-groupe ou un ex-membre 1. Il faut comprendre le droit à la dissidence comme précédant tout autre droit; il est en quelque sorte un pro-droit, c’est-à-dire le droit radical de se séparer de tout groupe humain. Ce droit est donc de nature différente de tout autre droit en tant que reconnu seulement dans un ou certains groupes particuliers. Le droit à la dissidence est ainsi le droit le plus fondamental qui soit. Il est un droit que l’individu ou le sous-groupe peut opposer à l’État, celui-ci étant vu comme l’organisation dominant un certain territoire. On peut comparer ce pro-droit à l’interdiction de la détention arbitraire, l’arbitraire étant alors celui d’un État en particulier, qui cherche à imposer sa loi à qui n’en relève plus. Le concept de droit à la dissidence rejoint ici celui d’anarchie sur un point, celui que personne n’est assujetti par nécessité à demeurer membre d’un groupe qui n’est pas (ou qui n’est plus)le sien.

1 Plus exactement, le groupe dissident peut être compris de deux façons. Il peut être un ex-sous-groupe du groupe dont il s’est détaché. Il peut être aussi le groupe singleton qu’est devenu l’ex-membre d’un groupe. 1