Voici un résumé pratique de l’attitude d’aide envers un individu ou un groupe, y compris lorsqu’on le voit comme fautif ou criminel :

–          On tente de comprendre les causes, les motifs et les raisons de son comportement.

–          On tente de ressentir et de vivre ce qu’il ressent et vit, ses besoins, ses envies, ses peurs et, s’il y a lieu, ses intentions profondes.

–          On fait attention à la rigueur logique de ses raisonnements et de ses conclusions comme il les comprend lui-même, notamment du lien entre ses croyances, ses intentions et ses actions ; ainsi, on tient compte du lien logique entre sa croyance qu’untel (individu ou groupe) a mal agi et son intention de le punir ou de le détruire.

–          On tente par différents moyens de le faire avancer dans ses croyances, en particulier, de sa croyance qu’untel (individu ou groupe) est réellement mauvais ou a vraiment eu l’intention de mal agir, de faire le mal pour le mal et que, de ce fait, il doit être puni.

            L’attitude d’aide est à recommander dans les situations conflictuelles, qui sont si fréquentes entre groupes comme, par exemple, dans le cas des relations mutuelles entre Canadiens fédéralistes et Québécois souverainistes.

Le cas des Canadiens fédéralistes et des Québécois souverainistes :

            On peut y voir des contradictions qui seraient cocasses si elles n’étaient germes possibles de violence. Ainsi, les hommes politiques canadiens qui, comme tout « bon » médiateur, veulent ménager la chèvre et le chou, parlent en français de « souverainistes » et en anglais de « separatists ». Sinon ils feraient vite face à des attitudes de rejet de la part de l’un ou l’autre électorat1. Quant aux politiques québécois, ils abusent souvent de l’utilisation du principe de souveraineté comme une menace afin d’obtenir des gains politiques chez les électeurs québécois2.

Témoignage d’un Québécois

            Beaucoup de mes compatriotes sont désireux d’en découdre envers « Ottawa » ou le « Canada anglais ». Mais l’inverse est également vrai : beaucoup de « fédéralistes » canadiens (dont nombre de Québécois) tendent à décrire les événements et à poser des gestes de façon dommageable au groupe d’appartenance des Québécois souverainistes. Qu’on se veuille Québécois souverainiste ou Canadien fédéraliste, on devrait au nom du respect des groupes être capable de ce type d’autocritique — qu’il ne faut pas confondre avec l’auto-culpabilisation, c’est-à-dire la désignation de coupables dans son groupe — envers son propre groupe. Je pense donc qu’il faudrait suggérer à tous, quel que soit leur groupe (Américains, Turcs, Arméniens, Israéliens, Palestiniens, Catalans, Basques, ou Espagnols, Innus, etc.), de faire le même type d’examen de l’esprit de leur groupe (ou nation). Notre groupe, croyons-nous, est particulièrement représentatif de ce qu’est l’humain en général. En somme, il faudrait que tous soutiennent notre groupe dans ses confrontations politiques avec d’autres. Si nous croyons en Dieu, Dieu ne peut être qu’avec nous et contre nos ennemis. En cas de conflit de notre groupe contre un autre, pensons-nous, le jugement de l’histoire nous sera sûrement favorable. Faute d’autocritique, c’est ce que nous tendons tous à croire. Plus on trouvera l’autocritique difficile, plus cela en vaudra la peine !

1 Cf. Vincent Marissal, « Situation désespérée, stratégie du désespoir », dans La Presse, 3 décembre 2008. 1

2 Ce type d’abus apparaît notamment lorsque les tenants du mouvement souverainiste prétendent parler au nom de l’ensemble du Québec après qu’une majorité d’électeurs aient pourtant rejeté la souveraineté lors d’un référendum sur ce sujet ou lors d’élections au Québec. 2