Yvon Provençal a enseigné la philosophie au Cégep de Granby–Haute-Yamaska de 1990 à 2013. Il a animé des forums de discussion sur Internet de 1999 à 2013. Il a travaillé en outre, depuis l’an 2000, sur ce qu’il appelle des pédagogies en action sur le monde.
manifeste prog Yvon-Povençal
 
Formation :  
   Diplômé de l’Université de Montréal en philosophie (Ph. D.) et en physique (M. Sc.)
 
 
Publications :            
 

 

Remarques : 

Je n’ai pas voulu écrire ce manifeste en tant que spécialiste de la philosophie. Je l’ai conçu et rédigé en tant que citoyen ordinaire qui s’adresse à tout citoyen ordinaire. Les idées de ce manifeste résultent en partie de mon interaction avec mes étudiants, eux aussi bien que moi, en tant que citoyens. Cependant le Manifeste résulte d’une expérience pédagogique particulière que je décris dans ce qui suit.

J’ai reformulé ici les concepts et les arguments qui ont émergé des discussions entre les étudiants ou avec eux de façon à mettre en valeur leur originalité. Ainsi que les lecteurs du Manifeste pourront le constater, plusieurs idées sont d’une incontestable nouveauté. J’ai été frappé de constater que certaines d’entre elles laissaient voir chez les étudiants une intention nettement plus généreuse à l’égard de l’humain concret que celles des philosophies que j’ai tâché de leur enseigner, entre autres celles de Marx, de Nietzsche et même de Foucault (oui, l’auteur de l’Histoire de la folie et de Moi, Pierre Rivière…1.

Voici la question que j’ai posée aux étudiants (sur plusieurs années, depuis 1999) :

« Essayez de trouver des idées vraiment nouvelles, pour l’avenir à long terme, donc peut-être bien tout à fait inconcevables et même « choquantes pour les individus demeurés » que nous sommes. Chacune des idées que vous proposerez devra satisfaire aux critères suivants : a) originalité ; b) grandeur de vue ; c) caractère déconcertant, voire choquant (même pour un étudiant en philosophie !), de ce que vous proposez.

Voici quelques-unes des idées avancées par les étudiants en réponse à la question 2:           

Réponses:

Exiger pour chaque personne le respect, c’est-à-dire que chaque personne doit être reconnue plutôt qu’ignorée ou dénigrée, aidée et soutenue plutôt que dominée, utilisée, maltraitée ou écrasée.

L’abolition mondiale de la peine de mort et des peines punitives en général ; car la société n’a pas à punir mais à protéger certaines personnes contre d’autres et, parfois, contre elles-mêmes [selon les étudiants qui ont fait cette proposition, aucune morale ne peut prétendre à la vérité absolue ; il faut être critique envers toutes].

Le respect des nouvelles cultures en général, y compris des « cultures singletons », c’est-à-dire des cultures dont un seul individu serait membre (cette dernière idée en réponse à une question de ma part afin de préciser jusqu’où ils étaient prêts à aller).

Toutes les nations devront être reconnues et représentées également à l’ONU, y compris la nation québécoise, la nation tibétaine et les nations autochtones en général.

L’abolition des privilèges de certaines nations (notamment le fameux droit de veto à l’Assemblée générale de l’ONU).

L’abolition de toute possession territoriale de la part des nations.

La transformation de l’Organisation des Nations unies (ONU) en Organisation des Cultures unies (« OCU »).

La transformation de l’objectif du maintien de la paix en celui, d’aspect beaucoup plus utopique encore, du respect mutuel des peuples.

L’idée d’un manifeste proposant au monde des idées originales afin de donner un sens valable à l’histoire (idée qui m’a d’abord semblé saugrenue !).

La transformation de l’objectif protocolaire (allusion au protocole de Kyoto) d’atténuation des modifications climatiques en celui d’adaptation à ces mêmes modifications, qui semblent plutôt pertinent à long terme ; cela signifie notamment que les peuples dont l’économie sera la plus florissante dans l’avenir s’engagent autant que possible à aider les autres peuples dans un esprit de respect mutuel.

Commentaire personnel :

Est-ce là autant de vœux pieux ? Non, je ne crois pas. Les idées ont été présentées ici de façon assez cohérente et, il me semble qu’en s’appuyant assez rigoureusement sur les acquis de la recherche, notamment dans les sciences sociales, en philosophie éthique ou politique, on peut trouver de bonnes raisons de croire réalisables à long terme, sinon chacune de ces propo