L’attitude d’aide peut être mal interprétée. Au lieu de la voir comme une marque de respect, elle peut donner lieu à une condamnation sans appel. C’est en quelque sorte ce qui s’est produit dans le cas de Tariq Ramadan, un intellectuel qui se veut à la fois de confession musulmane et de nationalité suisse. Son objectif est de donner une expression moderne au discours musulman et, en particulier, d’appuyer le féminisme musulman. Pour ce faire il utilise ce qu’il appelle une « pédagogie » pour aider certaines personnes à changer de mentalité, notamment s’il s’agit de musulmans traditionalistes qui tiennent encore à appliquer la charia de façon violente. On peut parler d’attitude d’aide dans la mesure où il veut vraiment aider l’islam à se moderniser tout en respectant les Occidentaux en général. Cependant son attitude d’aide n’est que partielle puisqu’il adopte à l’égard de l’État d’Israël une attitude de condamnation[1].

Tariq Ramadan

Tariq Ramadan
Conseiller de la municipalité de Rotterdam

L’attitude d’aide de Tariq Ramadan prend la forme d’une interprétation moderne de la loi islamique (charia, de l’arabe chari’a, en français « la voie »), ce qu’on peut considérer comme responsabilisant envers les musulmans et, en général, envers les Occidentaux. Son attitude favorise l’autonomie des personnes ainsi concernées.

L’attitude d’aide partielle

Il est assez fréquent que des agents sociaux condamnent certaines personnes ou certains groupes parce qu’ils les voient comme socialement rétrogrades. Par exemple, une féministe tendra à condamner certaines attitudes traditionalistes, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. L’attitude d’aide partielle a ceci de remarquable que, se développant à partir d’un groupe, elle évite de condamner là où il serait habituel de le faire dans ce groupe. Ainsi l’attitude d’aide se retrouve chez une féministe qui se refuse à condamner les femmes catholiques soumises à l’autorité de leur Église tout en favorisant avec elles un dialogue qui, sans nier leur appartenance catholique, irait dans le sens de développer leur autonomie. Il s’agira d’une attitude d’aide seulement partielle si cette féministe adopte par ailleurs une attitude de condamnation envers d’autres groupes, par exemple certains groupes musulmans. De même, Tariq Ramadan adopte une attitude d’aide partielle puisqu’il veut favoriser l’autonomie des musulmans d’Occident tout en adoptant une attitude de condamnation envers la nation israélienne telle qu’elle se reconnaît dans l’État israélien. Il se trouve, ce faisant, à condamner indirectement tous ceux qui se veulent alliés d’Israël, ce qui fait beaucoup d’individus et de groupes. Étant donné cette position éthico-politique de Tariq Ramadan, il se fait dès lors plusieurs ennemis dans certains milieux intellectuels. On peut le voir comme un politique qui voudrait pour les musulmans occidentaux ce qu’ont les juifs aux États-Unis : un « lobby » très bien organisé à la défense de la communauté juive[2].

Le « double discours » de Tariq Ramadan 

Même lorsqu’on reconnaît le caractère pédagogique du discours de Tariq Ramadan, il demeure difficile à accepter. Par exemple, il se refuse à condamner ouvertement et nettement les musulmans traditionnalistes ou ceux qui appliquent la charia de façon violente. Pire encore, il se refuse à condamner ouvertement et nettement les musulmans qui sont impliqués dans des attentats terroristes[3]. Plusieurs ont ainsi l’impression que son discours sonne faux. Comme il se refuse à condamner les régimes fondamentalistes musulmans et, en particulier, les pratiques de châtiments corporels ou l’intolérance envers les homosexuels, on l’accuse de tenir un double discours[4]. Du même coup, on l’accuse de fomenter un complot de mèche avec la mouvance islamiste[5].

Cependant les preuves de ce double discours et de la dangerosité de Ramadan semblent plutôt faibles[6]. En outre, après enquête sur les accusations dont Ramadan faisait l’objet, la présidente d’une organisation gaie de Rotterdam, Wilma Ruis lui donne son appui dans ces mots : «  Si nous ne sommes pas sur la même ligne que Tariq Ramadan, nous espérons, grâce à lui, toucher des milieux normalement hors de notre portée[7] ». Par ailleurs, Tariq Ramadan devait préfacer un recueil de fatwa dont l’une « présente la polygamie comme un « droit », qu’il faut tolérer, sans toutefois l’encourager », mais l’Union des musulmans de France s’y opposa[8]. Encore dans ce cas, le refus de condamner apparaît inacceptable.

D’après ses propres dires, ce que veut Tariq Ramadan est faire comprendre que condamner ne peut pas être vu comme satisfaisant. Il faut ainsi comprendre que les musulmans traditionalistes ne sont pas seuls responsables de la violence contre les femmes ou les homosexuels. À son avis, il nous faut tous nous responsabiliser.

L’université occidentale, le féminisme et l’islam

Le discours de Tariq Ramadan est déroutant pour les intellectuels et les chercheurs. Il veut s’affranchir des catégories habituelles de l’identité et de la différence même si cela implique de repenser les bases conceptuelles des sciences humaines et de la philosophie politique. Cette transformation catégoriale vise à rendre possible la communication entre agents sociaux[9].

Or, dans les années 1970, un changement analogue de discours s’est produit avec les « études féministes », qui ont alors commencé à s’établir dans le monde académique. Une critique féministe des sciences humaines a remis en question les catégories de l’anthropologie, de l’histoire, de la philosophie et de la psychanalyse[10]. Il en découle une perspective des plus inattendues en ce qui concerne les rapports entre le féminisme et l’islam, et le sort des femmes issues du monde islamique.

Ainsi, lors d’un passage à Montréal en 2006, Tariq Ramadan a critiqué le comportement de certains musulmans : les jeunes filles sont maltraitées, il y a de la « violence conjugale », c’est « une honte », s’exclame-t-il ; il s’oppose aux mariages forcés. Il explique que le port du hidjab (foulard) est un acte de foi, qu’il n’est pas obligatoire ; la finalité en est « une forme de pudeur » mais ne pas le porter n’est pas impudique[11]. En outre, selon lui, l’islam n’interdit pas l’avortement. Ainsi, la femme peut décider qu’elle n’est pas prête psychologiquement à avoir un enfant. Plus significatif peut-être encore, il dit avoir rencontré des féministes américaines et que leur « combat pour la reconnaissance des droits des femmes a toujours été le mien », mais « ce que je suis en train de vous dire est inaudible aujourd’hui en France ». Pourquoi ? Parce qu’on m’a construit comme ça, parce que je suis le « petit fils de » [12].

Par ailleurs, Tariq Ramadan a produit une thèse en islamologie sous la direction de l’universitaire de Berne, spécialiste de l’Islam, Reinhard Schulze. Celui-ci, perplexe devant ce travail a néanmoins accepté que son élève puisse réinterpréter l’histoire des idées à sa manière. Faudra-t-il, de même que dans le cas féministe, des départements spécifiques pour les islamologues non orthodoxes ? Quoi qu’il en soit, le magazine Time a classé Tariq Ramadan « parmi les cent innovateurs du XXIe siècle pour ses travaux sur la création d’un islam européen indépendant ». Ramadan a été ensuite reçu à l’université d’Oxford (Saint Anthony’s College). Tariq Ramadan s’est engagé, y dit-on, sur deux points fondamentaux» : « le dialogue pacifique et la participation d’un islam européen à un avenir commun de l’Europe[13] ».

Dans son ouvrage intitulé Mon intime conviction,TariqRamadan veut définir ainsi sa position face à l’Occident : « pas question de produire un discours culpabilisant sur les colonisations passées […] » mais plutôt d’en relever les « erreurs[14] ». Il dit avoir appris le « non-jugement » avec « l’écoute, la patience » et « l’empathie ». Il se voit comme un « médiateur » et de ce fait soupçonné des deux côtés de « double » loyauté[15]. Enfin, il cherche « la possible coexistence positive (et non pas seulement pacifique) des individus et des citoyens de cultures et de religions différentes[16] ».

Est-il paradoxal qu’un musulman prône à ce point l’attitude constructive avec les non-musulmans ? En fait, l’islam est au départ une religion plus tolérante que bien d’autres[17]. Cependant Tariq Ramadan ne se contente pas d’être tolérant. Il veut aider à progresser, non seulement vers plus de tolérance, mais aussi vers plus d’ouverture à l’autre. Cela l’amène à exprimer sous la forme de la pédagogie son attitude d’aide. « Les musulmans, dans leur très grande majorité, écrit-il, n’accepteront les réformes religieuses que s’ils sentent qu’elles restent fidèles au message islamique. Faire évoluer les mentalités exige donc de relever ce défi de la lecture contextualisée, de la pédagogie patiente et de la tension permanente entre l’esprit d’un texte et les particularités des contextes sociaux et culturels[18] ».

Edgar Morin et Tariq Ramadan

Edgar Morin et
Tariq Ramadan en 2014

Le moratoire 

            Nombreux sont ceux qui tiennent à condamner des mœurs qui apparaissent comme intolérables dans leur propre société telle que, par exemple, l’excision, les châtiments corporels ou la peine de mort par lapidation[19]. Le moratoire représente un délai pratique avant de passer à l’étape suivante. Ramadan justifie l’idée de moratoire dans l’application de la loi islamique en insistant sur l’importance de tenir compte de la façon dont le Coran est encore lu :

« Les ulémas et les intellectuels qui ont nié les enseignements des textes n’ont absolument aucun impact dans le monde islamique ou au sein des communautés musulmanes d’Occident : leur propos est proprement disqualifié parce qu’il est perçu comme étranger, aliéné ou simplement soumis à la solde de la domination de l’Occident[20] ».

Puis il donne une série d’exemples significatifs en ce qui concerne la place de la femme dans la société et le problème de la violence conjugale :

« Si les textes rappellent l’importance de la famille, il s’agit dans l’interprétation et le commentaire, de mettre en avant le droit inaliénable de la femme au travail, à l’autonomie financière et à l’engagement social et politique ». En se basant sur la tradition juridique islamique, Ramadan adopte une position modérée en ce qui concerne l’avortement :  « il n’existe pas de condamnation définitive de l’interruption volontaire de grossesse ». « Si enfin le Coran mentionne une fois la violence, l’approche historico-critique montre que l’objectif est de mener à l’exemple prophétique et impose l’idée que la violence conjugale est interdite en islam. Ce travail exige l’approche rationnelle des textes et la prise en compte de la psychologie collective des sociétés et des communautés religieuses[21] »

Ensuite, Ramadan tente de justifier son approche sur le plan rationnel. D’abord, selon lui, les intellectuels en Occident, qu’ils soient musulmans ou non, ont un rôle à jouer dans ce processus pédagogique :

« leur impact dépendra grandement de leur attitude. S’ils s’arrêtent aux symboles, aux apparences et aux slogans en donnant l’impression que pour eux la seule évolution positive pour le monde islamique et pour les musulmans occidentaux est de se plier au modèle dominant et de nier leurs références, il est clair qu’ils ne seront ni entendus ni suivis et que la fracture est inévitable[22] ».

Cette posture intellectuelle de Tariq Ramadan est compatible avec l’éthique du respect et l’attitude d’aide envers les personnes et les groupes. Il existe une culture morale (groupe d’appartenance) musulmane en Occident et il faut en respecter les autorités intellectuelles. Cela ne signifie pas qu’il faut accepter leurs croyances ou leurs bases intellectuelles, mais qu’il importe de les amener eux-mêmes à avancer sur ce point par le dialogue et la discussion critique. L’existence d’un penseur comme Tariq Ramadan démontre que les autorités intellectuelles musulmanes sont non seulement capables d’avancer dans leur pensée autocritique mais, en outre, d’en apprendre sur ce point aux penseurs occidentaux.

Un grave impair ou une leçon de Tariq Ramadan ?

D’après plusieurs commentateurs, Tariq Ramadan aurait commis une grosse bourde alors qu’il participait à un débat télévisé avec Nicolas Sarkozy (sur France 2, le 20 novembre 2003). On peut en juger d’après la retranscription d’une partie de l’échange :

Nicolas Sarkozy : « la lapidation d’une femme, c’est une monstruosité, et justifier une monstruosité ne peut être le fait que d’un déséquilibré ». Sarkozy vise alors directement le frère de Tariq Ramadan, Hani Ramadan, qui a défendu publiquement la lapidation. Au lieu de faire une condamnation en bonne et due forme de cette pratique, Tariq Ramadan déclare qu’il faut un « moratoire » sur la peine de lapidation là où elle est appliquée. À ce moment, Sarkozy lance : « Un moratoire ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Nous sommes en 2003 ». Aux yeux de plusieurs, Tariq Ramadan est alors apparu, preuve en était faite, comme un « sinistre obscurantiste[23] ».

Cette anecdote ne permet pas de considérer à leur juste valeur les efforts fournis par Tariq Ramadan dans le but d’amener les musulmans traditionnalistes à faire évoluer leur pensée, notamment vers plus de respect des femmes. Ramadan effectue une critique forte mais se voulant respectueuse du monde islamique tel qu’il est. Il est sûr qu’une évolution vers le respect véritable des femmes, en particulier, prendra du temps. Sur le thème de la lapidation, Tariq Ramadan affirme : « Je demande un moratoire pour qu’on cesse l’application de ces peines-là dans le monde musulman. Ce qui compte, c’est de faire évoluer les mentalités. Il faut un discours pédagogique[24] ».

Actuellement cet appel à un moratoire de Tariq Ramadan n’est guère entendu par les peuples musulmans ni par la plupart des savants influents de l’islam. Il a quand même des appuis. Il écrit : « Reste l’espoir : dans le monde arabe, aux États-Unis, en Europe comme en Asie une pétition internationale vient d’être lancée (en arabe, anglais et français) par des musulmans demandant aux savants musulmans de prendre cette question [du moratoire] au sérieux et d’ouvrir le débat. Je salue cette initiative et je suis heureux de voir et d’entendre que des ulémas du monde musulman commencent à s’exprimer sur le fond et à étayer des arguments qui vont dans le sens ou non de l’Appel. La route sera longue et les débats vifs : n’en ayons pas peur ne serait-ce que par respect pour la dignité de ces femmes et de ces hommes, pauvres et démunis…[25] »

L’islam en Occident

Tariq Ramadan « pense que l’avenir de l’islam est en Occident » mais il dit aussi que « l’islam en Occident va changer l’Occident[26] ». C’est tout à fait possible, mais rien ne dit que l’Occident ne changera pas lui-même l’islam. Il s’agit ici de voir à quelles conditions leur interaction pourra être profitable aux deux.

Un nouveau progressisme apparaît ici, encore balbutiant, tenant compte de l’identité culturelle ou, plus généralement, de l’identité de groupe. Tariq Ramadan déclare en tant que musulman s’adressant à des musulmans qu’« il nous faut effectuer, littéralement, une révolution intellectuelle […] l’universalité de nos principes dépasse l’agir et la production des seuls musulmans et des sociétés dans lesquels ceux-ci sont majoritaires : au point qu’il peut y avoir « plus d’islam » (au sens du respect des principes fondamentaux) là où il y a moins de musulmans. […] Il faut se méfier des apparences. » Il poursuit en expliquant ce qu’est l’islam. Selon lui, l’« idée centrale du caractère englobant de l’islam » constitue la « caractéristique fondamentale du discours islamiste » alléguant « que l’islam investit la totalité du champ social et que c’est précisément ce qui le distingue des autres religions[27] ».

« Manifeste pour un nouveau “Nous” »

Dans son « Manifeste pour un nouveau “Nous” », Tariq Ramadan affirme que les musulmans doivent décider de « se prendre en main, d’être constructivement critiques, et autocritiques, et de répondre à la lente évolution de la peur par une déterminée révolution de confiance[28]. Cependant ce « nous » n’englobe pas que les musulmans. En fait, Ramadan l’adresse à l’Occident et, même, à toute l’humanité. « Nos sociétés, déclare-t-il, ont besoin de l’émergence d’un nouveau « Nous ». Un « Nous » qui réunit des femmes et des hommes, des citoyens de toute religion ou sans religion, et qui s’engagent ensemble contre les contradictions de leur société, [pour] le droit au travail, à l’habitat, au respect, contre le racisme et les discriminations de toutes sortes ou les atteintes à la dignité humaine […]. Respectueux des identités plurielles […] dans cette révolution de confiance […] face aux émotions et aux réactions épidermiques, voire hystériques, s’imposent la rationalité, le dialogue exigeant, l’écoute et l’approche raisonnable des questions sociales complexes et difficiles [29]. » Il affirme que « … ce nouveau “Nous” citoyens… » nous sollicite pour « lutter contre les comportements choquants produits en leurs noms (terrorisme, violence domestique, mariages forcés, etc.) ». Enfin il entend « Être et demeurer la voix des sans voix, de l’Irak, de la Palestine, du Tibet ou de Tchétchénie ou encore des femmes maltraitées et des victimes, notamment africaines, du Sida (alors que les médicaments sont disponibles) […] c’est la confiance mutuelle et l’esprit critique global qui ouvrent la voie à la réconciliation entre les civilisations. »

Analogie avec l’idée d’une démocratie globale

Ces déclarations de Tariq Ramadan annoncent-elles un nouvel œcuménisme regroupant chrétiens et musulmans[30] ? Ou bien, une nouvelle sorte de « catholicisme » au sens originaire du terme (du grec katholikós signifiant « universel »), qui serait donc un « œcuménisme catholique », dont la vocation serait « globale », c’est-à-dire à la fois religieuse, culturelle et sociopolitique ? Il y aurait donc un rapprochement à faire entre l’idée de Tariq Ramadan et un concept comme celui des « Nations unies »?

Si tel est le cas, — et pourquoi pas? — ce type de mouvement mondial pourra être considéré comme respectueux des personnes et des groupes lorsqu’il regroupera, non seulement tous les humains, mais aussi tous les groupes humains, tous traités également entre eux. Il s’agira alors d’une démocratie globale[31].


[1] Tariq Ramadan qualifie Israël d’État « oppresseur » : « Il y a un oppresseur (L’État d’Israël) et un opprimé (le peuple palestinien) ». Cf. Site de Tariq Ramadan, « Mouvement global de résistance non violente », 17 avril 2010.

[2] Ian Hamel, La vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie. Vers un lobby musulman en Europe ?, Éd. Favre SA, Paris, 2007, p. 298.

[3] Ainsi, dans l’hebdomadaire Le Point (22 avril 2004), Tariq Ramadan qualifie les attentats de New York, de Bali ou de Madrid d’ « interventions ». « Lapsus révélateur, penseront ses détracteurs »; voir aussi The Guardian (9 juillet 2005) (cité et commenté par Ian Hamel, op. cit., p. 325).

[4] Par exemple, il ne condamne ni le régime du Soudan ni celui de l’Iran. Cf. Alexandra Szacka, « Tariq Ramadan de passage à Montréal », site de Radio-Canada, le 20 décembre 2006.

[5] Voir par exemple l’ouvrage de Caroline Fourest, Frère Tariq. Discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan , Paris, Éditions Grasset, 2004.

[6] Selon Ian Hamel, les accusations contre Tariq Ramadan ne sont généralement pas étayées par des reportages sur le terrain et ne donnent pas de dates ni de lieux précis; il affirme qu’il n’a « jamais pu lire de comptes rendus précis des propos sulfureux qu’aurait pu tenir Tariq Ramadan, enregistrement à l’appui » (Ian Hamel, La vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie. Vers un lobby musulman en Europe ?, Éd. Favre SA, Paris, 2007, p. 281).

[7] Anne Dastakian, dans Marianne, n.631 ; 23 mai 2009.

[8] C’était en mai 2005. Cf. Ian Hamel, op. cit., p. 310.

[9] Ainsi Patrice Brodeur, professeur agrégé spécialiste en islam déclare à propos de Tariq Ramadan : « Il sait articuler des positions qui sont parfois un défi pour l’Occident… » ; Samia Bouzourène, coordinatrice de « Présence musulmane à Montréal, dit pour sa part « On se nourrit de la pensée de M. Ramadan en ce qu’elle permet de construire des ponts dans un contexte de suspicion envers les musulmans »   (entrevue avec Le Devoir, Bahador Zabihiyan, « Intellectuel médiatisé ou islamiste dangereux ? »,7 novembre 2009, p. a4). D’après Vincent Geisser, Tariq Ramadan contribue largement à un brouillage des sens, sa « démarche remettant en question nos catégories classiques de perception du fait islamique, héritées de l’orientalisme » (Préface à La vérité sur Tariq Ramadan par Ian Hamel, op. cit., p. 7).

[10] Cf. Éliane Elmaleh, « Les Women’s Studies aux États-Unis. Le féminisme et l’université [archive] », Transatlica, 1 | 2003.

[11] Cf. « Conférence de Présence musulmane. Tariq Ramadan est de passage à Montréal » ; site de Radio-Canada, le 20 décembre 2006.

[12] Loc. cit. Ici, Tariq Ramadan fait allusion à son grand-père Hassan el-Banna, le fondateur des Frères Musulmans, une organisation panislamiste fondée en 1928 en Égypte dont le but est entre autres la lutte contre l’influence occidentale. Il est d’autant plus frappant que Tariq Ramadan ait déclaré: « Je suis profondément occidental » Le Point, no. 1916 ; (Idées, 4 juin 2009, p. 94).

[13] Voir Ian Hamel, op. cit., p. 292.

[14] Tariq Ramadan, Mon intime conviction, Paris, Presses du Châtelet, 2009, p. 101-102.

[15] Ibid., p. 30.

[16] Ibid., p. 38.

[17] « Nul doute, écrit le spécialiste Bernard Guillemain, que l’islam se montre essentiellement favorable à la tolérance puisque le Coran (sourate xvi, 92-93) se présente moins comme une révélation originale que comme la reviviscence de Moïse et de Jésus… » si, du moins, on compare cette religion au judaïsme ou au christianisme. Cf. Bernard Guillemain, « Tolérance », Encyclopaedia Universalis (20 septembre 2010).

[18] Tariq Ramadan, « À propos des femmes, du “ moratoire” et de notre avenir » (site de Tariq Ramadan, 22 septembre 2004).

[19] Plusieurs se montrent scandalisés de ce que Tariq Ramadan présente le moratoire comme un substitut à la condamnation pure et simple de l’obscurantisme religieux. C’est ce qu’on peut voir, par exemple, dans ces passages du magazine L’Express sont significatifs : « Caroline Fourest décrypte la stratégie politique du prédicateur » et affirme : « habitués à l’idée que l’islam est une religion archaïque, nous percevons la proposition d’un « moratoire sur la lapidation » comme « une formidable avancée ! » l’islam est « moins rigide qu’on ne le croit », mais « Pourquoi n’entend-on pas les vrais musulmans libéraux, qui souhaitent réellement moderniser l’islam ? Parce que Tariq Ramadan parle à leur place sur les plateaux de télévision » (« Ramadan est un chef de guerre », par Claire Chartier, L’Express.fr, publié le 18 oct. 2004)

[20] Ibid. 

[21] Ibid.

[22] Ibid.

[23] Cf. Ian Hamel, op. cit., p. 270-272.

[24] L’Express, « Ramadan est un chef de guerre », par Claire Chartier (L’Express.fr, publié le 18 oct. 2004).

[25] Tariq Ramadan, « À propos du moratoire : des arguments, une attitude » (site de Rariq Ramadan, 25 mai 2005).

[26] Propos rapportés par Ian Hamel dans son ouvrage La vérité sur Tariq Ramadan. Sa famille, ses réseaux, sa stratégie. Vers un lobby musulman en Europe ? (Éd. Favre SA, Paris, 2007), cité par Alexandra Szacka, « Tariq Ramadan de passage à Montréal », site de Radio-Canada, le 20 décembre 2006.

[27] Tariq Ramadan, Musulmans d’Occident. Construire et contribuer, Lyon, Tawhid, 2004, p. 53-54.

[28] Site officiel de Tariq Ramadan, le 28 septembre 2006.

[29]  Ibid.

[30] Le mouvement dit œcuménique est d’abord représenté par le Conseil œcuménique, chrétien et protestant, de Genève, dont les décisions n’ont « d’autorité que celle que leur confèrent leurs propres vérité et sagesse » (Jean Baubérot, Encyclopaedia Universalis, « Œcuménisme » ; en ligne le 23 septembre 2010).

[31] Certes, les Nations unies actuelles ne constituent pas encore une telle démocratie. Voir dans l’Agorathèque : « La démocratie mondiale ».