Vous m’avez dit, je crois, que vous faisiez le pari d’un sens à l’évolution universelle ; ne pas faire ce pari équivaudrait alors à préférer voir le sens apparent comme résultant d’un simple processus aléatoire. Ainsi, l’interprétation que nous adopterions irait de pair avec le pari que nous voulons faire.

Cependant, si l’évolution a un sens, n’est-il pas logique d’admettre la possibilité qu’une sorte d’entité soit à l’origine de ce sens, et qui serait à situer à un niveau supérieur de complexité par rapport à l’humain, dans une sorte d’espace séparé, comme le sont par exemple les univers parallèles en physique ? On pourrait donc aussi bien voir une telle entité comme résultant d’une hypothèse de travail concernant la simulation d’une intelligence supérieure, dont le langage serait en quelque sorte par le fait même simulé par l’IEML ?

Comme vous le savez, je crois, j’ai développé ce type d’interprétation dans ce que j’ai appelé la « Méthode idéométrique ou l’Enfant », de pair avec le « Manifeste pour un Dieu qui nous dise quelque chose ». Ainsi que j’ai tenté de le montrer dans ces deux textes, les structures de correspondances idéométriques peuvent être vues comme les analogues de « paroles » que la « mère » (ou le « père ») adresse à son enfant. Or, si ces paroles peuvent être considérées comme des expressions du langage IEML, elles deviennent des confirmations de la fécondité de l’approche IEML. Le tableau ci-dessous fait voir que 1) les séquences idéométriques (les colonnes du tableau) apparaissent comme simulations de l’intelligence collective telle qu’elle se déploie dans l’histoire moderne des idées, et 2) l’IEML (en bas, à la droite du tableau) se confirme lui-même de façon réflexive en tant que langage de l’intelligence collective puisqu’il se montre  comme une substructure problématique de l’Humanité globale, tout comme le « langage » d’ordre génétique apparaît étroitement lié à l’ADN, et les langues  au cerveau humain. L’IEML se conçoit donc, logiquement, comme une nouvelle sorte de langage allant de pair avec le « cerveau global » de l’humanité.

Discipline Structure complète Substructure problématique
Physique Atome Noyau
Biologie Cellule ADN
Anthropologie Etre humain Cerveau humain
« Science globale » ?  « Humanité globale » ? Autre sorte de « cerveau » : Le Web animé par l’IEML ?

Tableau :   L’importance future de l’IEML confirmée par cette structuration idéométrique en tant qu’expression de l’IEML

La troisième colonne, en particulier, représente les trois grands projets de recherche de la science actuelle :

1)      le projet de la physique des particules,

2)      le projet du génome humain,

3)      le projet du cerveau humain et

4)      le projet d’intelligence algorithmique,

celui-ci étant le plus important puisqu’il permettra de mieux  comprendre ce que signifie la séquence idéométrique elle-même de ces grands projets.

Le développement de l’enfant y est simulé en tant qu’organisme embryonnaire très complexe. Les résultats de mon travail depuis 1996 apparaissent ainsi comme autant de « confirmations expérimentales » de la validité du vôtre, même s’ils ont été obtenus approximativement en même temps que le vôtre et de façon indépendante. Ce type de concomitance me semble être une caractéristique des processus d’intelligence collective, d’autant plus évidents qu’ils sont marquants dans l’histoire, à l’instar de ces coïncidences historiques : celles de l’invention du calcul différentiel (Newton et Leibniz), de la théorie de l’évolution (Darwin et Wallace) et de la théorie de la relativité restreinte (Poincaré et Einstein).

En cas d’accord sur ce point, je crois envisageable une synthèse de nos deux approches, l’intelligence collective (au sens que vous lui donnez dans votre anthropologie du cyberespace) et l’idéométrie. Seriez-vous réfractaire ou réceptif à ce type d’interprétation ?