Le féminisme

[…]

D’abord, il y a plusieurs côtés positifs à cette lettre ouverte. L’auteur, étant un homme, aborde le sujet d’une façon neutre et ne se laisse pas guider par ces émotions comme une femme aurait pu être tentée de le faire, puisque celle-ci est directement touchée par le sujet dont il est question. Dans sa lettre, l’auteur porte un regard juste sur les conditions de la femme moderne, en abordant notamment le mépris sexiste infligé aux femmes au niveau de la religion, des mœurs ou de la langue. Bien que certaines conditions des femmes aient été améliorées, l’auteur montre que beaucoup de travail reste encore à faire : « La violence peut apparaître dès lors que la femme refuse de jouer son rôle supposé normal. On lui démontrer de l’hostilité et elle fait l’objet d’un rejet psychologique ou moral de la part du groupe ». Évidemment, il est question ici de violence conjugale, une triste réalité qui est « l’une des formes de violence les plus répandues. » Selon l’auteur, si nous éliminons le mépris sexiste, il sera possible de venir à bout de cette violence. Je suis en accord avec ce point, car en ne méprisant plus les femmes et en les considérant comme égales à l’homme, celles-ci n’accepteront plus ce genre de traitement. Toutefois, il faudra que certaines mentalités changent, notamment celles des femmes qui « s’accommodent de façon fataliste à une situation profonde d’irrespect ». C’est par une attitude d’aide que, selon lui, nous pourrons remédier à cette situation. C’est d’ailleurs pourquoi il nous présente le « Projet Respect » dans sa lettre, ce qui rend son ouvrage original, puisque c’est un projet auquel il a pris part. […]

Ensuite, bien que cette lettre ouverte admette plusieurs côtés positifs, certains sont plutôt négatifs. Dans sa lettre, l’auteur ne fait qu’un bref regard sur les réalisations positives des regroupements féministes. De plus, il a négligé l’explication de la façon dont les femmes sont parvenues à acquérir ces différents droits. Je juge qu’il aurait été pertinent d’aborder les efforts des Suffragettes, par exemple, car nous aurions pu ensuite les prendre comme modèles afin de trouver des solutions aux problèmes qui nous préoccupent aujourd’hui. En s’inspirant de leur volonté de faire changer les choses et de leur façon de penser, l’auteur aurait certainement pu proposer d’autres solutions que son « Projet Respect ». Aussi, selon moi, il aurait été important que l’auteur inclue dans sa lettre le développement des conditions de la femme au sein du milieu familial et donc, de son rôle parental. […] Je peux tout de même concéder qu’il faut s’informer auprès de plusieurs personnes lorsqu’on écrit un texte, mais j’aurais aimé qu’il explique à ses lecteurs ce qu’IL pense du « Projet Respect », ce à quoi il a consacré un livre en entier. […]

Cependant le féminisme a-t-il une limite? Est-ce que l’émancipation des femmes est la cause des divorces, des repas de famille quasi inexistants, du stress familial et de la liberté grandissante des enfants? Le féminisme n’est peut-être qu’un changement non permanent et superficiel, après tout.

Valérie Dion