Le théologien Hans Küng a fait remarquer le contraste entre, d’une part, « la souriante impassibilité et la paisible sérénité de l’Illuminé » et, d’autre part, l’« abîme de souffrance » de Jésus dont « la mort ignominieuse, la croix serait d’abord un signe d’échec[1] ». Après la mort et la résurrection du Christ, selon lui, « il devenait possible de parler de compassion de Dieu, d’une « solidarité de Dieu » sans pareille avec ceux-là précisément qui souffrent, qui sont abaissés, exploités, abandonnés jusque dans la mort » ; c’est « pris au sérieux ». Le rapport à la souffrance y est très différent. Dans le bouddhisme, on a confiance de pouvoir s’arracher aux chaînes de la souffrance dès cette vie, par ses propres forces alors que, dans le christianisme, on a confiance en la libération de toute souffrance par une autre force qui est « l’entrée dans l’absolu[2] ». Cependant Küng ne se décourage pas pour autant. Il continue de chercher une « convergence[3] » possible entre les religions en général, et entre ces deux religions en particulier (voir Explications supplémentaires : Exemple de convergence possible…). D’ailleurs, on peut remarquer qu’en tant que propositions (par opposition aux obligations ou à la contrainte), les positions contraire du bouddhisme et du christianisme peuvent vivre ensemble dans le respect (voir Explications supplémentaires : L’attitude de proposition).


[1] Hans Küng, Le christianisme et les religions du monde. Islam, hindouisme, bouddhisme, co-auteurs J. van Ess, H. von Stietencron et H. Beckert, traduit de l’allemand par Joseph Feisthauer, Paris, Seuil, 1986, p. 596-597.

[2] Ibidem.

[3] Ibidem.