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Compte-rendu de recherche à partir du General Evolution Research Group (GERG)

22 mai 2017

Résumé : On fait part ici de prédictions de nouvelles idées scientifiques sur le long terme à venir, incluant de nouveaux concepts, de nouvelles hypothèses, de nouvelles théories, etc., obtenues par des calculs idéométriques à partir des idées scientifiques existant présentement. Les idées nouvelles apparaîtront dans ce qui suit en majuscules. Cet article fait suite à l’ « Introduction aux mathématiques idéométriques » et une série d’articles (Cf. Agorathèque, 2016-2017) et traite de façon originale de la conscience en tant que sujet de recherche.

I        Un problème difficile

PRÉDICTION : On sera enfin capable d’avancer en ce qui concerne les questions : comment la matière physique arrive-t-elle à donner lieu à la conscience ? Comment concevoir que des processus physiques donnent lieu à une riche vie intérieure ?

Précisions : L’expression problème difficile de la conscience (Hard problem of consciousness), inventée par David Chalmers, aura désigné le problème de l’explication du fait que nous avons des expériences phénoménales qualitatives et, plus généralement des expériences de conscience. Le problème difficile de la conscience se sera opposé aux « problèmes faciles » relatifs aux explications des capacités de discerner, d’assimiler des informations, de rendre compte d’états mentaux, de l’attention, etc. Ces problèmes auront été vus comme faciles, non parce qu’ils ont reçu des solutions simples et définitives, mais parce que leurs solutions requièrent seulement de spécifier des mécanismes qui peuvent réaliser différentes fonctions de la conscience.

PRÉDICTION : On se rendra compte que la conscience n’est pas exactement un élément fondamental de l’Univers et qu’elle se résout elle-même dans l’agencement de deux éléments encore méconnus de l’Univers, son POTENTIEL RÉEL de production de formes et l’EFFECTIVITÉ DU PRÉSENT, qui seront en fait deux modalités originales, l’une représentant ce qui est possible dans cet Univers et l’autre l’actualité dans ce même Univers. La science utilisera de façon généralisée ces deux nouveaux concepts qui seront très utilisés dans les prédictions idéométriques. Il s’agira de a) le potentiel réel, qui représentera les RÉSULTATS RÉELLEMENT POSSIBLES attendus ou non des mesures ou des observations scientifiques en général, et b) l’effectivité du présent, qui représentera le CARACTÈRE EFFECTIF DES MESURES ou des observations scientifiques en général.

Précisions : Les formulations de ces deux nouveaux concepts auront été en partie tirées de la théorie physique, plus particulièrement de la mécanique quantique, où leur utilisation se sera avérée pour la première fois requise afin de rendre compte de types nouveaux de résultats apparaissant pour la première fois, dont le probabilisme des résultats attendus. Ainsi le potentiel réel représentera l’ensemble des états possibles du paquet d’onde avant la réduction effective. Il en sera allé de même concernant l’effectivité du présent, qui aura été nécessaire afin de distinguer la mesure effective provoquant une réduction du paquet d’états possibles dans ce que la théorie pouvait décrire. On parlera de résultats réellement possibles, c’est-à-dire physiquement possibles d’après la fonction d’onde.

Le concept de potentiel réel s’obtiendra à partir du sens qui aura été attribué au « paquet d’onde » quantiques, soit un ensemble enchevêtré (ou intriqué) d’ondes de probabilité pour un ensemble de particules dans un état donné, la probabilité étant comprise à la base, pour chaque particule, comme celle d’avoir une position ou une quantité de mouvement données. Le potentiel réel en représentera une généralisation à l’ensemble des corps matériels dans l’Univers et, à ce titre, il deviendra un concept clé des sciences de la vie et des sciences humaines. Quant au concept d’effectivité du présent, il constituera une généralisation de l’effectivité de ce qui est appelé, en mécanique quantique, réduction du paquet d’ondes. Ainsi l’effectivité du présent deviendra une nouvelle expression cruciale susceptible de résoudre les « difficiles problèmes » de certains champs de recherche tels que ceux qui prenne la conscience pour objet.

CALCULS D’IDÉES :

La conscience de l’enfant (de 18 mois environ) =>> La recherche scientifique de l’humanité actuelle (début du XXIième siècle)

où la flèche « =>> » représente un idéomorphisme (Cf. Introduction aux mathématiques idéométriques)

Le « problème difficile de la conscience », qui aura persisté même après qu’on ait expliqué toutes les fonctions cognitives, ou le problème de savoir comment la conscience se sera produite et formée telle qu’elle nous apparaît =>>  X

Idéomorphie Enfant de 18 mois environ Idéomorphisme (analogie exacte) Humanité actuelle
Problème lié à l’expérience concrète « Problème difficile de la conscience » =>> X

Table A

D’après le calcul idéométrique ici très simple, schématisé par la Table A, l’inconnue X se calcule ainsi :

X = (Problème difficile de la conscience / Enfant) • Humanité actuelle =

X = « PROBLÈME DIFFICILE DE LA SCIENCE »

où la SCIENCE représente la science vivante qui se développe dans l’histoire.

Vérification sommaire du calcul : Le problème « difficile » de la conscience comporte la question qui consiste à s’interroger sur la façon dont de simples mouvements matériels dans le cerveau peut arriver à produire la conscience. Le même type de calcul, des éléments d’un niveau vers la conscience effective du niveau suivant, permettra d’obtenir la caractérisation suivante de ce « problème difficile de la science » : Telle qu’elle se sera développée, la science restera formulable en termes d’induction (comment l’induction à partir d’un nombre fini de cas peut-elle produire une loi générale de la nature ?) ou de statut scientifique (comment passe-t-on d’un ensemble d’observations à une loi de statut scientifique comme telle ? comment passe-t-on du particulier au général ?), mais non encore formulé en termes d’expérience du moment présent selon la temporalité historique. Voir la Table B.

Idéomorphie Enfant de 18 mois environ Idéomorphisme (analogie exacte) Humanité actuelle
Problème général de changement de niveau « Comment passer d’un ensemble de mouvements matériels dans le cerveau à la production de conscience ? » =>> « Comment passer d’un ensemble d’observations particulières au niveau d’une loi générale de la nature ? »

Table B

Précisions : L’effectivité du présent caractérisera l’observation lorsque l’état d’un système physique se trouvera réduit à celui qui aura été observé de fait. Elle définira donc le type d’observation qui aura prévalu en mécanique quantique. Toutefois l’effectivité du présent sera généralisée à l’ensemble des systèmes matériels, incluant les organismes vivants, les êtres humains individuels et les sociétés humaines, avec leurs types respectifs d’expérience.

PRÉDICTION : La science adoptera de nouveaux concepts pour combler ce qui apparaîtra comme des lacunes, voire des trous béants, de l’investigation scientifique actuelle. En particulier, les concepts de potentiel réel et d’effectivité du présent auront un usage généralisé à toutes les sciences et domaines de recherche, y compris la philosophie de l’esprit.

Précisions et vérification idéométrique : Le potentiel réel et l’effectivité du présent sont impliqués également par le développement de l’enfant et celui-ci ne sera en mesure de le comprendre que lorsqu’il aura acquis la capacité de se le faire expliquer par le langage, ce qui correspond bien au cas de l’humanité actuelle qui ne découvre que maintenant ces deux concepts.

PRÉDICTION : Si l’expérience de voir une couleur, par exemple du rouge, sera considérée comme quelque chose dont je prends conscience, ce ne sera pas parce que je distingue cette teinte de rouge, mais bien parce qu’elle est effectivement au présent et que CE PRÉSENT EST UNIQUE, et que cette expérience est UNIQUEMENT LA MIENNE.

Précisions : Pour les chercheurs qui leur auront accordé crédit, les qualia (du latin quale, qualité ; au pluriel, qualia) auront été définis comme l’essentiel de la perception et de l’expérience sensible en général ; ils auront été « l’effet que cela fait » de voir ou de toucher, par exemple, quelque chose de rond ou de rugueux, ou de vivre un drame, etc. À en croire certains, ils auront constitué l’essence de l’expérience d’une vie. Le caractère scientifique de la notion de qualia n’est pas bien reconnu en raison de la controverse concernant leur existence réelle.

Plusieurs chercheurs influents auront été critiques là-dessus; les qualia, selon eux, n’auront été qu’une idée incohérente parce qu’ils seront restés inaccessibles à l’investigation objective. Les qualia ne leur auront pas paru être des phénomènes réels, mais une sorte d’illusion des tenants de l’existence absolue du sujet humain en tant que tel. Cependant, en mécanique quantique, on découvrira que le caractère effectif de la réduction du paquet d’ondes aura possédé plusieurs caractéristiques essentielles des qualia. L’expérience consistant à observer l’état d’un système aura conféré un rôle substantiel à la conscience de l’observateur qui se sera trouvée en quelque sorte à déterminer l’état du système du seul fait de l’observer de façon effective. Cela sera réinterprété. La conscience ne détermine rien de façon directe, mais tout au plus de façon indirecte, et dans la durée plutôt que dans l’immédiateté de l’instant présent.

PRÉDICTION : La question des qualia débouchera sur deux nouveaux concepts scientifiques, qui seront l’EFFECTIVITÉ PRÉSENTE DES PERCEPTIONS et l’EFFECTIVITÉ PRÉSENTE DE POTENTIALITÉS RÉELLES DE PERCEPTION en général.

Précisions : Au lieu d’insister sur le fait que l’autre perçoit effectivement une certaine couleur rouge ou une certaine odeur âcre d’une façon qui lui est propre, on présentera la question plus pertinente de savoir comment on peut développer une pleine capacité personnelle de sensibilité de percevoir des couleurs ou des odeurs, etc.

Anecdote : Daniel Dennett a raconté comment, avec Wilfrid Sellars « autour d’une excellente bouteille de Chambertin », celui-ci déclara que « les qualia sont ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ». Précisément pour apprécier un bon vin, il convient, non d’en boire aussitôt que l’occasion se présentera, mais bien d’éduquer progressivement son goût et ses connaissances œnologiques afin d’apprécier effectivement les mérites d’une éventuelle bouteille qui sera peut-être exceptionnellement bonne.

PRÉDICTION : Le problème difficile – et pratiquement insoluble – de la conscience cédera la place au problème également difficile – mais progressivement résoluble – de l’acquisition de nouvelles capacités effectivement possibles à partir de l’immense POTENTIEL RÉEL ET INCONNU qui est et sera le nôtre. L’acquisition vécue de ces capacités sera tout aussi problématique que l’expérience immédiate de la perception, et aidera à la mieux comprendre.

II       L’expérience de Marie

Précisions : L’expérience de pensée de Marie (ou Mary), selon Frank Jackson (1982), aura eu pour but de contrer certaines approches réductionnistes de l’étude de la conscience. Marie, qui est une brillante scientifique sachant tout ce qu’il y a à savoir sur les couleurs et leur perception, n’a jamais vu de couleurs que le noir et le blanc dans une chambre où elle était enfermée ; or, un jour, elle en sort pour la première fois ; apprendra-t-elle quelque chose de plus et, si oui, quoi ? On découvrira que la bonne réponse est « oui » pour la raison que toute expérience effective procure une connaissance concernant ce qui existe effectivement et ce qui devient effectivement possible à ce moment. Même si Marie connaît bien la physique et aussi la psychologie, les faits dépendent toujours au moins en partie de l’effectivité du présent. Elle sait tout sur la faculté de la vision du rouge, du vert, etc. mais, dans un univers probabiliste, elle ne sait pas ce qui va arriver de la sienne. Rien dans l’expérience de voir du rouge ou du vert ne justifiera de qualifier cela d’ineffable à jamais, mais l’effet que cela fait de voir effectivement une couleur différera de l’effet que Marie est en mesure d’imaginer d’après ses connaissances.

PRÉDICTION : On distinguera DEUX SORTES DISTINCTES D’EFFECTIVITÉ DU PRÉSENT :

  1. A) celle qui caractérisera le passage du POTENTIEL RÉEL AU PRÉSENT ;
  2. B) celle qui caractérisera le passage du POTENTIEL RÉEL AU POTENTIEL EFFECTIF ;

Le cas de type A représentera simplement la façon dont on aura compris l’effectivité le plus souvent : quelque chose de réellement possible se réalise. Le cas de type B sera plus subtil mais non moins fréquent ; il caractérisera tout système qui se développe par étapes, par exemple un embryon, mais également un humain au cours de sa jeunesse, chaque grande étape rendant effectivement possible la suivante, alors qu’elle n’aura été jusque là que réellement possible dans l’avenir.

PRÉDICTION : On établira les séquences d’idées suivantes concernant le potentiel et l’effectivité (Table C) :

Séquence de modalités ontologiques: Potentiel réel non effectif =>>  

Potentiel effectif

 

=>>  

Effectif

 

Séquence de leurs définitions : Partie non effective du potentiel réel  

=>>

Partie effective du potentiel réel  

=>>

 

Effectivité du présent

 

 Séquence d’exemples correspondants: 

 

L’enfant nouveau-né n’a que la capacité réelle d’acquérir le langage. =>> L’enfant de 18 mois environ a la capacité effective  d’acquérir le langage. =>> L’enfant use effectivementdu langage.

TableC

PRÉDICTION : Dans une interprétation future, Marie saura à l’avance l’effet que cela fait de voir une couleur sous la forme de potentialités effectives, mais elle ne pourra savoir tout sur son POTENTIEL RÉEL de perception dont la plus grande partie ne sera pas incluse dans son POTENTIEL EFFECTIF. Il sera donc possible que cette expérience effective influe sur ses motivations d’ordre esthétique ou autres d’une façon différente de ce que peut faire le simple fait de connaître d’avance ces potentialités. Marie pourra ainsi savoir qu’elle sera peut-être motivée différemment par cette expérience sans être en mesure de savoir d’avance le résultat.

Illustration : Cette situation pourra être illustrée comme suit. Marie connaît bien physiquement les différentes teintes de couleurs d’après les longueurs d’onde correspondante de la lumière, mais elle ignore comment, de façon précise, son œil et son cerveau réagiront devant cette teinte, s’il sera capable ou non de faire la discrimination entre les nombreuses teintes existantes. Son potentiel réel de reconnaissance va sans doute au-delà de ses capacités actuelles de distinguer les couleurs ; on peut supposer cependant qu’elle pourra exercer et éduquer ses yeux de façon qu’ils reconnaissent plus de teintes, un peu comme le musicien en herbe exerce son oreille de façon à lui faire mieux reconnaître certaines sonorités. Ainsi pourra-t-on imaginer sa situation. Lorsque Marie sort, elle voit pour la première fois des couleurs dont une teinte de rouge en particulier. Elle sait que c’est rouge, mais elle apprend l’effet à plus ou moins long terme que cela fait de voir cette couleur en particulier. Son potentiel réel de perception distincte de cette teinte de rouge sera donc devenu effectif de façon à ce qu’elle puisse effectivement voir cette couleur. Elle aura appris dès lors à la reconnaître désormais, du moins si elle exerce suffisamment ses yeux et surtout son cerveau en la comparant méthodiquement à d’autres teintes de rouge. En ce qui concerne l’information liée à l’effectivité de sa conscience, elle apprendra par exemple à quel moment exact elle sera devenue compétente dans sa reconnaissance de cette teinte en particulier. Ainsi écrira-t-elle son rapport expérimental :

  1. a) je suis devenue effectivement capable de distinguer cette teinte de rouge en particulier, ce qui m’apprend que j’en avais déjà, avant cette expérience, le potentiel réel bien que non effectif et
  2. b) c’est après tel délai, à telle heure précise, que j’ai pu vérifier que j’avais développé cette capacité.

PRÉDICTION : Cette expérience de pensée de Marie permettra d’obtenir de nouveaux éléments de réponses aux questions relatives à la conscience. Comment les changements matériels dans le cerveau permettront-ils de qualifier ce qui aura été appelé les « qualia »? Les neurologues voudront « voir » ce qui se passe dans le cerveau de Marie. Qu’observeront-ils ? Le passage du potentiel réel au potentiel effectif de Marie de reconnaître une teinte de couleur en particulier devrait se traduire par une modification matérielle dans le réseau des neurones. Ils pourront théoriquement observer un certain changement d’ordre qualitatif dans le cerveau de Marie au niveau de l’aire visuelle. Après plusieurs expériences du même type, ils pourront établir une cartographie mettant en rapport les perceptions analogues aux différents « qualia ». Toutefois, ceux-ci ne seront dès lors que les impressions du sujet concernant des qualités sensibles plus ou moins précises. Le potentiel réel en sera peut-être énorme. On pourra donc en théorie, mais sans doute non en pratique, reproduire tous les « qualia » réellement possibles, l’effet qu’ils font étant associé à la qualité du stimulus combiné à l’effectivité du présent (effectivité quantique généralisée).

Corollaire: On demeurera ainsi loin de tout comprendre, mais on cessera d’associer les qualia à un mystère pour lequel il n’y aurait pas même un début de solution.

Illustrations et précisions : Par exemple, l’expérience individuelle en général sera l’analogue idéométrique de l’expérience historique globale liée à la science en tant que super-conscience de l’humanité. L’explication scientifique pourra ainsi être mise en rapport analogique exact avec ce dont sera conscient l’individu. Il y a donc une expérience individuelle qui pourra être frappante ou émouvante à son propre niveau, par exemple un jeune enfant qui s’émerveille devant un nouveau jouet, expérience en correspondance avec des théories qui étonnent les scientifiques, par exemple, un nouveau problème mathématique se présentant comme un défi aux chercheurs. De même, la façon souvent superficielle et réductive  de ce dont est conscient l’enfant au meilleur de ses capacités sur ce qui se passe autour de lui, correspondra à l’explication scientifique actuelle qui, même en son plus grand état d’avancement, ne donne encore qu’une compréhension réductionniste de la conscience et du réel. Cette situation n’empêche toutefois pas l’enfant (à l’âge de l’acquisition du langage) de progresser rapidement ; il en ira de même pour l’humanité qui n’a jamais progressé aussi vite qu’à l’époque actuelle (cf. Table D).

Idéomorphie Enfant de 18 mois environ Idéomorphisme (analogie exacte) Humanité actuelle
Immaturité des connaissances d’un organisme de type embryonnaire Conscience encore superficielle et réductive, mais progressions rapides du jeune enfant =>> Réductionnisme scientifique et compréhension encore partielle et schématique de l’humanité actuelle dont les progrès sont toutefois rapides.

Table D

Précisions : Le problème difficile de la conscience, qui sera idéomorphe à un autre problème difficile, celui de la science, progresse ici. Dans ce cas, par exemple, l’expérience de « couleurs vives » correspondra peut-être à celle d’un « savoir clair et lumineux » !

PRÉDICTION : L’ineffabilité de l’expérience intime (ou des qualia) aura été en grande partie due à une mauvaise communication entre les disciplines scientifiques, la théorie quantique demeurant « chasse gardée » de la physique et de la philosophie des sciences, et au caractère implicite de son implication dans l’observation scientifique en général.

III     La conscience effective

PRÉDICTION : Le concept d’effectivité du présent jouera un rôle essentiel dans la définition du concept de CONSCIENCE EFFECTIVE, définissable comme la relation intériorisée immédiate qu’a un sujet avec le monde et avec lui-même.

Précisions : La conscience effective devra être distinguée de la conscience fonctionnelle, qui concerne les aspects utiles de la conscience. Ainsi les sensations, les émotions, les intuitions, le psychisme, la connaissance relèveront de la conscience fonctionnelle, alors que l’existence, la pensée, la réflexivité, la subjectivité relèveront à la fois de la conscience fonctionnelle par leur caractère utile, et de la conscience effective par leur caractère présent et existentiel.

PRÉDICTION : On comprendra la conscience effective comme pouvant prendre un grand nombre de formes, de la plus complexe à la plus simple, de la conscience humaine à la conscience la plus simple du vivant puis, au-delà, à la pseudo-conscience d’organisations plus simples, jusqu’à l’effectivité du présent telle qu’elle aura été observée dans les systèmes physiques.

Précisions : Le concept de conscience sera étendu de façon à inclure la conscience animale et une sorte de conscience rudimentaire d’autres êtres vivants dans la mesure où une conscience fonctionnelle pourra être aussi considérée. Au-delà, vers les structures moins organisées encore, la conscience fonctionnelle cédera la place à des mécanismes simples comme, par exemple, un capteur de présence qui à ce titre possédera un début de représentation du monde. Quant à la conscience effective, elle s’atténuera en tant que conscience jusqu’à devenir la simple effectivité du présent telle qu’on la définira à partir de l’observation de systèmes matériels.

PRÉDICTION : La conscience effective sera comprise comme un « fait » au même titre que l’effectivité du présent, c’est-à-dire quelque chose qui se constate, comme dans le cas de l’observation en mécanique quantique.

Précisions : Le « fait » de la conscience effective se comprendra de pair avec celui du potentiel réel ou effectif. Il apparaîtra comme une réduction de l’ensemble de potentialités effectives qui en auront été les éléments.

PRÉDICTION : L’effectivité du présent se présentera comme un paradoxe. Aussitôt qu’on en parlera, elle sera prise comme une potentialité plutôt que comme l’effectivité, comme dans l’expression « l’effectivité en général ».

Précisions : L’effectivité en tant que principe de réduction du réellement possible sera partout et remarquablement régulière. L’effectivité de l’ « effectivité », le phénomène du « phénomène » sera comme le présent, qui n’est déjà plus du seul fait de l’avoir saisi, de l’avoir pensé.

PRÉDICTION : Le concept d’effectivité du présent, avec son caractère singulier, et ceux de potentialités réelles ou effectives, avec leur caractère de grande généralité, deviendront vite indispensables à toute la pensée scientifique.

Précisions : Le discours scientifique portera le rôle de l’effectivité du présent comme telle même si ce rôle aura l’aspect de quelque chose dépourvu de fonction ou d’utilité, ce qui sera bien près, en apparence, de dépourvu de toute réalité, mais loin d’être sans importance.

Illustration et précisions : Ainsi, le lieu et le moment précis d’un événement d’observation n’auront pas semblé nécessairement pertinents au scientifique. Qu’importera que la mesure ou l’observation ait été faite mardi dernier à 15 heures ? Surtout s’il est un mathématicien ou un théoricien, le scientifique ne tiendra généralement pas à savoir si la mesure à été prise à telle ou telle date particulière, ou, plus généralement, par telle ou telle personne qui se trouvait à tel ou tel endroit, dans telle ou telle condition de vie (célibataire ou marié, avant ou après avoir mangé, etc.). On remarquera que ces éléments ne sont pas simplement subjectifs. Leur seul point commun aura été d’aller de pair avec l’effectivité d’un potentiel réel d’action de mesure. Un événement de mesure ou plus généralement d’observation équivaudra toujours à une prise de conscience effective ou, du moins, à un événement effectif. Il faudra que cela ait réellement eu lieu ou encore il faudra que cela ait eu lieu à un certain moment. Bref, il faudra qu’il y ait un moment présent, qui soit devenu passé (événement passé effectif) par la suite. Cette préoccupation pour la conscience effective importera en vertu de son rapport avec la façon dont les potentialités réelles de l’humanité seront devenues effectives et cela en vue de l’élaboration d’une théorie globale du développement humain en son sens le plus global.

On constatera en outre que le potentiel réel possède une réalité modale propre, analogue à celle des paquets d’onde quantique, qui est celle du POSSIBLE ONTOLOGIQUE, et qui est, en un sens fort, plus réel que tout ce que l’on sentira, verra et pensera à un certain moment, puisque toutes nos perceptions et nos conceptions en dépendront, y compris toute théorie ou concept qui résultera de nos efforts en vue de mieux comprendre le réel.

IV     La super-conscience

PRÉDICTION : On reconnaîtra l’existence d’une SUPER-CONSCIENCE de l’humanité, analogue exact de la conscience individuelle, allant de pair avec une SUPER-CONSCIENCE EFFECTIVE et une SUPER-CONSCIENCE FONCTIONNELLE.

PRÉDICTION : On opposera la vision de l’humanité jeune enfant, qui a encore tout à découvrir,  à celle qu’on aura eu tendance à entretenir jusqu’à nos jours, celle d’une humanité sur le déclin, rongée par le cancer d’une économie débridée, d’une humanité proche de sa fin. LA GRANDE IMMATURITÉ AU LIEU DE LA PATHOLOGIE expliquera les crises de toutes sortes. On apprendra à comparer l’humanité actuelle à un enfant encore aux tout débuts de son développement normal.

Illustration et précisions : La SUPER-CONSCIENCE EFFECTIVE illustrera par la découverte effective de nouvelles théories mathématiques, physiques, etc. dans une TEMPORALITÉ D’ORDRE HISTORIQUE. La super-conscience ne détiendra pas la vérité et la compréhension du tout et des détails ; elle tendra plutôt encore longtemps, en raison de son immaturité, vers la célébration plus ou moins cohérente des faits les plus accrocheurs pour la masse, y compris un surplus de projection de faits scientifiques mineurs mais spectaculaires, un certain vedettariat des chercheurs et des tensions entre groupes de chercheurs.

PRÉDICTION : En outre avec le temps, l’être humain individuel pourra ainsi connaître une double vie : 1) celle d’un simple individu qui interagit avec d’autres et 2) celle d’un acteur du GEA (rappel ci-dessous), qui prend à témoin l’humanité à venir au niveau de l’art et de la littérature, de la science et de la pérennité. Cette double vie sera idéomorphe à celle du neurone qui, à son niveau, mène également une double vie, celle de la cellule et celle de l’élément de conscience d’un individu.

Illustration : Dennett ou Nagel, mais ce sera aussi le cas de beaucoup d’autres moins connus, auront été à la fois des humains ordinaires qui animent et endurent leur vie quotidienne, mais également des auteurs homonymes potentiellement reconnus qui inspireront encore longtemps dans l’avenir.

Rappel : On définira comme un fait scientifique l’existence d’un GRAND ENSEMBLE AUTO-RÉFÉRENTIEL, le GEA, qui sera constitué de l’ensemble de tous les documents existant à un moment donné et qui seront susceptibles de servir de référence à tout texte de recherche. Le GEA, cela aura été et sera l’ensemble de tous les articles des revues spécialisées, en plus de toutes les monographies, en somme de tous les documents et les acteurs, au propre ou au figuré, qui, à un moment donné, ont été publiés et qui peuvent servir de référence à un titre quelconque (Cf. Le Dieu imparfait. Essai de philosophie pour notre temps, Yvon Provençal, 2006 ; le GEA y est défini, expliqué et longuement illustré).

Précision : Le modèle de « célébrité » (D. Dennett) correspond à une phase initiale du développement de la conscience de l’enfant, comme si la philosophie ou la science dépendaient de noms célèbres (Platon, Descartes, Newton, Darwin, Marx, Einstein…) plutôt que de contenus authentiques. On voudra passer de la notoriété à la reconnaissance épistémologique et éthique des auteurs et de leurs apports.

PRÉDICTION : L’humanité se comportera comme un jeune être conscient qui commence à explorer activement son environnement en ce qui concerne son rapport aux mathématiques et ses gestes et ses déplacements dans le SUPER-ESPACE DES MATHÉMATIQUES, là où se font les découvertes scientifiques et où s’initient les applications technologiques en tant que mouvements moteurs dans cet espace encore très abstrait pour elle.

Précisions : Le super-espace, c’est-à-dire la super-étendue, les super-dimensions de longueur, largeur, profondeur,… sera représentable comme un espace de graphe (espace des graphes qui peuvent être plongés dans un espace de dimensions illimités, avec ou sans nœuds) dont les sommets représenteront les théorèmes et les flèches représenteront les démonstrations. Les sommets du trajet passé correspondront à tous les théorèmes effectivement démontrés jusqu’au moment présent, lequel sera représenté par l’un des sommets. À tout moment, certains des sommets seront accessibles — EFFECTIVEMENT DÉMONTRABLES — et d’autres inaccessibles — RÉELLEMENT DÉMONTRABLES, mais plus tard —.

V      Questions d’ontologie

PRÉDICTION : L’essentiel des caractéristiques de la conscience se retrouvera cependant dans son UNICITÉ (à ne pas confondre avec son unité, ou globalité unifiée), qui possèdera trois caractéristiques :

— L’IRRÉDUCTIBILITÉ APPARENTE

— LA FAUSSETÉ DE FAIT

— L’INDÉTERMINABILITÉ

Précisions : L’irréductibilité apparente de l’unicité de la conscience individuelle signifiera d’abord que l’individu s’apparaît à lui-même comme effectivement et absolument unique et continue de S’APPARAÎTRE ABSOLUMENT UNIQUE quand il rencontre d’autres individus.

L’individu constatera néanmoins facilement (sauf s’il est jeune enfant) la fausseté factuelle de l’unicité apparente de sa conscience individuelle.

L’indéterminabilité de l’unicité du pour-soi individuel signifiera deux choses. D’abord rien ne lui permet de déterminer subjectivement pourquoi il est cet individu plutôt qu’un autre. D’ailleurs sa conscience de lui-même n’est pas strictement ajustée à ce corps particulier qui est le sien et qui semble pouvoir être changé pour un autre. Ensuite rien ne lui permet de déterminer subjectivement pourquoi il existe ni pourquoi il s’apparaît unique à lui-même.

Corollaire : L’irréductibilité apparente de même que l’indéterminabilité et l’effectivité du présent représenteront des concepts nécessaires à la cohérence de l’ensemble du savoir et qui seront pratiquement indispensables dans tout développement de pensée rationnelle.

PRÉDICTION : La conscience individuelle sera aussi appelée le « POUR-SOI INDIVIDUEL » en tant que conscience de soi de l’individu réel face au monde, et l’irréductible apparence d’unicité sera vue comme l’une des principales raisons de l’existence du problème difficile de la conscience.

PRÉDICTION : On découvrira que toutes les propriétés du pour-soi, qui ont d’abord ici été attribuées à l’individu s’appliquent tout aussi bien au présent de cet individu, qui sera appelé « POUR-SOI PRÉSENT ». L’unicité du pour-soi présent apparaîtra dans le fait qu’il n’y a qu’un moment présent alors que les moments passés et futurs sont multiples. Il y aura une apparence obstinée, irréductible, d’être unique même s’il y a plusieurs autres moments, dont certains sont intenses, ce qui apparaît dans le souvenir d’un accident ou dans l’effort de prévention d’accidents. Le souvenir ou l’effort doivent être présents, sinon ils n’existent pas. Enfin il n’y a rien dans le pour-soi présent qui permet de savoir pourquoi ni comment il y a une telle unicité.

PRÉDICTION : On en tirera la séquence dite des pour-soi, qui comprendra les pour-soi présent et individuel, en plus d’une troisième idée, l’Univers matériel, qui sera analogue au pour-soi d’une ENTITÉ SUPÉRIEURE au niveau de l’humanité globale (une « déité enfant ») :

POUR-SOI PRÉSENT =>> POUR-SOI INDIVIDUEL =>> UNIVERS MATÉRIEL

Précisions : Il existera toutefois une différence plus que notable entre la conception de l’Univers matériel et celles des deux pour-soi présent et individuel, et ce sera la fausseté factuelle de l’unicité. L’Univers nous apparaîtra comme le seul réel et il semblera bien, en effet, être le seul. La science n’aura fait que des hypothèses concernant une pluralité d’univers sous la forme de modèles mathématiques, par exemple comportant des bifurcations vers le futur comme dans le cas de la théorie de H. Everett. Ce n’est que plus tard, dans l’avenir, que l’humanité pourra surmonter progressivement cet égocentrisme.

Corollaire : Un idéomorphisme sera découvert entre  la façon dont l’enfant tend à réduire les autres et la tendance de la science actuelle à réduire toute la réalité des autres univers à celle du sien (cf. Table D).

PRÉDICTION : On découvrira une curieuse structuration d’idées à partir de la séquence des pour-soi, qui contribuera puissamment à faire avancer la compréhension du problème de la conscience.

Précisions : Plusieurs questions du type « Pourquoi… ? » et « Comment… ? » touchant le réel et la conscience formeront un idéomorphisme inattendu. On considérera d’abord les deux fameuses questions classiques : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » et « Pourquoi les choses sont-elles comme elles sont plutôt qu’autrement ? » (cf. Leibniz), puis on les élargira par la formulation suivante :

— Pourquoi y a-t-il un univers matériel plutôt qu’aucun ?

— Pourquoi l’univers matériel est-il comme il est plutôt qu’autrement ?

Ensuite on en tirera deux séquences idéométriques comme dans la Table E, qui suit :

Séquence des pour-soi Première séquence de questions ontologiques :

pourquoi l’existence ?

Deuxième séquence de questions ontologiques :

Pourquoi cette existence ?

Pour-soi présent Pourquoi suis-je dans un présent plutôt qu’en aucun autre moment particulier dans le temps ? Pourquoi suis-je dans ce présent plutôt que dans tout autre ?
Pour-soi individuel Pourquoi mon existence individuelle plutôt que pas d’existence ? Pourquoi ais-je cette identité individuelle plutôt qu’une autre ?
Univers matériel Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pourquoi les choses sont-elles ce qu’elles sont plutôt qu’autres ?

Table E : Deux séquences de questions ontologiques

PRÉDICTION : L’indéterminabilité des pour-soi permettra d’éclairer ce que signifie le « problème difficile de la conscience » (D. Chalmers).

Précisions : Selon Chalmers, le problème persistera même après qu’on ait expliqué les différentes fonctions de la conscience. Précisément la conscience fonctionnelle n’est pas indéterminable en tant que telle et son apparition dans l’évolution peut s’expliquer par exemple au moyen de la sélection naturelle. En ce qui concerne la conscience effective, ce n’est pas le cas. Comme dans le cas des pour-soi présent ou individuel, ce qu’elle est n’est pas déterminable.

PRÉDICTION : Le problème difficile de la conscience ne sera pas unique en son genre mais se reproduira sans faute dans la séquence des « PROBLÈMES DIFFICILES » DES POUR-SOI : comment et pourquoi la conscience existe-t-elle ? comment et pourquoi est-ce ainsi ? Les séquences révèleront d’ailleurs que le problème de la conscience tel que posé au départ aura été double puisqu’il se sera posé aussi bien pour le pour-soi présent que pour le pour-soi individuel, et aussi, bien que de façon différente, concernant l’Univers matériel. Directement conçue à partir de la Table E, la Table F résume les différents aspects ou rebondissements du problème difficile de la conscience.

Problèmes de la séquence des pour-soi Première séquence de problèmes difficiles :

Comment se fait-il que la conscience existe ?

Deuxième séquence de problèmes difficiles :

Comment se fait-il que cette conscience existe ?

Problèmes difficiles du pour-soi présent Comment suis-je conscient d’une expérience (percevoir les qualia, etc.) maintenant ? Comment suis-je conscient de cette expérience (de voir ce bleu, etc.) maintenant ?
Problèmes difficiles du pour-soi individuel Comment se fait-il que je sois capable d’avoir une expérience (les qualia en général, etc.) ? Comment se fait-il que je sois capable d’être conscient de cette expérience (de voir du bleu), etc.?
Problèmes difficiles de la science Comment se fait-il que la science existe dans un univers physique au lieu d’être simplement mathématique ? Comment se fait-il que la science existe dans cet univers matériel ?

Table F : Les quatre « problèmes difficiles » des pour-soi et les deux « problèmes difficiles » de la science

Précision : Le caractère général de l’effectivité caractérise chacun des éléments de chacune des  séquences des Tables E et F, et il va de pair avec les indéterminablités de leurs irréductibles apparences d’unicités respectives.

PRÉDICTION : Le problème difficile de la conscience se trouvera explicité, ramifié et jusqu’à un certain point expliqué (explicatum, déplié) tout à la fois dans et par la Table F.

Précisions : Le problème difficile de la conscience aura comporté les questions du type « comment le sujet en arrive-t-il à avoir des expériences de sensations visuelles, de perception de problèmes, etc. » ? On peut envisager ce problème selon plusieurs angles. Ainsi, d’après le pour-soi présent, comment a-t-il de telles expériences à un certain moment ? Mais le problème difficile concerne aussi le fait de pouvoir avoir de telles expériences, concerne ce qui caractérise l’individu conscient. Il peut également être restreint à certains cas : Comment Marie fait-elle l’expérience des couleurs ? Comment la question des qualia intéresse-t-elle la science et la philosophie ?, question sextuple d’après les deuxième et troisième colonnes de la table, montrant les multiples facettes de l’effectivité du présent qui, en fin de compte, constituera le principal élément de réponse au problème de la conscience.

VI     L’importance dela conscience effective

PRÉDICTION : La conscience effective sera d’emblée considérée comme cruciale du point de vue de la réalisation d’un soi autonome en raison de l’importance de savoir qui on est, ce qui est effectivement réel et ce qui ne l’est pas, maintenant ou dans la durée.

PRÉDICTION : On établira en outre que la conscience (effective ou fonctionnelle) peut agir indirectement sur la matière en se basant sur le concept de CAUSALITÉ INDIRECTE, c’est-à-dire le type de causalité qui résulte de conditions initiales suffisamment bien définie.

Illustration et précisions : La CAUSALITÉ INDIRECTE DES GÉNOMES : Un bon exemple de conditions initiales agissant indirectement sur la matière sera celui du génome en tant qu’agissant sur les caractères spécifiques des organismes vivants. En un sens, le génome est l’un des cas les plus marquants des conditions initiales du développement d’un organisme. Il est à ce titre une CAUSE EFFECTIVE des caractères de l’espèce, mais il n’agit pas directement sur la matière puisque ce serait contraire aux lois physiques de base. On ne peut en principe agir directement sur la matière qu’en passant par les quatre interactions physiques fondamentales connues, soit la gravitation, les interactions électromagnétique, nucléaires forte et faible. Donc le génome n’agit que de façon indirecte sur le développement de l’organisme. Les génomes ont une existence effective, dans cet univers, et leur développement évolutif les aura effectivement menés jusqu’à nous.

PRÉDICTION : La conscience effective ne causera rien de façon directe, mais ira de pair avec la causalité indirecte des motivations et de la volonté.

À un autre niveau, celui de la psychologie, les intentions individuelles représenteront un type de conditions initiales au même titre que les génomes en biologie. L’exigence de cohérence et de conditions initiales déterminantes s’appliquera aussi bien, à un autre niveau, à la façon dont on pourra dire que l’esprit dirige effectivement la matière, bien qu’il le fasse de façon indirecte et détournée, ce qui supposera une identification humaine à la réalité effective de cet Univers. Ce type d’action sera formellement similaire à celui du génotype à la différence près que le type d’information qui s’y trouvera comprise signifiera une causalité identifiable comme humainement voulue.