En comparaison avec les cours donnés dans une salle de classe, les forums de discussion apparaissent comme un moyen plus respectueux de faire progresser l’apprenant. Les agoras sont faites d’un mélange de coopération et de collaboration, certains des participants étant de niveau optimal, les autres de différents niveaux. Cette combinaison d’interactions est susceptible de faire progresser plus vite l’apprenant de niveau inférieur qu’il ne le ferait sans l’aide d’autres apprenants. Lorsque l’échange se fait entre apprenants de niveau optimal, leur progression se trouve alors susceptible de produire des idées ou des concepts originaux. En outre, on peut y voir un moyen indirect de promouvoir l’idée de démocratie.

Pour cela il importe d’instaurer un climat favorable. Milton Campos le décrit ainsi : 

« “Écouter” signifie donner des réponses aux messages des collègues, être gentil même quand on n’est pas d’accord, être généreux en reconnaissant la valeur de ce que l’autre a écrit et aussi par l’avancement des connaissances grâce au travail d’interprétation, d’analyse critique et de synthèse des idées développées. […] Être sensible aux différences culturelles et d’orientation sexuelle […]. Faire en sorte que ceux qui ne maîtrisent pas la langue d’usage ne se sentent pas exclus ou mal jugés ou encore clarifier les sources de malentendus » (Cf. M. Campos, L’intégration des forums de discussion dans l’enseignement supérieur).

Il nous faut ajouter ici qu’en cas de manifestation d’intolérance de la part d’un des participants, il est préférable de critiquer ses propos de façon constructive, sans le blâmer. L’attention à l’autre peut signifier dans un tel cas tenter de l’aider à progresser non seulement vers une attitude plus tolérante, mais aussi vers une meilleure compréhension de l’autre et de lui-même. La relation de respect devra être comprise comme pouvant échapper à la symétrie. Elle suppose non seulement la reconnaissance de l’autre en tant que répondant valable mais également l’espoir de le voir progresser et l’aspiration de progresser soi-même vers plus de véritable respect mutuel et, ce faisant, vers plus de compréhension de l’humain. Cette éthique du respect est présentée en classe au moyen d’une Charte du respect.

Selon Milton Campos, l’enseignant devra « admettre qu’il n’est pas la source universelle du savoir » et qu’il peut « apprendre des étudiants […]. Les professeurs se surprendront aussi de voir la rigueur de la plupart des étudiants à l’égard de leurs propres travaux ! » (ibid., p. 47 et 58).