[…] D’abord précisons que le projet Felix culpa critique toute forme de condamnation et de culpabilisation. Je crois, personnellement, que ce projet est justifié et peut représenter une alternative rationnelle pour l’humanité. Premièrement, un des arguments énoncés dans le projet met l’emphase sur le fait que lorsqu’un individu ou un groupe commet un geste qui va à l’encontre de nos principes et des valeurs prônées par le groupe auquel nous appartenons, cela crée forcément un sentiment d’indignation. Le degré de cette indignation varie selon divers facteurs et survient même si le méfait en question a été commis pas erreur. On tend a lors à condamner la personne ou le groupe concerné. Le projet Felix culpa me paraît alors justifié, car à mon avis, quand un geste particulièrement abominable aux yeux de certains est commis, et que le degré d’indignation est élevé, on cherche alors à punir beaucoup plus pour soulager notre malaise que pour faire justice.

Deuxièmement, même dans les cas les plus horribles, la personne accusée n’est pas nécessairement coupable dans le sens éthique du terme, comme le souligne le projet Felix culpa. De fait, une personne peut commettre les pires exactions contre des gens innocents parce que celle-ci est persuadée de faire justice. Bien qu’elles se trompent, elle est convaincue de faire le bien et non le mal.

[…]

Troisièmement, ce projet souligne aussi que les enfants font du mal, mais de façon naïve. Ils pensent être en droit de le faire. En ce sens, lorsqu’ils commettent des actes violents ou sadiques, ils sous-estiment, ou n’ont pas conscience, du mal qu’ils font. Un événement récent illustre bien cette situation. La jeune fille qui a intimidé Marjorie Raymond ne pouvait se douter de l’ampleur des répercussions de ses actes. Il ne serait donc pas rationnel, à mon avis, de condamner quelqu’un pour ce qu’il a fait en toute naïveté.

Or, une fois que nous énonçons que les enfants ne sont pas coupables dans leurs agissements par erreur ou par naïveté, il serait délicat d’affirmer que les adultes le sont car l’établissement d’une limite devient nécessaire. Un autre phénomène vient ajouter à cet argument : l’immaturité de l’humanité. En effet, « Aucun adulte […] n’est pleinement adulte au sens d’une personne réellement accomplie aux points de vue rationnel et moral[1] ». Dans les faits, il est d’ailleurs possible de constater que nombre de grands penseurs se sont montrés incapables de maîtriser leurs émotions suffisamment pour ne pas commettre de mauvaises actions. C’est ici que la phrase « pour une humanité qui se responsabilise au lieu de chercher des coupables » prend tout son sens : si les adultes, au même titre que les enfants, ne sont tout simplement pas assez matures d’un point de vue moral et rationnel pour juger du bien ou du mal, pourquoi ne tâcherions-nous pas de les responsabiliser, tout comme on le fait pour les enfants, plutôt que de les punir et de les culpabiliser? Certains répliqueront en disant que si on déculpabilise tout le monde, y compris les adultes, les gens finiront en fait par se déresponsabiliser et la société s’en trouvera complètement désorganisée. Or, je pense que si on cherche à responsabiliser en usant de la culpabilité, les gens seront portés à nier, et même à renier le peu de responsabilité qu’ils auraient admis si nous nous étions abstenus de les culpabiliser. Prenons comme exemple le cas des Allemands qui, ayant été tenus pour responsables de tous les dégâts causés par la Première Guerre mondiale, ont été forcés à tout rembourser. L’histoire a démontré que cette culpabilisation a uniquement mené au déclenchement d’une autre guerre lorsqu’Hitler a accédé au pouvoir. En définitive, je pense, sans avoir la présomption d’affirmer que mon opinion soit plus valable qu’une autre, que le projet Felix culpa pourrait représenter une occasion d’évoluer pour les sociétés. Cependant, il est à se demander si ce projet sera un jour accepté par l’ensemble de la population ou s’il sera condamné à demeurer au stade de projet. Olivia Desmet commente de Projet Felix culpa : […] D’abord précisons que le projet Felix culpa critique toute forme de condamnation et de culpabilisation. Je crois, personnellement, que ce projet est justifié et peut représenter une alternative rationnelle pour l’humanité. Premièrement, un des arguments énoncés dans le projet met l’emphase sur le fait que lorsqu’un individu ou un groupe commet un geste qui va à l’encontre de nos principes et des valeurs prônées par le groupe auquel nous appartenons, cela crée forcément un sentiment d’indignation. Le degré de cette indignation varie selon divers facteurs et survient même si le méfait en question a été commis pas erreur. On tend a lors à condamner la personne ou le groupe concerné. Le projet Felix culpa me paraît alors justifié, car à mon avis, quand un geste particulièrement abominable aux yeux de certains est commis, et que le degré d’indignation est élevé, on cherche alors à punir beaucoup plus pour soulager notre malaise que pour faire justice. Deuxièmement, même dans les cas les plus horribles, la personne accusée n’est pas nécessairement coupable dans le sens éthique du terme, comme le souligne le projet Felix culpa. De fait, une personne peut commettre les pires exactions contre des gens innocents parce que celle-ci est persuadée de faire justice. Bien qu’elles se trompent, elle est convaincue de faire le bien et non le mal. […] Troisièmement, ce projet souligne aussi que les enfants font du mal, mais de façon naïve. Ils pensent être en droit de le faire. En ce sens, lorsqu’ils commettent des actes violents ou sadiques, ils sous-estiment, ou n’ont pas conscience, du mal qu’ils font. Un événement récent illustre bien cette situation. La jeune fille qui a intimidé Marjorie Raymond ne pouvait se douter de l’ampleur des répercussions de ses actes. Il ne serait donc pas rationnel, à mon avis, de condamner quelqu’un pour ce qu’il a fait en toute naïveté. Or, une fois que nous énonçons que les enfants ne sont pas coupables dans leurs agissements par erreur ou par naïveté, il serait délicat d’affirmer que les adultes le sont car l’établissement d’une limite devient nécessaire. Un autre phénomène vient ajouter à cet argument : l’immaturité de l’humanité. En effet, « Aucun adulte […] n’est pleinement adulte au sens d’une personne réellement accomplie aux points de vue rationnel et moral ». Dans les faits, il est d’ailleurs possible de constater que nombre de grands penseurs se sont montrés incapables de maîtriser leurs émotions suffisamment pour ne pas commettre de mauvaises actions. C’est ici que la phrase « pour une humanité qui se responsabilise au lieu de chercher des coupables » prend tout son sens : si les adultes, au même titre que les enfants, ne sont tout simplement pas assez matures d’un point de vue moral et rationnel pour juger du bien ou du mal, pourquoi ne tâcherions-nous pas de les responsabiliser, tout comme on le fait pour les enfants, plutôt que de les punir et de les culpabiliser?

Certains répliqueront en disant que si on déculpabilise tout le monde, y compris les adultes, les gens finiront en fait par se déresponsabiliser et la société s’en trouvera complètement désorganisée. Or, je pense que si on cherche à responsabiliser en usant de la culpabilité, les gens seront portés à nier, et même à renier le peu de responsabilité qu’ils auraient admis si nous nous étions abstenus de les culpabiliser. Prenons comme exemple le cas des Allemands qui, ayant été tenus pour responsables de tous les dégâts causés par la Première Guerre mondiale, ont été forcés à tout rembourser. L’histoire a démontré que cette culpabilisation a uniquement mené au déclenchement d’une autre guerre lorsqu’Hitler a accédé au pouvoir.

En définitive, je pense, sans avoir la présomption d’affirmer que mon opinion soit plus valable qu’une autre, que le projet Felix culpa pourrait représenter une occasion d’évoluer pour les sociétés. Cependant, il est à se demander si ce projet sera un jour accepté par l’ensemble de la population ou s’il sera condamné à demeurer au stade de projet.

Olivia Desmet

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[1] « Projet Felix culpa », Agorathèque