Bête à bon Dieu ou coccinelle

Bête à bon Dieu ou coccinelle

Essai sur le manifeste pour un progrès mondial et à long terme

par

Louis Racicot
http://louisracicot.com/blog/

Cégep de Granby Haute-Yamaska

2012-02-22

On remarque de plus en plus les effets que la mondialisation à sur le progrès économique mondial. Mais qu’en est-il des autres aspects de la société affectés par ce phénomène ? Les philosophes actuels, pouvant maintenant considérer l’humanité comme une entité consciente d’elle-même et de ses impacts, croient qu’il y a encore place au progrès sur le plan humain. La question ici est : devons-nous, et pouvons-nous aller vers un progrès mondial à long terme qui vise le respect ? Je vous expliquerai mes analyses et mon point de vue du manifeste en trois points. Premièrement sur l’aspect mondial de celui-ci, ensuite sur la question du long terme, et finalement sur les notions de respect qu’il apporte.

Un progrès mondial

Le premier point apporté par le manifeste pour un progrès mondial à long terme est l’aspect « mondial » de l’idée de progrès. On donne l’attribut « mondial » à tout progrès dans des domaine ou questions qui touchent des personnes partout dans le monde, et non une cause d’un seul pays ou d’un seul état.

Cet aspect de la mondialité est d’autant plus important depuis que les frontières entre les différentes cultures s’affaissent grâce à des mouvements de mondialisation comme le libre-échange ou encore l’internet. Grâce aux nouveaux moyens de communication et de transports, nous somme mis en contact avec d’autres réalités et d’autres éléments de cultures qui proviennent de partout dans monde.

Par exemple, grâce à l’internet, nous pouvons communique, partager des informations, travailler en collaboration sur des projets ou s’amuser avec des américains, des australiens, des suédois, des français et même des asiatiques, et ce, en même temps. Avec de telles interactions, l’idée du progrès ne peut être envisageable qu’au niveau mondial.

De plus, l’idée de mondialité dans le progrès est essentielle, puisqu’un véritable avancement ne pourrait être s’il n’était effectué que pour quelques groupes d’individus plutôt que pour la société toute entière. Comme l’a dit Karl Marx, « La société n’est pas composée d’individus, mais exprime la somme des interrelations, des relations dans lesquelles ces personnes se tiennent.[i] » Or, c’est justement l’évolution de ces relations que propose le manifeste. Cette affirmation se tiens d’autant plus que les nouveaux moyens de communications nous permettent d’entrer aisément en relation avec des personnes de partout dans le monde.

Un progrès à long terme

L’idée du progrès à long terme est à la fois la plus important, la plus difficile à saisir et la plus difficile à accepter dans ce manifeste.  Un progrès à long terme, bien que la seule chance de pouvoir progresser en tant que société mondiale, reste qu’il demande aux humains d’aujourd’hui de travailler pour ceux de demain. En gros, beaucoup de personnes ferons des sacrifices pour que d’autres en profite alors qu’eux serons morts.

Bien évidemment, un progrès à long terme nécessite obligatoirement des sacrifices à court terme. Un bon exemple des effets néfastes que le long terme peut avoir sur le court terme s’illustre dans cet exemple : une nouvelle entreprise peut faire plus d’emprunts bancaires et faire affaire à des investisseurs pour produire plus, plus rapidement, ce qui aura pour effet de l’endetter et de lui faire perdre du profit à long terme. Cette entreprise peut aussi faire le choix de travailler avec le strict minimum au début, en évoluant plus lentement, mais en n’ayant pas de lourde dettes et des redevances à rembourser à des investisseurs, ce qui est bénéfique à long terme.

Donc, en considérant que le long terme peut avoir des effets néfastes à court terme, il est tout à faire naturel qu’il soit difficile d’envisager de faire ces sacrifices pour les autres. C’est la raison pour laquelle la population sera portée à voter pour un candidat aux élections qui propose des solutions concrètes aux problèmes actuels, qui voit donc à court ou moyen terme. De plus, si un député prend des décisions qui sont bonnes à long terme, et que personne ne voit donc immédiatement les effets bénéfiques de ces décisions, il est tout à fait normal que ses électeurs changent de camp pour un candida qui pourra démontrer les effets bénéfique de ses décisions. On peut donc dire que le système démocratique, tel qu’il est à l’heure actuelle, nuit à la progression à long terme car il privilégie le court terme par la courte durée des mandats qui sont octroyés aux députés.

Un autre problème auquel fait face la progression à long terme est celui du capitalisme. Ce système économique représente, selon Marx, « la croissance la plus rapide possible du capital productif »[ii] Or, la croissance « la plus rapide » implique nécessairement de ne faire aucun sacrifice à court terme, car un sacrifice à court terme rendrait la croissance du capital plus lente.

Pour résumer, je suis en accord avec le manifeste pour dire qu’une progression à long terme est la seule façon de progresser en tant que société mondiale,  mais qu’une telle sorte de progrès reste difficile à accepter par ceux qui seront directement affectés par les changements sans pouvoir profiter de l’avènement d’un réel progrès visible et de preuves concrètes d’un résultat.

Un progrès qui vise le respect

En parlant de progrès, on ne parle pas tant de progrès économique mais plutôt d’un progrès en tant qu’être humain. Améliorer la condition humaine globale en éradiquant la pauvreté et la discrimination des personnes et des groupes, voilà un vrai progrès de la condition humaine, sur les aspects physique mais aussi moraux !

C’est une telle forme de progrès qui permettra par la suite un progrès économique, scientifique et cultuel.

L’une des formes de pauvreté énoncée dans le manifeste est le manque de reconnaissance. L’un des moyens mis en place pour palier à ce manque de reconnaissance est ce que l’on appel la propriété intellectuelle, ce qui est selon moi, une méthode malsaine de protéger la reconnaissance. La propriété intellectuelle bloque le progrès. Comment est-il possible de progresser efficacement sans pouvoir s’appuyer sur les idées des autres pour les complémenter et les améliorer ? Le progrès scientifique se voit donc mettre des barrières économiques simplement pour palier au manque de reconnaissance de certaines personnes. Dans une société de partage d’idées ou chacun pourrait être reconnu pour ce qu’il donne aux autres, cette problématique n’existerait pas.

La communauté open source à su trouver une meilleure solution au manque de reconnaissance. La philosophie open source représente, selon moi, un très bel exemple de progression mondiale qui peut avoir de très belles répercussions à long terme sur toute la communauté technologique et scientifique.  Le principe de base de l’open source est le partage gratuit de toute découverte ou création intellectuelle. Cela permet, en autres, de reprendre, réutiliser, redistribuer, vendre, modifier et améliorer toute idée ou création intellectuelle donnée par une personne de la communauté open source.[iii] [iv] Ce type de pensé a aussi des effets sociaux bénéfiques[v], et représente un beau début de progression à long terme contre la pauvreté.

Une idée originale apportée par cyberpunk propose une vision marxiste du respect, qui se traduit par le fait que personne ne doit jamais être jugée par son éducation, son rang social, son âge ou sa race, mais plutôt par ce qu’il fait.[vi] Ce type de pensé entre parfaitement dans une philosophie marxiste, où l’être humain se définit par son travail, mais va encore plus loin en affirmant que l’être humain ne doit en aucun cas se définit par son rang social, sa race, son sexe, etc. mais uniquement par ce qu’il fait.

Pour récapituler, certaines solutions comme l’open source ont déjà mises de l’avant pour palier à la pauvreté en matière de reconnaissance, mais je crois que l’apport de nouvelles notions de respect sera essentiel pour mettre de l’avant une vraie progression de l’humanité.

En bref…

L’idée présentée dans ce manifeste est théoriquement très bonne et applicable. La progression au niveau mondiale est inévitable et obligatoire compte tenu des nouveaux moyens de communications. L’aspect « long terme » est applicable, mais ne pourra pas être accepté par le système capitaliste. Finalement, des notions de respect pouvant pallier au manque de reconnaissance et à la discrimination on déjà été mises en places par des petits organismes, suivant les principes du marxisme mais ne sont pas encore officiellement reconnus. Cela prouve quand même que des solutions applicables existent déjà et sont possible, mais vont généralement à l’encontre du capitalisme (comme l’open-source). On peut donc dire que le manifeste sera applicable dans un autre cadre que le système capitaliste, qui empêche pour l’instant l’application concrète de ce manifeste.

 

N’hésitez pas à lire mes mises-à-jour sur mon blog, http://louisracicot.com/

Note : Cette dissertation fait plus de 1400 mots. Bien que le travail demandé soit de 800 mots, je crois sincèrement que la question était des plus intéressantes et méritait d’être explorée plus en profondeur. Même avec ces dépassements, je regrette d’avoir passé par-dessus de nombreux détails importants qui sont pertinents pour la mise en place du manifeste. Ainsi, je dirai que j’ai avant tout écris ce texte pour moi-même et pour ceux qui le liront, bien que ce fût dans le contexte d’un cours. Pour le démontrer, une version publique de mon travail est accessible à l’adresse suivante :

http://lracicot.tumblr.com/