Moi, J’ANNULE MON VOTE, ET VOUS ?

 

Après le suicide du premier ministre français Pierre Bérégovoy, le 1er mai 1993, près de Nevers en France, le président français François Mitterrand a déclaré lors des obsèques :

Pierre Bérégovoy (1925-1993)

Pierre Bérégovoy Homme politique
(1925-1993)

« L’émotion, la tristesse, la douleur qui vont loin dans la conscience populaire depuis l’annonce de ce qui s’est passé samedi […] lanceront-elles le signal à partir duquel de nouvelles façons de s’affronter — tout en se respectant — donneront un autre sens à la vie politique ? Je le souhaite, je le demande et je rends juges les Français du grave avertissement que porte en elle la mort voulue de Pierre Bérégovoy. »

François Mitterrand (1916-1996)

François Mitterrand
          Homme politique              (1916-1996)

Cet avertissement n’aura pas empêché un autre suicide politique récent, celui de Jean Germain, le 7 avril 2015 à Tours, qui dans une lettre expliqua son geste en alléguant n’avoir pas pu supporter le déshonneur dont il se sentait injustement accablé. L’appel de Mitterrand aurait aussi bien pu être lancé aux Canadiens, aux Québécois ou aux Américains, ou à bien d’autres. La cause de ce grand problème omniprésent en politique semble bien avoir un nom, celui de harcèlement psychologique, qui non seulement détruit les personnes par les insultes, le discrédit, les phrases assassines, mais aussi, comme nous le verrons, affecte gravement la démocratie elle-même. L’annulation citoyenne de son vote lors des élections en général permettra, justement, de donner suite à cet avertissement. 

Pourquoi annuler son vote ? Nos votes d’annulation  constituent une façon efficace de nous mobiliser contre le harcèlement psychologique en politique, lequel est néfaste pour plusieurs raisons :

  1. Le harcèlement ruine des vies humaines ainsi que le font voir les cas de Pierre Bérégovoy ou de Lise Payette (décrit plus bas).
  2. Le harcèlement porte atteinte à la démocratie en faussant la communication et en affaiblissant la légitimité gouvernementale.
  3. Le harcèlement a non seulement un coût humain, mais aussi un coût économique (perte de productivité, coûts légaux, etc.).
  4. L’annulation du vote est pour diverses raisons reconnue et pratiquée déjà dans plusieurs pays tels que le Pérou, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suisse, la Tunisie, l’Inde, etc. Par exemple, en Inde, il permet aux gouvernants d’identifier un mécontentement de la population.

Ces différents points sont expliqués dans ce qui suit.

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  1. Autres victimes politiques de harcèlement psychologique
  2. Le gouvernement québécois prend les devants malgré lui
  3. La fausse communication
  4. La recherche d’un consensus dans et pour le respect

Notes, commentaires et références

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1.    Autres victimes politiques de harcèlement psychologique

Un an après avoir quitté la vie politique, en 1982, l’animatrice et écrivaine Lise Payette s’est dite “incapable” de retourner à Québec : « Je panique à l’idée de retourner sur la 20. La seule pensée de revoir le couloir conduisant au Salon Bleu [la salle de l’Assemblée nationale] provoque chez moi de l’angoisse ». Selon ses dires même, l’opposition l’a traitée de « menteuse » lors de la préparation de la loi de l’assurance-auto, dont elle était la responsable en tant que ministre : elle « veut vous voler », a-t-on clamé. « On continuait […] à me crucifier sur la place publique », écrit-elle, le « public aime ce genre de combat ».

Lise Payette Femme politique et auteure

Lise Payette
Femme politique et auteure

Le harcèlement dont Lise Payette a été victime se décrit de nos jours au moyen de catégories précises. Ainsi, outre les insultes, les accusations et reproches, le discrédit et la dévalorisation, elle a été jugée et condamnée d’après une critique nuisible plutôt qu’aidante. Elle est d’ailleurs loin d’être la seule victime de ce harcèlement.

Le sentiment d’oppression de Lise Payette s’explique sans doute en partie par un événement particulier qui a suscité par la suite une série d’effets psychologiques nocifs. Ainsi ce qui a été appelé le « phénomène des Yvettes », est attribuable à ce que Lise Payette a dépeint comme la « maladresse des maladresses » de sa part. Lors de la campagne référendaire pour le « Oui » au référendum québécois » de 1980, elle s’adressa à son auditoire, en faisant allusion à Madeleine Ryan (l’épouse de Claude Ryan, alors chef du camp du Non), en l’occurrence assimilée à une « Yvette », modèle fictif de la petite fille, future ménagère, par opposition à « Guy », modèle fictif de sportif pour les petits garçons, tels que présentés dans des livres d’école. Puis ce fut la catastrophe. Elle fit la bourde de présenter Madeleine Ryan comme une petite Yvette docile qui s’attire son mépris, ce qui provoqua une violente réaction d’un grand nombre de femmes politiques connues, la plus critique ayant été sans doute Lise Bissonnette, éditorialiste au journal le Devoir. Celle-ci procéda alors à l’« exécution » médiatique de Lise Payette en quelques phrases assassines. Par exemple, voici un extrait de son éditorial où elle vise Lise Payette et les femmes qui l’ont applaudie : « Quand des femmes applaudissent à ces coups bas, quand elles rigolent de ce brio qui cache une implacable démagogie, c’est leur propre dignité, leur propre solidarité qu’elles enterrent et le peu de progrès vers le respect qu’elles ont obtenu au cours des dernières années… ». Il faut ici souligner que cette critique outrée est inutilement nuisible plutôt qu’aidante. En tant qu’éditorialiste, son rôle ne devrait pas être de lancer des pierres aux politiciens, mais bien de les critiquer de façon aussi constructive que possible. Lise Payette conclut amèrement que, « pour un mot malheureux » dans un discours improvisé, « on me traîne dans la boue »… Elle fait allusion alors au « brunch des Yvettes » (30 mars 1980 au Château Frontenac), puis la réunion des Yvettes au Forum à Montréal (7 avril 1980). Plusieurs femmes connues se sont liguées contre elle : Thérèse Casgrain, Monique Bégin, Sheila Finestone, Solange Chaput-Rolland, Thérèse Lavoie-Roux. Il s’agit de ce qu’on désigne comme le « phénomène des Yvettes » (Louis Cornellier, le Devoir, le 5 février 2005). Or, une nouvelle attitude d’aide plutôt que de nuisance envers la personne semble de plus en plus être de mise de nos jours dans le monde du travail, incluant le travail du politique.

Le phénomène des Yvettes (1980)

« Réponse à Lise Payette »: La réunion au Forum de Montréal (1980)

Il y aurait long à dire, en outre, sur les autres victimes du harcèlement politique. En fait, bon nombre de députés et bien d’autres personnes qui leur sont liées de près ou de loin font l’objet encore couramment d’insultes, d’accusations et de reproches, de discrédit et de dévalorisation pour des raisons politiques.

 

  1. Le gouvernement québécois prend les devants malgré lui

Un bon nombre de conduites traditionnelles en politiques sont sur le point d’être dépassées complètement par la nouvelle sensibilité morale de l’époque actuelle, si bien que le gouvernement se fait à lui-même la leçon même si c’est à son insu qu’il le fait. Le travail de député, incluant celui de ministre, peut en effet être considéré logiquement comme concerné par ce qui suit, en voyant logiquement le gouvernement parmi les « employeurs ».

Commission normes travail

Voici le texte tel que tiré du site de la Commission (rédigé à partir d’une loi sur le harcèlement psychologique votée à l’unanimité remontant à décembre 2002). N.B. : Même si telle n’était pas l’intention du gouvernement, il faut avoir à l’esprit, en le lisant, l’attitude des députés lorsqu’ils débattent entre eux à l’Assemblée législative, l’employeur étant représenté par le gouvernement et l’entreprise par l’appareil politique de l’État.

HARCÈLEMENT PSYCHOLOGIQUE

Le harcèlement psychologique au travail est une conduite vexatoire qui se manifeste par des comportements, des paroles ou des gestes répétés

  • qui sont hostiles ou non désirés
  • qui portent atteinte à la dignité ou à l’intégrité psychologique ou physique du salarié
  • qui rendent le milieu de travail néfaste.

Une seule conduite grave peut constituer du harcèlement psychologique si elle a les mêmes conséquences et si elle produit un effet nocif continu sur le salarié.

La définition du harcèlement psychologique comprise dans la Loi sur les normes du travail inclut le harcèlement sexuel au travail et le harcèlement fondé sur l’un ou l’autre des motifs énumérés dans l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne : la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap.  [Je souligne]

Après l’énoncé de ces principes, la Commission établit cinq critères, qui semblent faits sur mesure pour décrire le harcèlement psychologique en politique:

Pour établir qu’il y a bien harcèlement psychologique, il faut démontrer la présence de tous les éléments de la définition :

CONDUITE VEXATOIRE

Cette conduite est humiliante, offensante ou abusive pour la personne qui la subit. Elle blesse la personne dans son amour-propre et l’angoisse. Elle dépasse ce qu’une personne raisonnable estime correct dans le cadre de son travail.

[Mais qu’est-ce qu’une « personne raisonnable » en l’occurrence ? Lise Payette en était sûrement une.]

LE CARACTÈRE RÉPÉTITIF

Considérés isolément, une parole, un geste, un comportement peuvent sembler anodins. C’est l’accumulation ou l’ensemble de ces conduites qui peut devenir du harcèlement.

PAROLES, GESTES OU COMPORTEMENTS HOSTILES OU NON DÉSIRÉS

Les paroles, les gestes ou les comportements reprochés doivent être perçus comme hostiles ou non désirés. S’ils sont à caractère sexuel, ils pourraient être reconnus comme du harcèlement même si la victime n’a pas exprimé clairement son refus.

ATTEINTE À LA DIGNITÉ OU À L’INTÉGRITÉ

Le harcèlement psychologique a un impact négatif sur la personne. La victime peut se sentir diminuée, dévalorisée, dénigrée tant sur le plan personnel que professionnel. La santé physique de la personne harcelée peut aussi en souffrir.

MILIEU DE TRAVAIL RENDU NÉFASTE

Le harcèlement psychologique rend le milieu de travail néfaste pour celui qui en est victime. Le harcelé peut, par exemple, être isolé de ses collègues à cause de paroles, de gestes ou de comportements hostiles à son endroit ou à son sujet.

Remarques : Il est clair que la plupart de ces définitions et critères décrivent remarquablement bien la réalité des hommes et des femmes politiques dans leurs fonctions et dans leurs relations avec leurs collègues et, aussi, avec le public, incluant les journalistes et un bon nombre de leurs lecteurs ou auditeurs.

Il est crucial ici de constater que le même document gouvernemental se trouve à définir implicitement le travail du gouvernement lui-même sous l’appellation d’ « obligations de l’employeur ». Il s’agit donc d’obligations que le gouvernement se donne implicitement à lui-même, même s’il ne le fait pas sciemment. Les voici énoncées :

OBLIGATIONS DE L’EMPLOYEUR

FOURNIR UN LIEU DE TRAVAIL SANS HARCÈLEMENT PSYCHOLOGIQUE.

L’employeur est obligé de fournir à ses salariés un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique. Il s’agit toutefois d’une obligation de moyens et non de résultats. Cela signifie que l’employeur ne peut pas garantir qu’il n’y aura jamais de harcèlement psychologique dans son entreprise, mais qu’il doit :

  • prévenir toute situation de harcèlement psychologique par des moyens raisonnables
  • agir pour mettre fin à tout harcèlement psychologique dès qu’il en est informé en

appliquant des mesures appropriées, y compris les sanctions nécessaires.

GÉRER DE FAÇON À PRÉVENIR LE HARCÈLEMENT PSYCHOLOGIQUE

L’employeur doit avoir des pratiques de gestion qui permettent de prévenir les situations de harcèlement psychologique. Il doit mettre en place, dans son entreprise, un mécanisme interne connu et efficace pour être informé lui-même de ces situations et pour en informer tous ses salariés. Ce mécanisme doit aussi permettre de traiter objectivement et rapidement ces situations quand elles se produisent, afin de les faire cesser.

Dans ses pratiques de gestion préventive, l’employeur doit également prendre en compte que le harceleur peut être extérieur à son entreprise : client, usager, fournisseur, visiteur. Pour pouvoir bien remplir ses obligations, il a aussi le droit de demander à ses salariés de ne harceler ni leurs collègues ni leurs supérieurs ou leurs interlocuteurs dans le cadre de leur emploi.

 

  1. La fausse communication

Si les agents politiques ne peuvent interagir de façon honnête, que peut-on saisir du discours politique mis à part les insultes et les condamnations mutuelles vides de sens ? Selon Marie-France Hirigoyen, la communication peut être pervertie par le harcèlement au point de n’être qu’une « illusion » de communication. Quand une question directe est posée, les harceleurs éludent  et refusent « de nommer ce qui se passe, de discuter, qu’on puisse trouver ensemble des solutions » ; « l’autre ne nous intéresse pas [pour communiquer] » ou même « il n’existe pas » ; « Plus souvent qu’un mensonge direct, le pervers [le harceleur] utilise d’abord un assemblage de sous-entendus, de non-dits, destinés à créer un malentendu … » Le pervers narcissique « trouve des auditeurs » … [qui ne s’offusquent pas] de « l’humiliation subie pas la victime ».. « pour déstabiliser l’autre il suffit de se moquer de ses convictions, de ses choix politiques, de ses goûts … le ridiculiser en public, le dénigrer devant les autres, se gausser de ses points faibles… mettre en doute ses capacités de jugement et de décisions » ; « Donner l’impression de savoir mieux, de détenir une vérité, « la » vérité. » Bref, la communication est ce que le harceleur « craint le plus ».

L’une des raisons les plus évidentes de cette situation est la partisannerie, qui polarise les opinions en instaurant un climat de « nous contre eux ». L’analogie avec le sport a une certaine pertinence. Au hockey, les partisans s’entendent bien entre eux pour nuire le plus possible à ceux d’en face. De même, le citoyen-partisan ordinaire se sent convaincu qu’il ne faut pas cesser de talonner ceux de l’autre camp, bien au contraire : qu’on les harcèle, ils le méritent bien. Des deux côtés, on croit ou on fait mine de croire harceler justement et être harcelé injustement. Le harceleur essaie constamment de passer pour une victime qui ne fait que se défendre contre les autres. La communication y est donc aussi difficile sinon plus qu’en politique. C’est typique à la fois du harcèlement moral et de la politique. Le harcèlement politique n’est-il pas, au fond, qu’un jeu ? Il y a toutefois une différence évidente, qui est que le jeu politique se trouve à déterminer l’avenir même de la société. La situation ordinaire est telle qu’il est difficile de savoir quelle est l’information véritable. On y refuse le consensus, et on voit les autres coupables d’avance, ce qui empêche tout échange sincère. Précisément, une communication nulle motive un vote nul.

 

  1. La recherche d’un consensus dans et pour le respect… 

Depuis les années 1980, les citoyens semblent avoir perdu de l’intérêt pour la vie politique. On observe un phénomène de dépolitisation, ou plutôt une certaine façon différente de se politiser. Les adhérents aux partis ou aux syndicats tendent à devenir moins nombreux. Pourtant il ne s’agit pas d’une perte d’intérêt pour la chose publique, notamment en ce qui touche aux domaines humanitaires, culturels ou sociopolitiques. On s’intéresse moins aux élections, mais davantage aux occasions de manifester, de lancer des pétitions et, de façon originale, d’appeler à reconnaître de nouvelles victimisations.

À chacun des niveaux, la reconnaissance des personnes victimes de harcèlement s’est attaqué d’abord à forte partie : l’école, l’entreprise, la famille… Il reste la vie politique. Or, dans chacun de ces cas, il aura fallu d’abord un consensus social pour parvenir à cette reconnaissance et constituer la base même sur laquelle tous s’entendent afin de vivre ensemble dans une même démocratie. Ainsi, on peut être en désaccord avec une décision politique, mais on se dit alors quelque chose comme : « Je suis en désaccord avec cette décision mais, au nom de la démocratie, je peux l’assumer en tant que citoyen respectueux des autres ». Dans une telle optique, il est valable en démocratie, d’inscrire un « vote nul », marquant le rejet de la façon dont se traitent mutuellement l’ensemble des partis, et ce tout en respectant néanmoins les autres électeurs par la reconnaissance implicite de leurs droits.

Le droit d’inscrire et de faire reconnaître un vote nul (appelé aussi « vote blanc ») existe en fait dans plusieurs pays du monde tels que le Pérou, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suisse, la Tunisie, l’Inde, etc. Par exemple, en Inde, il permet aux gouvernants d’identifier un mécontentement de la population. Autre exemple, au Pérou, il équivaut à une sorte de « droit de veto du peuple » ; lorsque les 2/3 des électeurs votent « nul », le scrutin est annulé.

Le consensus exprime le lien social des « concitoyens », qu’ils ont une société commune, qu’ils adoptent ensemble les mêmes normes, qu’ils continuent de rechercher de concert des règles pour le respect dans et par une meilleure communication. Ainsi le consensus va de pair avec la reconnaissance du vote nul, qui signifie un désaccord sur la façon dont les décideurs politiques se comportent entre eux. Si le vote nul prend de l’importance aux différentes élections à venir, les citoyens exprimeront ainsi leur volonté de mettre fin à une tradition politique de violence et de mépris dans les attitudes réciproques des politiciens et de leurs partisans.

Tableau montrant les différences espérées ici…

Voici un tableau résumant les différences entre l’attitude traditionnelle des agents politiques (« Attitude de harcèlement en politique ») et une attitude qui serait conforme au respect des personnes concrètes en politique (« Attitude de coopération démocratique ») :

 

Attitude de harcèlement en politique Attitude de coopération démocratique
a) Attitude de rejet et de nuisance  a) Attitude de reconnaissance et  d’aide
b) Réfuter, discréditer  b) Questionner de façon constructive
 c) Crier au « vol d’idées », dénigrer les projets de l’autre  c) Mettre en valeur les bonnes idées de l’autre

L’attitude de harcèlement est courante et elle est typiquement celle du parti politique dans son rapport à tout autre parti qu’il voit comme rival.

L’attitude de coopération démocratique entre les partis politiques est encore surtout une idée, un projet concernant une vie politique meilleure et plus efficace, et susceptible de faire l’objet d’un consensus social.

  1. a) Par exemple, lorsque Lise Payette dit qu’elle « haït » Claude Ryan, elle se trouve non seulement à rejeter ce qu’il est mais aussi elle nuit à tout ce qu’il représente, ce qui n’est pas conforme à la meilleure démocratie. L’attitude de coopération correspondante consisterait à reconnaître les qualités de Claude Ryan sur les plans intellectuels et professionnels (d’autant plus que plusieurs membres du parti québécois sont capables de le faire) et de l’inviter à discuter franchement malgré les différences qui les opposent. Ce n’est bien sûr guère qu’une esquisse de ce que serait la meilleure attitude d’aide entre deux politiciens mutuellement opposés par leur ligne de parti.
  2. b) Dans le cas du « brunch des Yvettes », au lieu de tenter de discréditer Lise Payette et ses options politiques il aurait fallu par exemple, afin d’être constructif, que ces femmes invitent Lise Payette au brunch pour discuter calmement de tout cela. Bien sûr, cela n’aurait pas été facile parce qu’exigeant une empathie cognitive envers Lise Payette et ce qu’elle représente. Quoi qu’il en soi, par la même occasion, il serait judicieux – pourquoi pas ? – de traiter de la façon dont une simple bourde (par mégarde insulter Madeleine Ryan en tant qu’épouse d’un politicien rival) serait susceptible de ruiner une carrière politique par ailleurs florissante.
  3. c) Toujours en ce qui concerne l’attitude à prendre, de la part de personnes du Parti Libéral, envers Lise Payette et ses visées politiques, il ne serait pas approprié de discréditer le projet d’indépendance du Québec, mais plutôt d’en reconnaître la valeur tout en éclairant les meilleures raisons de le rejeter.

 

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Notes, commentaires et références:

Respect des personnes : reconnaissance et attitude d’aide

Précisément, le respect de la personne signifie qu’on reconnaît à toute personne des droits égaux à ceux des autres. En outre, le respect de toute personne signifie qu’on adopte à son égard une attitude d’aide, c’est-à-dire qu’on cherche dans la mesure du possible à l’aider à développer son potentiel humain autant que toute autre personne peut le faire, et qu’elle puisse le développer elle-même, de la façon la plus autonome possible. Ainsi, les programmes de réinsertion sociale montrent que l’attitude d’aide s’applique tout aussi bien à ceux qui sont vus comme fautifs et qu’on veut aider à avancer dans leur capacité de progresser vers plus de respect envers les autres (Cf. L’attitude d’aide).

 

Victimes politiques du harcèlement psychologique

Plusieurs suicides politiques sont rapportés par l’histoire : Jean Germain (homme politique français, 1947-2015), qui est un cas tout récent ; Ward Beysen (homme politique belge, 1941-2005), Robert Budd Dwyer (homme politique américain, 1939-1987), Roger Salengro (homme politique français, 1890-1936), et aussi, bien sûr, Pierre Bérégovoy (homme politique français, 1925-1993). Cf. Wikipédia, notamment « Pierre Bérégovoy », article dont ont été tirés les propos de François Mitterrand.

Lise Payette, Le pouvoir ? Connais pas !, Québec/Amérique, 1982 : C’est la source principale des informations ayant trait aux cas rapportés ici de harcèlements psychologiques.

Commission des normes du travail (Québec) : le harcèlement psychologique au travail :

N.B. : Encore ici, penser aux échanges dans les Assemblées législatives.

(extraits supplémentaires du texte de la Commission des normes du travail)HARCÈLEMENT PSYCHOLOGIQUE[…]Le harcèlement peut se manifester de différentes façons comme :

  • empêcher la personne de s’exprimer – l’interrompre sans cesse, lui interdire de parler aux autres
  • isoler la personne – ne plus lui adresser la parole en public, ne plus lui parler du tout, nier sa présence, l’éloigner, la priver de moyens de communication (téléphone, ordinateur, courrier, etc.), empêcher les autres de lui adresser la parole
  • déconsidérer la personne – répandre des rumeurs à son sujet, la ridiculiser, l’humilier, mettre en cause ses convictions ou sa vie privée, l’injurier ou la harceler sexuellement
  • discréditer la personne – ne plus lui donner de tâches à accomplir, l’obliger à effectuer des tâches dévalorisantes, absurdes ou inférieures à ses compétences, la mettre en échec, lui imputer des fautes professionnelles, la dénigrer devant les autres
  • menacer, agresser la personne – hurler, la bousculer, endommager ses biens
  • déstabiliser la personne : se moquer de ses convictions, de ses goûts, de ses choix politiques, de son orientation sexuelle, de ses points faibles, faire des allusions désobligeantes sans jamais les expliciter, mettre en doute ses capacités de jugement et de décision.

[…]

Dans une grande entreprise :

La direction de l’entreprise doit s’engager concrètement à prévenir et à faire cesser tout harcèlement psychologique au travail. Elle doit aussi en informer clairement tous les salariés. Elle crée ainsi les conditions favorables à l’implantation d’un processus de prévention. L’engagement de la direction doit être constant, connu de tout le personnel et rappelé régulièrement. Il doit s’inscrire dans la politique d’entreprise et se traduire par des actions concrètes, crédibles et efficaces.

L’employeur peut être tenu responsable de la conduite de ses salariés tant dans le cadre de leur travail que dans celui des activités ou des formations qui y sont liées.

Ce qu’est le harcèlement : Rappelez-vous : 1. Votre employeur doit vous fournir un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique et vous devez l’informer dès que vous croyez vivre une telle situation. […] 3. L’exercice normal par l’employeur ou ses gestionnaires de leurs activités de gestion ne constitue pas du harcèlement [normal ? attention à la banalisation] 4. Une situation conflictuelle peut dégénérer en harcèlement psychologique. […]

Les conséquences

Les conséquences du harcèlement psychologique sur les individus sont nombreuses et insidieuses. Elles sont souvent niées ou banalisées. Le harcelé n’est pas le seul à les subir. Ses proches en souffrent aussi, de même que les témoins de la situation.

[…]

Pour l’entreprise, les conséquences comportent

  • une perte de productivité
  • une perte d’intérêt et d’engagement des employés à l’égard du travail
  • une diminution de la qualité des services
  • une augmentation du risque d’erreur.

Plus le problème est grave ou perdure dans le temps, plus ses conséquences risquent de s’étendre à d’autres dimensions de l’organisation. Ainsi :

  • les salariés risquent de perdre confiance en leur employeur
  • l’image de l’entreprise peut être ternie
  • l’absentéisme peut augmenter, de même que le roulement de personnel, et il peut devenir difficile de recruter
  • il risque d’y avoir plus de vandalisme, de dommages à la propriété, de violence physique au travail
  • des coûts légaux peuvent s’ensuivre, de même que des augmentations de primes d’assurances collectives et le versement de compensations financières. [cor. : les violences des manifestations…]

Les conséquences néfastes du harcèlement psychologique sont généralement durables. Souvent, elles ne se terminent pas avec la fin du harcèlement, mais seulement avec le rétablissement d’un climat de travail sain dans l’entreprise.

 

Tous les extraits proviennent du site de la Commission : http://www.cnt.gouv.qc.ca/en-cas-de/harcelement-psychologique/

N.B.: La lutte au harcèlement psychologique dans l’appareil étatique s’avérerait très intéressante en termes budgétaires. Réduire le harcèlement en politique équivaut à réduire le déficit public.

 

Sur le harcèlement moral et la fausse communication

Une importante source utilisée ici en ce qui concerne le harcèlement moral est l’ouvrage de Marie-France Hirigoyen, Le harcèlement moral. La violence perverse au quotidien (Éd. La Découverte, Paris, 1998, p.5-7): Selon elle, le harcèlement moral est un «  meurtre psychique … »… « Nous avons tous été témoins d’attaques perverses à un niveau ou à un autre (couple, famille, entreprise, ou bien dans la vie politique ou sociale. » Exemple : Tatie Danielle (film sorti en 1990) harcèle constamment sa « vieille employée de maison » « Le spectateur se dit : « C’est bien fait pour elle, elle était trop soumise ». Il s’agit pourtant de « tortures morales ». « On s’étonne que les victimes ne prennent pas conscience de cette manipulation malveillante ». C’est une « perversion morale ». Évidemment on peut en conclure qu’encore beaucoup reste à faire afin que le public acquière suffisamment une sensibilité morale envers ce type de violence.

Le harcèlement moral peut être vu comme un cas particulier de violence psychologique qui se présente d’abord, dans Wikipédia, comme la banalité même: « On peut ainsi identifier 15 catégories d’agressions verbales, malheureusement fréquentes dans la communication de couple ou avec les enfants. Outre les insultes et les menaces, généralement repérées sans difficulté, il peut y avoir chantage, dévalorisation, jugements et critiques, accusations et reproches, fausse plaisanterie, blocage et diversion, oubli, retenue, dni, discrédit et silence. Ces trois dernières catégories ont un statut particulier, parce qu’elles sont souvent utilisées en réponse à la protestation de la victime qui se plaint de ne pas avoir été entendue ou d’avoir essuyé une remarque désagréable. Leur utilisation marque la conviction bien ancrée chez l’agresseur d’être dans son bon droit quant au discours qu’il tient à autrui, voire sa volonté explicite de blesser l’autre. Elle illustre aussi le fait que l’agresseur n’a aucune intention de présenter ses excuses et qu’il est incapable d’éprouver de l’empathie par rapport à ce qu’il fait subir à sa victime. » Il est important en effet de prendre conscience qu’il y a possibilité de blesser autrui sans le vouloir, et même sans le savoir, si l’autre n’en dit rien. Ce qui fait la différence entre un agresseur qui trouve son comportement légitime et une personne dépourvue de mauvaises intentions, c’est que la seconde présente ses excuses si on lui fait remarquer qu’elle est désagréable. […] »  (Source pertinente : Petites violences ordinaires, Yvane Wiart, Le Courrier du Livre, 2011).

En politique, les intentions ne sont pas en soi mauvaises dans la mesure où elles sont ludiques ; on les croit normales, mais en tant que harcèlement, elles demeurent des plus critiquables en raison même de la banalisation qui l’accompagne. « John Bowlby a attiré l’attention sur l’impact insoupçonné du défaut d’attention aux besoins d’attachement de l’enfant, dans son rapport pour l’OMS intitulé « Carence de soins maternels et santé mentale ». Il a ensuite insisté, au long de sa carrière de psychiatre et de psychanalyste, sur l’importance de la prise de conscience de la réalité de la violence familiale, dans l’enfance et l’adolescence, pour la compréhension des troubles affectifs liés au développement de la personnalité » (Cf. John Bowlby, A Secure Base: Parent-Child Attachment and Healthy Human Development. Tavistock professional book. London, 1988 ; on peut aussi se référer aux ouvrages d’Alice Miller ou de Karen Horney, cités dans l’article « Violence psychologique » de Wikipédia).

D’autres exemples de propos politiquement harcelants peuvent être tirés du Grand cirque politique, par Jean-Pierre Gauffre et Ricor (Éd. de l’Archipel, 2011) :

Jacques Chirac, baptisé Granjac Monsieur Loyal : Il a l’ « art de durer sans jamais rien faire, en donnant l’impression d’agir par son ubiquité » (p. 4) ;

Arnaud Montebourg : Nono Belle Gueule : « Nono est un tueur, spécialiste de la phrase assassine et du fleuret non moucheté ». (p. 19) ;

Ségolène Royal : Chabichette, contorsionniste élastique (p. 33) ;

Sarkozy, « histrion ridicule dans son costume à paillettes » (p. 46) ;

Ainsi qu’ils le disent eux-mêmes, ces deux auteurs s’inscrivent dans « le monde impitoyable du grand cirque politique » (p. 40). En tant que simple jeu, c’est un divertissement plus ou moins drôle, mais en tant que geste politique, cet ouvrage relève du harcèlement politique. Cependant ce n’est qu’un exemple de harcèlement par les caricatures, visuelles ou verbales, parmi tant d’autres, souvent plus nuisibles encore aux intéressés.

François Hollande illustre bien le harcèlement médiatique dont sont victimes les hommes politiques. Lui qu’« on a souvent présenté comme un « gentil », il est parvenu au sommet de l’État, en montrant la ténacité d’un bretteur à l’humour caustique qui n’aime guère emprunter les chemins tout tracés » (Delphine Dulong, « François Hollande », Encyclopaedia Universalis, 2015). Les résultats tardant à venir en raison, entre autres, d’une mauvaise conjoncture européenne, – comme si c’était mérité – il est taxé d’inaction, voire d’indécision ou d’incompétence. Sa cote de popularité chute dès l’automne de 2012, tout comme si tous les Français jouaient volontiers ce jeu cruel.

 

Le respect, condition pour la légitimité politique

Jürgen Habermas et James S. Fishkin, penseurs de la délibération collective, se fondent sur une logique simple : « meilleure est la qualité du débat, plus légitimes et efficaces sont les décisions qui en découlent ». Habermas appelle la décision ainsi fondée « une entente rationnellement motivée » ; les participants au débat, doivent être « actifs et ouverts », « exempts de toute forme de contrainte », et le débat lui-même doit être public et potentiellement ouvert à tous. Il faut cependant comprendre que c’est là un objectif idéalisé, non une capacité susceptible d’être acquise dès le départ (Cf. Jürgen Habermas, Droit et Démocratie. Entre faits et normes, Paris, Gallimard, 1997 ; cité par Wikipédia, « Démocratie participative »). En ce qui concerne le respect concret des personnes en tant que concept éthique, il permet de préciser ce que signifie exactement un débat potentiellement ouvert à tous.

 

Sur la différence entre le politiquement correct (ou la rectitude politique) et l’attitude d’aide

Le problème avec la notion de « politiquement correct » est que l’usage des termes « corrects » se veut aidant pour les uns et nuisible pour les autres. Ainsi l’expression « nègre » est déconsidérée parce qu’elle connote le racisme, « pédé » connote l’homophobie etc. Par le fait même, ceux qui utilisent de tels mots peuvent être implicitement accusés de racisme ou d’homophobie quelles que soient leurs intentions de base.

Sur la base des concepts du  Mouvement pour le Respect en politique (Cf. le Projet Respect : [http://agoratheque.yprovencal.profweb.ca/ ], certains des termes les plus importants à écarter, notamment en politique, sont plutôt : criminel, nazi, démoniaque, etc. La raison en est que de tels termes expriment la pire condamnation morale et sont donc inappropriés pour désigner une personne normalement (conformément aux normes les plus courantes)  engagée en politique, comme le sont les hommes et les femmes politiques, de même que leurs partisans, même si elle a commis une erreur de plus ou moins bonne foi.

 

L’évolution de la sensibilité à la violence

« Les démocraties sont tout d’abord un élément d’une institution  l’État – qui, après des siècles de luttes, revendique désormais avec succès le monopole de la contrainte physique légitime, selon la formule de Max Weber. Au fur et à mesure de l’établissement (jamais complètement achevé) de ce monopole, les usages « privés » de la violence physique tendent à se raréfier. Les membres des sociétés étatiques répugnent davantage à y recourir que ceux des autres sociétés. Leur seuil de sensibilité à la violence, c’est-à-dire le niveau à partir duquel l’usage de formes de violence physique leur paraît inacceptable et « barbare », tend historiquement à s’abaisser. Pour le sociologue allemand Norbert Elias, la démocratie représentative s’enracine dans la transformation de l’économie psychique des individus et la civilisation des mœurs. »  (Daniel GAXIE, « DÉMOCRATIE  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 avril 2015. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/democratie/ ; extrait)

 

La recherche d’un consensus

« […] De nos jours, on observe, dans l’ensemble de l’Europe occidentale, une tendance à la désaffection des citoyens à l’égard de la vie politique. Après une phase de hausse de la participation électorale, liée au développement économique et culturel qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, la tendance est à la baisse dans tous les pays depuis les années 1980, le niveau atteint se révélant souvent inférieur à celui de la période de l’immédiat après-guerre. Le nombre des adhérents aux partis ou aux syndicats est en baisse et les citoyens sont de moins en moins nombreux à se définir politiquement par identification à un parti. Enfin, les grandes associations d’obédience politique ou religieuse, notamment les associations de jeunesse, ont vu fondre leurs effectifs. En ce sens, on peut dire qu’un certain processus de dépolitisation est en cours.

Contrairement à certaines interprétations courantes, cette évolution ne semble pas devoir s’expliquer par la montée d’un individualisme qui signifierait que les membres des sociétés européennes ne se préoccupent plus que de leurs seuls intérêts personnels. Les citoyens des pays européens ne semblent pas être dans une phase de désintérêt pour la chose publique. Leur intérêt pour les problèmes économiques, sociaux, religieux, culturels, écologiques, etc., semble au contraire être en hausse, comme en témoignent leur niveau élevé d’écoute des informations à la radio et à la télévision ainsi que leur pratique de la lecture des journaux. Si les anciennes formes de militantisme sont en baisse,l’engagement dans les associations à but humanitaire, social, culturel, sportif ou autres est en augmentation. De même, si la participation à la vie politique par la procédure de l’élection est en baisse, de nouvelles formes d’engagement, telles que la participation à des manifestations ou la signature de pétitions, sont en hausse. […]

Les démocraties occidentales sont en train de passer de l’âge de l’affrontement idéologique à celui du consensus.

 

[…] Plus que l’individualisme, trop souvent invoqué, c’est l’affaiblissement des antagonismes idéologiques qui a eu pour conséquence inattendue un déclin de la propension à l’engagement politique. L’époque des grands conflits manichéens opposant des idéologies et des projets de société irréconciliables paraît révolue. La tendance à l’homogénéisation sociale, culturelle et idéologique des sociétés occidentales développées a favorisé le tropisme centriste des électeurs et des hommes politiques, et poussé à la convergence des programmes politiques des grands partis

[…] Les nouveaux militants associatifs se mobilisent pour des objectifs précis et concrets et non plus pour promouvoir des idéologies globalisantes. Si certains électeurs considèrent toujours le clivage gauche-droite comme une référence idéologique, d’autres, dont le nombre est en augmentation, ne perçoivent aujourd’hui plus guère de différences entre les grands partis de gauche et de droite. »

(Extraits de l’article « Apolitisme » d’Étienne SCHWEISGUTH, (« APOLITISME  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 3 mars 2015. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/apolitisme/)

La recherche d’un consensus conduit à considérer le « vote nul » (ou « vote blanc ») massif

Le vote nul a acquis dans les démocraties actuelles une signification importante annonçant d’éventuelles transformations à lui apporter en vue d’une meilleure représentativité et plus de justice pour l’ensemble de tous les humains concernés. Un signe avant-coureur en est peut-être la présence de l’Association Citoyens du Vote Blanc.

 

« L’Association Citoyens du Vote Blanc » :Association Citoyen Vote Blanc

« Notre association vise à faire comptabiliser le vote blanc comme un suffrage exprimé dans le résultat final des élections, celui-ci représentant le refus global de l’offre politique. » (cf. http://www.parti-du-vote-blanc.fr/ ) « Les Citoyens du Vote Blanc (Parti du Vote Blanc) sont une association loi 1901 créée par des citoyens bénévoles et non professionnels de la politique, qui militent pour une refonte de la structure politique à travers la mise en place d’outils démocratiques. »

 

Le « Mouvement pour le respect en politique » mis ici de l’avant prône également le vote nul, mais en vue du respect concret des personnes, c’est-à-dire en vue de la reconnaissance des personnes reliées par une communication véritable et, le plus possible, dépourvue de toute violence psychologique et, donc, de tout harcèlement moral ou psychologique. Les partis politiques actuellement actifs peuvent en principe en être partie prenante, mais sous condition d’adopter des mesures décisives permettant de mettre fin au harcèlement psychologique qui imprègne la vie politique de nos démocraties actuelles. La recherche d’un consensus, qui n’équivaut pas à l’unanimité, permet d’inclure ceux qui, sans être d’accord avec ce que dit l’énoncé du consensus, acceptent quand même le consensus, c’est-à-dire d’en faire partie.

 

Le harcèlement psychologique dans les sports de compétition

« À le considérer sous le seul aspect des sports d’affrontements, les historiens ont pu souligner que les hommes ont toujours joué à se battre. Ce qui s’est pérennisé à travers les civilisations, ce sont des jeux de luttes et de batailles dans lesquels la violence physique, plus ou moins atténuée, peut se donner libre cours. »  […] « Mais ce qui s’est indéniablement opéré à travers le temps, c’est une euphémisation progressive de la violence des combats à travers l’édiction de règles précises fixant, pour chaque type de sport, des limites strictes et volontairement acceptées à son exercice, et l’interdiction de gestes jugés dangereux. […] Bientôt, on pourra concevoir le progrès de l’homme et l’assimiler au progrès objectif de ses performances. » (Cf. Christian POCIELLO, Universalis, « SPORT (Histoire et société) – Sociologie  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 avril 2015. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sport-histoire-et-societe-sociologie/ )

On peut faire un parallèle avec la grande médiatisation de ce qui se passe à l’Assemblée législative. Le harcèlement aux assemblées législatives est le plus caractéristique des cas de harcèlement moral, et en même temps le plus médiatisé de tous, la plupart restant cachés complètement. Il n’y a que dans le sport qu’il soit aussi médiatisé, mais le harcèlement y tient davantage du jeu que dans le cas politique.

L’évolution de la sensibilité morale et, en particulier, le seuil de tolérance à la violence, se retrouve également dans les sports de compétition. Il en découle une analogie utile pour la compréhension du seuil de tolérance envers le harcèlement sous toutes ses formes.

 

 Pédagogie en action sur le monde

Enfin, la démarche ici entreprise équivaut à une Pédagogie en action sur le monde (Global action pedagogy, GAP) étant donné l’importance qu’y prennent la reconnaissance des différentes formes de violence ordinaire dans le monde et l’insistance sur l’aide qu’il faudrait apporter à tous par les moyens qui y sont proposés. Cf. Qu’est-ce qu’une GAP?

 

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