L’islam et le respect des personnes

Les musulmans et les chrétiens peuvent s’entendre sur un point : l’importance essentielle du respect dû à tout être humain[1]. Cependant l’islam n’a-t-il pas été intolérant envers les non-musulmans déclarés ? D’après l’histoire, en fait, il ne l’a pas été plus que le christianisme ne l’a été lui-même envers les non-chrétiens. Il faut toutefois distinguer entre les faits et les valeurs.

Le Coran insiste sur le respect des autres

Un passage fameux du Coran exprime de façon originale le respect envers les autres personnes et envers les autres groupes :

« Mais Il [Allah] vous a fait différents, afin de vous éprouver, pour que vous vous connaissiez et que vous rivalisiez dans le bien » Coran 5, 48

Le Prophète Muhammad, dans son message, comprend le respect des personnes comme allant de pair avec ce qui valorise et encourage le développement de leur autonomie. Ainsi le message coranique cherche à faire progresser l’humain dans le sens de sa responsabilité et de sa liberté de conscience[2]. Le musulman ouvert propose la Révélation coranique aux autres parce que ce qu’il veut est leur libre consentement[3].

Notes :

[1]  Christian Delorme et Rachid Benzine, Chrétiens et musulmans. Nous avons tant de choses à nous dire, Albin Michel, 1998, p. 240. Christian Delorme est un prêtre catholique.

[2]  Voir l’interprétation d’Abdelmajid Charfi, l’un des penseurs de l’islam présentés par Rachid Benzine dans son ouvrage, Les nouveaux penseurs de l’islam, Albin Michel, 2004; p. 237 et 240.

[3]  Voir Mohammed Arkoun, Penser l’islam aujourd’hui, Alger : Laphomic ENAL, 1993 (cité par Rachid Benzine, Les nouveaux penseurs de l’islamop. cit., p. 104). Nul doute que le musulman peut faire aussi bien que le catholique ne l’a fait en ce qui concerne la liberté religieuse (cf. Lettre ouverte aux catholiques). Un célèbre verset du Coran stipule : « Pas de contrainte en religion » (Coran 2/256); admettons simplement ici qu’il va dans le sens des interprétations d’Arkoun et de Benzine.

Sur l’auteur : Yvon Provençal est un chercheur en philosophie (Ph. D. Université de Montréal) qui critique les croyances religieuses. Il a enseigné la philosophie pendant 24 ans et il croit en l’importance de la « critique aidante » des autres, c’est-à-dire une critique faite dans le but d’aider l’autre à développer son autonomie plutôt que de nuire à ce développement.