Le super-ordre deux — 102 — est absorbant par rapport à l’addition, c’est-à-dire que le résultat reste à super-deux si on additionne deux nombres pris au hasard dont les super-ordres de grandeur sont deux. Par exemple, 102 ajouté à 102 peut s’écrire 1010 + 1010, soit  2.1010, ou 1010,301… , l’exposant 10,301… étant très peu supérieur à 10. La somme relève donc encore du super-ordre deux et reste encore bien inférieure au super-ordre trois, 103. Même si on recommençait l’opération – ajouter 1010 à la somme – un million de fois, on obtiendrait un nombre qui, toute proportion gardée, ne se rapprocherait pratiquement pas de 103. Il faudrait recommencer cette manœuvre plus de 103  fois pour l’atteindre. 

            Le super-ordre deux n’est toutefois pas absorbant par rapport à la multiplication. Ainsi, si on multiplie un nombre du super-ordre deux par un autre au même super-ordre, on progresse beaucoup plus vite vers le super-ordre trois. Par exemple, 102 multiplié par 102 équivaut à 1010 fois 1010, soit 1020. Celui-ci relève du super-ordre deux et est d’ailleurs encore bien inférieur à super-trois 103. Si, cependant, on recommence l’opération 109 fois, c’est-à-dire un milliard de fois, le produit atteint le plus petit nombre du super-ordre trois. 

            On peut de même montrer facilement que le super-ordre trois est absorbant par rapport à l’addition et la multiplication. Un nombre assez grand pour relever du super-ordre trois peut donc être multiplié plus d’un milliard de fois par un autre nombre du même super-ordre tout en restant au super-ordre trois. 

            La propriété d’absorption s’applique à l’infini avec une exactitude mathématique. En d’autres termes, l’infini additionné à l’infini donne l’infini ; l’infini multiplié par l’infini donne l’infini ; etc. Cette propriété d’absorption s’applique à tous les super-ordres de grandeurs, à partir du troisième. Ils sont si grands en comparaison avec tous les nombres qu’on peut rencontrer dans la vie quotidienne ou même dans la recherche scientifique actuelle qu’on les identifierait en pratique avec l’infini. Envisagé de façon stricte, un nombre du super-ordre trois n’est pourtant pas du tout infini. En fait, il est même infinitésimal en comparaison avec un nombre du super-ordre quatre, lequel n’est pourtant pas, non plus, équivalent à l’infini.  

            De ce fait numérique il découle que le potentiel humain — dont la puissance est du super-ordre trois — est pratiquement infini au regard de toutes les grandeurs qui sont effectivement mesurables ou observables de cet Univers. Du point de vue des potentialités réelles, l’humain reproduit essentiellement l’Univers entier. Cela apparaît peut-être, par exemple, dans la capacité humaine de produire une science capable de représenter l’Univers et de commencer à le comprendre. Il existe toutefois des raisons de croire que nous sommes encore loin d’une véritable compréhension.

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