Une translation sémantique du mot « Église » consiste à passer, en termes de signifiants, de l’individu à la communauté et de la communauté à l’Église. Elle suppose un rapport analogique comme dans le cas dit de la « caverne » de Platon. Là, le rapport du prisonnier à la lumière du soleil, qui est un rapport d’altérité profonde, symbolise le rapport de l’humain à la divinité. Dans le cas de l’Église, le rapport du croyant non catholique à sa communauté religieuse fait écho à celui qu’entretient sa communauté à un Tout plus grand et, en quelque sorte, transcendant, qui est la société de toutes les religions, la STR, à laquelle l’Église serait désormais identifiée.

           Et il en irait de même dans le cas de toute religion qui a vocation d’universalité, après avoir convergé avec l’Église catholique en tant qu’Église particulière. Par exemple, le terme « Oumma » signifie la nation-mère et désigne la communauté des musulmans dans le monde, au-delà leurs nationalités respectives. Précisément, l’ « Oumma » désignerait la globalité plurielle des communautés dispersées des musulmans. Sous cette forme, elle convergerait au nom du respect vers la même forme que l’Église chrétienne catholique1.

1 Le concept de translation sémantique, c’est-à-dire de correspondance idéométrique, relève en fait de l’idéométrie en son état encore balbutiant (Cf. The Mind of Society. From a Fruitful Analogy of Minsky to a Prodigious Idea of Teilhard De Chardin, Gordon and Breach, 1998). 1