Violence symbolique d'un mouvement féministe

Violence symbolique d’un mouvement féministe

En survolant l’histoire du mouvement féministe, il est facile de constater que, sur le long terme, beaucoup d’ « utopies » ont pu être réalisées. Par exemple, en France, les féministes ont fait des progrès notables depuis Olympe de Gouges (1792) 1 et Mary Wollstonecraft (1792) 2, les suffragettes 3, puis Simone de Beauvoir(1949) 4. Les femmes en sont venues à obtenir le droit démocratique de voter et un accès facilité au monde du travail. Et, ce qui est plus extraordinaire, elles ont renversé les tabous religieux et moraux de la contraception et de l’avortement. Elles ont acquis l’aide du système juridique en ce qui concerne le harcèlement sexuel et les mauvais traitements incluant ceux des « femmes battues ». En outre, comme cette nouvelle reconnaissance légale et morale ne suffisait pas à assurer en fait l’égalité en ce qui concerne la représentation féminine au niveau du pouvoir politique, elles ont obtenu dans certains pays des réformes constitutionnelles permettant cette égalité de fait. Ainsi que l’exprime, par exemple, la chercheure Muriel Rouyer : « C’est, sans aucun doute, une victoire pour le mouvement des femmes […] 5». Cependant il est évident qu’il faudra encore beaucoup de temps pour que ce type de révolution soit vraiment réalisé et pour qu’il puisse gagner la planète entière. En France et au Royaume-Uni, cela demanda deux siècles ! C’est ce que nous appellerons ici un progrès véritable sur le long terme et ce, même s’il reste encore beaucoup à faire pour que l’égalité de fait soit acquise. Si on se donne suffisamment de temps, cependant, des espoirs inconcevables, des rêves, peuvent devenir réalité.

1 Marie Gouze, dite Olympe de Gouges a produit la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1792. Elle aurait été guillotinée parce que trop favorable à Louis XVI.

2 Mary Wollstonecraft, A Vindication of the Rights of Woman, 1792. Elle est considérée comme la fondatrice du mouvement féministe. 2

3 Emmeline Goulden Pankhurst et ses suffragettes ont lutté, au début du XXe siècle, au Royaume-Uni, pour que le suffrage dit universel soit étendu aux femmes. 3

4 Simone de Beauvoir est l’une des principales auteures du féminisme. Elle fit publier Le Deuxième sexe en 1949. 4

5 En France, une réforme de la législation (lois du 8 juillet 1999 et du 6 juin 2000) consacre le « principe de parité » en modifiant l’article 3 de la Constitution sur la souveraineté (« la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ».)  et en modifiant le Code électoral pour les élections municipales et régionales en « faisant obligation aux formations politiques de présenter, dans les communes de plus de 3 500 habitants, autant de femmes que d’hommes sur leurs listes et de les présenter alternativement » (Muriel Rouyer, Encyclopaedia Universalis en ligne, 9 septembre 2009, « Femme. Du M.L.F. à la parité » (avant-dernier paragraphe). 5