Le féminisme a-t-il une portée universelle ?

« L’émancipation des femmes […] est sans aucun doute la principale révolution sociale et culturelle du XXe siècle1 »

femme révolution

[English]

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J’adresse cette lettre ouverte à toutes les féministes et en particulier, si on veut, aux « féministes anonymes », c’est-à-dire aux féministes qui s’ignorent. Parmi les femmes que je connais, peu s’affichent ou s’affirment comme « féministes ». Pourtant elles profitent toutes des changements attribuables à cette mouvance. Pour ma part, j’essaierai de montrer dans le texte qui suit que le féminisme est loin d’avoir dit son dernier mot et que le plus important reste à venir2.

D’abord, il serait approprié d’avoir au moins une idée de ce que le féminisme a jusqu’à présent apporté :

  • Le suffrage des femmes est établi pratiquement partout dans le monde, à l’exception de quelques États du Golfe arabo-musulman3.

 femme scolarisation

  • La scolarisation des filles, dans plusieurs endroits du monde, a connu un essor extraordinaire. Elle aura sans doute été l’une des conditions, par exemple, du « printemps arabe4 ».

 

  • Le Québec, qui était en retard par rapport à tous les pays occidentaux en 1900, présente en ce début de XXIe siècle « le taux d’accès des filles à l’enseignement supérieur […] le plus élevé du monde5 ».
femme contraception

Mouvement radical
pour le Planning familial créé en 1960

  • Dans plusieurs pays, incluant le Canada et la France, il est notoire que les femmes ont acquis le droit à la contraception et à l’avortement, et l’accès à tous les métiers.

 

Or, rien ne prouve que ces progrès soient irréversibles6. Le féminisme semble avoir changé une bonne partie du monde, mais ce n’est  peut-être que de façon superficielle, de sorte qu’on ignore encore la portée réelle de ce mouvement d’émancipation historique.

1.        Le sexisme, sous la forme du mépris des femmes, imprègne encore toutes les cultures

Un préalable est ici la clarification de ce qu’est le mépris sexiste ou, a contrario, de ce qu’est le respect de la femme en tant que telle :

D’abord le respect d’une femme, tel que revendiqué par la plupart des féministes, comporte deux aspects essentiels : i) le respect de sa personne en tant qu’égale à celle de tout autre humain en général ; ii) le respect de sa différence en tant que femme7. Ainsi le mépris sexiste peut prendre deux formes distinctes : la non-reconnaissance de l’égalité des femmes en tant que telle, et la non-reconnaissance de leur différence en tant que femmes. On a souvent interprété ces deux formes d’irrespect sous la forme de l’incitation aux mauvais traitements ou de l’occultation des femmes dans la société ou dans l’histoire.

a)           Le mépris sexiste au fond de la religion, des mœurs et de la langue

                Le mépris sexiste apparaît un peu partout dans les cultures. En voici quelques exemples :

Aux sources de la religion :

Saint Paul

Paul de Tarse
v. 8 – v. 64 ap. J.-C.

Rappelons-nous d’abord que Paul de Tarse, dont les enseignements sont à la base du christianisme, a souvent fait preuve, sinon de violence, tout au moins d’une lourde mésestime envers les femmes, comme dans ces passages des Écritures chrétiennes : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner » (Première épître à Timothée, 2, 12) ; « Que les femmes se taisent dans les assemblées » (1 Co 14, 34)8. Dans son ouvrage Les religions face aux femmes, Ariane Buisset a montré que la Bible constituait un texte « androcentré » du fait qu’il s’adresse aux hommes et non aux femmes. Ainsi on peut y lire « tu ne convoiteras pas la femme de ton voisin » et « de milliers d’autres » phrases du même type.  « Cet oubli n’est pas innocent », écrit-elle, « Il constitue un meurtre symbolique des femmes9 ».

En outre, dans toutes les grandes traditions religieuses, qu’elles soient chrétiennes ou non, la plupart des « saints » ont tenu des propos dégradants pour l’estime de soi des femmes. Citons encore Ariane Buisset sur ce point. « La misogynie de la plupart des « saints » de toutes les traditions doit être passée sous silence, et les femmes courent le risque d’être taxées d’hypersensibilité maladive, quand elles s’en offusquent. […] En fait, il est étonnant que les discours misogynes puissent encore circuler sans porter en couverture une mention légale « attention, incitation au sexisme », qu’il s’agisse des textes anciens des Pères de l’Église, ou des textes récents des intégristes musulmans10».

Au fond des mœurs :

La fée Carabosse

La fée Carabosse

On pourrait d’abord, par exemple, citer les grands auteurs restés tributaires d’un certain sexisme culturel11. On peut constater cependant qu’un peu partout dans le monde, la plupart des humains tendent encore à considérer que les femmes ne sont pas des « êtres humains à part entière » et que, de ce fait, il leur paraît normal qu’elles soient traitées plus durement12. Ainsi une femme qui demande le divorce peut être tuée par « honneur13 ». Or, souvent cette femme accepte sa condamnation ; elle se juge coupable d’un crime14. Un grand nombre de femmes en ont été victimes. Florence Rochefort les évoque dans ces termes : « Les mystiques, les sorcières, les hystériques et toutes celles qui ont payé leur transgression de leur vie et de leur équilibre psychique, deviennent les dépositaires d’une part d’identité et de créativité féminine, bafouée et ensevelie15 ».

Dans la langue même :

On a constaté que « la principale aliénation de la femme est linguistique16 ». Les règles d’accord de genre, qui se font au profit du masculin, lequel aurait un « pseudo » statut neutre, sont une autre façon d’occulter les femmes. Un courant féministe critique les usages de la langue et la langue elle-même. La raison en est que les femmes ont droit à être sujettes (faut-il écrire « sujets » ?) de leurs discours, ce qui signifie qu’elles devraient pouvoir remettre en question la langue qu’elles utilisent17. La « différenciation [linguistique] liée au sexe est un phénomène universel18 ».

femme grammaire

La femme diminuée même dans la langue de tous les jours

Les féministes sont toutefois loin d’être unanimes là-dessus. Certaines parlent à ce propos de « petites plaintes » féministes par contraste avec la « victimisation des femmes » en général19. Il n’en demeure pas moins qu’il y a là une preuve supplémentaire de l’amoindrissement des femmes. Il serait certes aussi difficile de corriger le sexisme des langues20 que de corriger celui des mœurs ou des religions, où le mépris devient souvent agression.

 

b)           Les violences sexistes

femmes violence

 

Sandrine Treiner définit ainsi la violence sexiste : elle consiste en tous les actes « dirigés vers le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée[21] ». Cette auteure précise que ce qui est atteint par cette violence chez les femmes est leur « vie productive[22] ». La violence peut apparaître dès lors que la femme refuse de jouer son rôle supposé normal. On lui démontre de l’hostilité et elle fait l’objet d’un rejet psychologique ou moral de la part du groupe.

Certaines féministes ont constaté que les femmes sont particulièrement vulnérables dans leurs  relations intimes avec leur famille ou avec leur conjoint. Selon Maryse Jaspard, « la vie en couple apparaît comme le contexte le plus dangereux pour les femmes[23] »… « les violences, quelle qu’en soit la nature, sont maximales dans le huis clos familial » et ce qu’on appelle « crime passionnel » n’est selon elle qu’une « appellation romanesque[24] ». La violence conjugale est l’une des formes de violence les plus répandues, aussi bien dans les sociétés développées que dans les autres. La situation est compliquée du fait qu’elle surgit dans l’intimité du couple. On y inclut aussi bien la violence psychologique sous la forme, par exemple, de « conduites contrôlantes et humiliantes » et le « comportement indiquant une attitude de contrôle, de domination, de dévalorisation[25] ». L’explicitation des formes de violence inclut donc également les condamnations morales pour mauvaises mœurs ou pour d’autres « crimes » tels que l’adultère ou l’apostasie, mais aussi, par exemple, pour tout comportement vu comme indigne ou honteux d’après les normes morales du groupe. En fait, ce sont là autant de versions de l’irrespect des personnes dans leur identité et dans leur capacité de se développer.

 

2.         Mettre fin à ce mépris universel, est-ce possible ?

Si on accepte la prémisse que la violence sexiste est engendrée ou occasionnée pas le mépris sexiste, alors il sera possible de venir à bout de cette violence si on met fin d’abord au mépris universel dont les femmes font l’objet, que ce soit d’après la religion, les mœurs ou la langue. Cependant l’irrespect universel envers les femmes peut-il être réduit suffisamment pour qu’elles soient en mesure de considérer l’avenir avec confiance ?

Il y a peut-être une voie possible de solution. Actuellement, les féministes tendent à venir en aide à toutes les femmes, y compris celles qui ne se veulent pas féministes et celles qui s’accommodent de façon fataliste d’une situation profonde d’irrespect. Cette attitude d’aide peut-elle être étendue également aux hommes, malgré la difficulté psychologique d’aider ceux qui apparaissent comme des adversaires ? Si tel était le cas, il se pourrait qu’on en arrive à une situation tout à fait nouvelle de respect pour tous. Pour tenter d’y arriver, voici un plan en trois étapes que nous appellerons « Projet Respect[26] » :

a)           Utiliser des termes forts (« crimes contre l’humanité », « terrorisme sexuel[27] »,… ) pour identifier les principales attitudes ou comportements irrespectueux partout dans le monde.

Irene Khan

Irene Khane
première femme et première musulmane à occuper le poste de secrétaire générale d’Amnesty International (2001-2010)

Irene Khan, qui est la Secrétaire générale d’Amnesty International, identifie comme Priorités pour l’action la « lutte contre le terrorisme sexuel » qui, selon elle, est le « principal scandale non reconnu en matière de violation des droits humains » ; elle identifie la famille comme un « milieu extrêmement dangereux », d’autant plus que les victimes peuvent y être ambivalentes[28]. Cela signifie que beaucoup de femmes qui y sont maltraitées n’ont pas tendance à s’insurger et tendent plutôt à laisser se perpétuer cet état de fait, sinon à l’encourager. Ariane Buisset, pour sa part, met en évidence le manque d’égard des grandes religions envers les femmes : « À des degrés divers, toutes les religions ont, soit servi d’excuse à l’asservissement des femmes, ce qui constitue un crime contre l’humanité, soit fermé les yeux sur les conditions qui leur étaient faites et négligé d’intervenir, ce qui constitue un délit de non-assistance à personne en danger[29]. » « La plupart des religieux continuent à justifier l’asservissement des femmes, quand plus aucun n’oserait défendre l’esclavage ou l’antisémitisme[30]. »

b)           Interpréter en termes d’irrespect la violence sexiste de même que les inégalités hommes / femmes.

Maryse Jaspard fait une distinction cruciale entre le « conflit » et la « violence » à l’intérieur des couples. Elle définit le conflit comme « un mode relationnel impliquant la réciprocité entre les protagonistes et susceptible d’entraîner du changement[31] ». Quant à la violence, « si elle peut prendre des formes identiques [à celles du conflit] – agressions verbales et physiques −, [elle] est univoque, la même personne subit les coups et cède lors des altercations. Le conflit peut être envisagé comme une des modalités fonctionnelles des relations interpersonnelles durables, la violence est un dysfonctionnement conjugal[32] ».

Maryse Jaspard,  socio-démographe

Maryse Jaspard,
socio-démographe

Par conséquent, nous pouvons décrire le conflit comme une forme de comportement compatible avec le respect de chaque personne alors que la violence sexiste, qui est destructrice, est incompatible avec le respect de cette personne. L’attitude de conflit est susceptible, donc, de ramener une situation de violence potentielle en un simple conflit où les protagonistes en arrivent à s’entraider. Ainsi la violence verbale, incluant la réprobation morale et la criminalisation, sera écartée consciemment par les protagonistes qui se veulent respectueux l’un de l’autre. Par exemple, le « terrorisme sexuel » serait interprété et traité comme s’il s’agissait d’une coutume intolérable qu’il faut maintenant s’employer à faire disparaître, mais sans chercher de vrais « coupables ». Au besoin, il faudra bien sûr accepter de se donner du temps pour en arriver activement à la faire disparaître[33].

c)            Redresser le vocabulaire méprisant en termes d’expressions traduisant des attitudes d’aide plutôt que des attitudes punitives.

Constatant que  « les textes et les traités des Nations unies prônent constamment un renforcement de la famille, considérée comme l’unité de base des sociétés humaines », Irene Khan fait cette importante remarque : « Protéger les droits des femmes, des enfants et des minorités sexuelles n’impose pas seulement au droit de défendre le concept de famille en tant que construction sociale, mais lui enjoint aussi d’en promouvoir une conception qui définisse la famille comme un cadre de vie apportant sécurité et soutien à tous ceux qui vivent en son sein.[34]» Cette description de la situation familiale, qui ne vise pas de « coupable », se veut respectueuse de tous, tous y gagnant au respect mutuel.

Sandrine Treiner

Sandrine Treiner Directrice adjointe de France Culture

Sandrine Treiner avance dans la même direction lorsqu’elle décrit certaines sociétés musulmanes : « Certaines cours de justice ferment les yeux devant la jurisprudence islamiste [de la charia] comme au Pakistan, au Soudan ou au Nigéria[35] ». Or, on peut interpréter son expression « fermer les yeux » comme voulant dire que ces États refusent de traiter  en  « conflits » les violences dont ils devraient s’occuper. Les États devraient donc « ouvrir les yeux » en soulevant des critiques, en acceptant de venir en aide à tous ceux qui en ont besoin. Ils doivent apprendre à sécuriser au lieu de punir.

Voir : Explications supplémentaires sur un mouvement progressiste de femmes musulmanes

Le respect de toutes et de tous implique de faire preuve soi-même du minimum de violence possible, même si cela risque de paraître illégitime. L’inégalité n’est pas entretenue surtout par l’impunité mais plutôt par l’absence de critique publique adéquate pédagogiquement et éthiquement. Il faudra apprendre l’imputation responsabilisante et non punitive, et autant que possible aidante. L’attitude punitive entretient d’autres inégalités. Souvent, ce sont les femmes et les plus vulnérables qui en font les frais. Les pouvoirs devraient rendre des comptes, non au sens de se voir comme « coupables », mais au sens de reconnaître la mesure de leur responsabilité et de leurs erreurs. En fin de compte, les mots eux-mêmes n’aident pas toujours parce qu’ils véhiculent souvent la violence plutôt que l’idée de conflit. Il apparaît donc de plus en plus que les langages de la morale devront évoluer :

Violence → conflit

Punir → sécuriser

               Criminaliser → imputation responsabilisante[36]

 

3.         Vers un « féminisme universel » ?

Un féminisme universel en serait un qui viserait le plein respect de toutes les femmes partout dans le monde. Une telle conception de l’universel irait de pair avec la reconnaissance des femmes en tant qu’égales, mais elle irait plus loin encore. Précisément cette conception de l’universel signifierait deux choses :

i)   la reconnaissance « universelle » de toutes les femmes comme des êtres humains au plein sens du terme et

ii)   la reconnaissance « universelle » pour toutes les femmes de leur différence en tant que voulue ou choisie : femme par rapport à homme, lesbienne par rapport à hétérosexuelle, femme musulmane par rapport à femme occidentale, etc. Cela s’interprète comme une revendication de statut égal de toute personne, homme ou femme, et de respect de la différence choisie librement par la femme quelle que soit cette différence[37].

Le respect de la différence est difficile à saisir – les femmes étant à la fois égales et différentes. Cependant il peut être interprété assez clairement en termes d’autonomie : on veut être reconnu dans son autonomie, ce qui implique notamment qu’on n’est pas tenu de rester membre d’une culture ou d’une communauté patriarcale ni, par extension, de rester membre de quelque culture ou communauté que ce soit, serait-elle féministe (comme dans le cas de la lesbienne). En somme, le point ii ci-dessus équivaut à la reconnaissance du droit à la dissidence face au groupe qui n’est plus le sien. Ainsi, la féministe peut être, de façon profonde, une dissidente de la société dite « patriarcale » dont elle ne veut plus être membre[38]. La lesbienne revendique pour sa part le droit de se séparer identitairement des féministes hétérosexuelles. La musulmane ne veut pas être comptée parmi les féministes occidentales et cela est aussi vrai pour les croyantes d’autres religions où l’on tient à sa différence.

« Il y a tant d’aurores qui n’ont pas encore lui »  Évocation de la déesse Ushas, l’aurore, l’une des rares divinités védiques féminines  Rig-Véda, V. 8. 4-6

« Il y a tant d’aurores qui n’ont pas encore lui »
Évocation de la déesse Ushas, l’aurore, l’une des rares divinités védiques féminines
Rig-Véda, V. 8. 4-6

Or, la convergence des femmes du monde vers le plein respect de leurs différences propres peut aussi bien être celle de tous les humains, incluant les femmes et les hommes, aussi bien dans leur différence de genre que dans leur différence religieuse ou leur différence d’appartenance en général à quelque groupe que ce soit. D’où la convergence des femmes et des hommes…  Les idées et les thèmes du féminisme impliquent une convergence mondiale des femmes. Si les femmes en arrivaient à ce point de respect mutuel, pourquoi pas le genre humain tout entier ?

Yvon Provençal (2010)

Département de philosophie

Cégep de Granby – Haute-Yamaska

Post-scriptum : La lectrice (ou le lecteur) trouvera des explications supplémentaires sur la convergence dans la Lettre ouverte aux catholiques et dans la Lettre ouverte aux musulmans.

Voir: Explications supplémentaires sur le cas des lesbiennes

et: Explications supplémentaires sur la compatibilité du féminisme avec les croyances religieuses

 

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1 Cette citation provient d’un collectif d’auteures : Éliane Gubin, Catherine Jacques, Florence Rochefort, Brigitte Studer, Françoise Thébaud, Michelle Zancarini-Fournel, « Conclusion : Le bilan d’un siècle », dans Le siècle des féminismes, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 2004, p. 425. 1

2 En tant qu’enseignant de philosophie au Québec, puis en tant que chercheur, j’ai eu la responsabilité de sensibiliser les jeunes citoyennes / citoyens aux enjeux essentiels de la société québécoise et des sociétés du monde en général. La publication de cette lettre ouverte fait partie d’un ensemble cohérent de pédagogies qui sont rendues possibles par les nouveaux moyens de communication utilisant l’Internet. Plus précisément, il s’agit d’une « pédagogie agissant sur le monde » (une « PAM » ; cf. l’Agorathèque). 2

3 Éliane Gubin, Catherine Jacques, Florence Rochefort, Brigitte Studer, Françoise Thébaud, Michelle Zancarini-Fournel, op. cit., p. 430-431. Elles font d’ailleurs remarquer que le suffrage des femmes n’a d’utilité que dans les États suffisamment démocratiques. 3

4 Selon Zakya Daoud, il y a eu « trois avancées » pour les femmes au Maghreb : « l’essor prodigieux de la scolarisation, quasi nulle à la fin de la colonisation », « l’accès au monde du travail » et « le planning familial », mais le statut juridique de la femme est bloqué, sauf en Tunisie (Zakya Daoud, « Politique et féminismes au Maghreb », dans Le siècle des féminismes, op. cit., p. 372-373). 4

5  Micheline Dumont, « L’accès des Québécoise à l’éducation et à la mixité », dans Le siècle des féminismes, op. cit., p. 152. 5

6 Nicole Pellegrin, par exemple, critique l’idée de progrès continue pour les femmes en tenant compte de l’histoire du féminisme. Voir Grandes voix du féminisme, Anthologie présentée par Nicole Pellegrin, Paris, Le Monde-Flammarion, 2010, p. 15. 6

7 Le respect de la différence pose certaines difficultés notables sur le plan conceptuel. Nous y reviendrons plus loin, dans cette lettre ouverte, notamment dans la troisième partie « 3. Vers un « féminisme universel »? » 7

8 Cité par Ariane Buisset dans son ouvrage Les religions face aux femmes, Paris, ÉditionsAccarias/L’Originel, 2008, p. 313. 8

9 Ariane Buisset, op. cit., p. 335-336. Ariane Buisset se réfère alors à l’historienne Judith Plaskow, co-fondatrice et co-éditeure de la revue The Journal of Feminist Studies in Religion. 9

10 Ibid., p. 317-318. 10

11 On peut penser à Balzac, Malraux ou Montherlant, par exemple. 11

12 Ariane Buisset, op. cit., p. 15-16. Selon Ariane Buisset, un humain sur sept seulement, aujourd’hui encore, considère la femme comme un être humain à part entière. 12

13 Sandrine Treiner, « Au nom de l’“honneur” : crimes dans le monde musulman », dans Le livre noir de la condition des femmes, dir. par Christine Ockrent, Paris, XO Éditions, 2006, p. 80-88. Sandrine Treiner précise que « la loi islamique n’est pas directement en cause » (p. 83). Les crimes d’honneur n’existent pas seulement dans le monde musulman, mais également dans beaucoup de milieux de cultures catholiques, par exemple. 13

14 Ibid., p. 84. 14

15 Florence Rochefort, Le siècle des féminismes, op. cit., « Contrecarrer ou interroger les religions », p. 358. 15

16 Pierre Guiraud (linguiste), Sémiologie de la sexualité, Payot, 1978. Cité par Dalila Morsly, dans Le siècle des féminismes, op. cit., p. 320. 16

17 Voir Dalila Morsley (linguiste), « Revisiter la langue », Le siècle des féminismes, op. cit., p. 321. Dalila Morsley remarque que le Québec, « pionnier en la matière » a produit dès 1978 le premier guide de féminisation des professions. 17

18 Anne Bodine et Marina Yaguello, « Sexocentrisme et recherches linguistiques », in Verena Aebisher et Claire Forel (Dir.), Parlers masculins, parlers féminins, Lausanne, Delachaux et Niestlé, 1992 (citée par Dalila Morsley, ibid., p. 323). 18

19 Cf. Dalila Morsly, op. cit., p. 328. 19

20 Benoîte Groulx, par exemple, est de celles qui se sont prononcées en faveur d’une action volontariste sur la langue (citée par Dalila Morsley, ibid., p. 325). 20

[21] Sandrine Treiner, Le livre noir de la condition des femmes, Paris, op. cit., Préface, p. 12-13.

[22] Ibid.

[23] Maryse Jaspard, « Les violences conjugales en Europe », dans Le livre noir de la condition des femmes, op. cit., p. 239.

[24] Ibid., p. 241.

[25] Cf. Maryse Jaspard, ibid., p. 242-243. Elle précise qu’en Europe, « environ une femme sur dix est victime dans son couple de violences psychologiques, physique ou sexuelle » (p. 254).

[26] Le Projet Respect comporte d’autres éléments et principes, mais l’essentiel de ce projet se trouve entre autres dans le plan défini ici. Voir dans l’Agorathèque les explications supplémentaires « Le respect des personnes et des groupes ».

[27] L’expression de « terrorisme sexuel » pour désigner la violence exercée contre les femmes est de Christine Chinkin, professeure en droit international à la London School of Economics and Political Science (citée par Irene Khan, « Priorités pour l’action », dans le Livre noir de la condition féminine ( trad. de l’anglais par Léonie Abélès), op. cit., p. 706).

[28] Irene Khan, « Priorités pour l’action », op. cit., p. 706. Les italiques sont de moi.

[29] Ariane Buisset, Les religions face aux femmes, op. cit., p. 297. Les italiques sont de moi.

[30] Op. cit., p. 299-301.

[31] Maryse Jaspard, op. cit., p. 244.

[32] Ibid.

[33] Une telle interprétation heurte de plein fouet un certain rationalisme qui définit l’universel dans des termes abstraits, sans définir le respect comme tel de la différence. La lectrice (ou le lecteur) pourra trouver des explications là-dessus dans les « Difficultés conceptuelles », dans l’Agorathèque.

[34] Irene Khan, op. cit., p. 709.

[35] Sandrine Treiner, Le livre noir de la condition des femmes, Paris, op. cit., p. 87-88.

[36] Des explications supplémentaires sur la décriminalisation sont données dans l’Agorathèque, « Projet Felix culpa ».

[37] Cf. On trouvera des explications supplémentaires dans l’Agorathèque, à Le respect de la différence et à « Difficultés conceptuelles ».

[38] Une féministe peut aussi ne pas être dissidente mais seulement diverger d’opinion puisqu’il lui revient de décider quel groupe est le sien.

[39] Azadeh Kian-Thiébaut, « Les mouvements d’émancipation des femmes en Iran », dans Le siècle des féminismes, op. cit., p. 389-392.

[40] Ibid.

[41] Ariane Buisset, Les religions face aux femmes, « Introduction », Paris, ÉditionsAccarias/L’Originel, 2008, p. 18.

[42] Ibid.

[43] La chari’a traditionnelle est une loi inégalitaire parce qu’elle permet la polygamie et la répudiation.

[44] Cf. Mon site lAgorathèque.

[45] Line Chamberland, « Le garde-robe de verre », La vie en rose. Hors série 2005. Le magazine féministe d’actualité, Montréal, Remue-ménage, p. 94-95.

[46] Ibid.

[47] Christine Bard, « Le lesbianisme comme construction politique », dans Le siècle des féminismes, op. cit., p. 111-112.

[48] Citée par Christine Bard,  op. cit., p. 121.

[49] Jane Misme, directrice du journal La Française, le 11 juin 1911, citée par Florence Rochefort, « Contrecarrer ou interroger les religions », dans Le siècle des féminismes, op. cit., p. 352.

[50] C’est ce qu’implique la position d’Ariane Buisset à l’égard des religions, lesquelles « devraient par ailleurs reconnaître qu’elles doivent être en perpétuelle évolution … » (Les religions face aux femmes, op. cit., p. 373).

[51] Ariane Buisset, Les religions face aux femmes, op. cit., p. 288.

[52] Ibid., Introduction, p. 12.

[53] Ibid., p. 101.