Ce qui singularise l’humain par rapport aux autres formes de vie est qu’il se trouve être la seule espèce animale qui évolue. Comprenons ici que l’évolution humaine est d’une autre nature que l’évolution biologique, comme celle-ci est d’une autre nature que l’évolution physique de l’Univers. En comparaison, l’humain évolue très rapidement. Cela veut dire que le potentiel humain réel est d’une richesse démesurée en comparaison avec le potentiel réel de toute autre espèce animale et qu’en outre, ce potentiel tend à devenir rapidement effectif. Il semble même qu’il se développe à un rythme toujours accéléré et ce, depuis des millénaires. Cela signifie-t-il une course vers l’extinction inexorable ou bien tout autre chose ? 

            Comme nous l’avons vu plus haut, le potentiel humain ne consiste pas seulement en des potentiels individuels ou collectifs. Il consiste aussi en un potentiel global, celui de l’humanité, considérée sur l’ensemble de la planète, depuis la haute préhistoire jusqu’à nos jours et peut-être au-delà, dans l’avenir. Les manifestations du potentiel transfini de l’humain s’annonçaient déjà depuis les débuts des manifestations inventives d’Homo habilis jusqu’à Homo sapiens (aussi appelé l’Homme moderne) en passant par Homo erectus et l’homme de Neandertal.  

           On constate que ces types d’humains se situent dans un réseau qui comporte des séquences évolutives. De plus, l’histoire évolutive de l’humain jusqu’à nos jours apparaît comme tout à fait spéciale, propre à l’humain. À la différence de ce qu’on a déjà tenté d’envisager dès le XIXème siècle, il ne s’agit pas d’une évolution des sociétés ou des civilisations en tant que telles, ce qui est beaucoup trop restrictif et discutable. Il s’agit plutôt, ici, de concevoir une évolution globale des rapports généraux que les humains entretiennent entre eux. Cette évolution inclut celle des productions techniques et des développements intellectuels. Elle concerne notamment les communications, le commerce et l’économie, les relations sociales ou culturelles entre les différents groupes, incluant les aspects psychologiques, sociologiques et politiques.  

  L’évolution globale 

           Dans le passé, plusieurs auteurs ont tenté de défendre la thèse d’une évolution dite « linéaire » des types de sociétés selon laquelle certains de ces types sont plus ou moins avancés que d’autres, suivant une échelle. Il en découlait généralement que le type européen, ou occidental, était le type le plus avancé et qu’il devait servir de modèle aux sociétés en général.

          Il nous faut comprendre l’évolution globale de façon différente. Nous y considérerons plutôt des types planétaires d’humanité, c’est-à-dire des ensembles de rapports entre les groupes humains sur la Terre, ensembles qui sont propres à différentes époques. L’évolution globale est nécessairement unilinéaire puisqu’il n’existe qu’une seule humanité par définition1. Cependant rien n’indique que certaines sociétés soient des modèles obligatoires pour toutes les autres. Et, en particulier, rien n’indique que les sociétés de type européen aient nettement mieux appris que les autres à vivre dans la paix ou dans le respect des autres sociétés en général. Elles ont tout au plus pris une certaine avance sur le plan de la démocratie et des libertés individuelles.

 

1 Nous négligeons pour le moment la possibilité d’autres formes de vie d’intelligence avancée, ailleurs, dans l’Univers. 1