Gagner le statut d’État-nation, c’est-à-dire d’État dit souverain, pour une nation comme celle des Québécois constituerait un pseudo-progrès parce que le statut d’État-nation équivaut à celui de nation injustement privilégiée par rapport à la plupart des nations, soit toutes celles qui ne sont pas encore reconnues comme des États-nations. La situation est analogue à celle du roturier, au Moyen Âge, qui aurait voulu gagner le statut de noble. Ce qui était plutôt à souhaiter dans ce cas était d’éliminer les privilèges attachés au statut du noble. Dans le cas des nations, ce qu’on pourrait espérer est que le statut d’État-nation soit un jour aboli, même si cela ne peut se faire que dans l’avenir à long terme.

         Le Québec, par exemple, pourra préserver son identité (tout en la développant), en visant dès lors, non le statut d’État-nation, mais celui de nation autonome reconnue au sein d’une supercollectivité démocratiquement accomplie. En d’autres termes, il importe surtout de revendiquer sa place en une véritable assemblée des nations unies plutôt que dans l’actuel regroupement de nations privilégiées qui a nom « Nations unies », lequel n’est en quelque sorte que l’équivalent d’un club privé, un peu comme l’est de façon plus évidente le « G7 » (ou le « G8 »). Le Québec aurait intérêt à se signaler en revendiquant le même statut pour toutes les nations qui ne jouissent pas d’un tel privilège. Qui sait? Peut-être la nation québécoise prendra-t-elle l’initiative d’engager une authentique « Révolution québécoise du monde » !

Référendum mondial pour le Québec…