On peut considérer que le principe de réduction du vecteur d’état (ou réduction du paquet d’onde), en mécanique quantique, représente un cas particulier du principe de réduction, soit celui où les sommets du graphe du potentiel réel sont déterminés comme les états possibles immédiats d’un système quantique, chaque sommet se faisant assigner une probabilité déterminable à partir des règles de cette théorie. 

Remarques :  

            Ces remarques concernent différents aspects de la réalité physico-cognitive. Dans ce qui suit, le mode présent est utilisé pour les verbes qui servent à décrire le graphe du potentiel, y compris les régions passée et future de ce graphe.  

i)          Il existe un espace du graphe, appelé aussi espace du potentiel, qui est un type différent d’espace que ceux envisagés en physique jusqu’à présent. L’espace de graphe est un espace physico-cognitif jumelé à un temps réel.  

            Cet espace n’a pas de propriété géométrique (ni topologique), mis à part le fait d’ordre pratique que sa représentation nécessite au moins deux dimensions.           

ii)         À chaque instant, le sommet qui décrit l’état présent de l’Univers se transforme en un sommet qui décrit un état passé de l’Univers ; de même, un état potentiel de l’Univers devient l’état présent de l’Univers ; un graphe différent du potentiel réel résiduel de l’Univers correspond à chaque nouveau moment. 

             En pratique, cela signifie que notre Univers se transforme dans le temps réel (et non simplement mathématique) en libérant des nouveautés. Cela se vérifie constamment par les humains qui, à chaque jour, déploient une créativité considérable. L’existence même de notre science en témoigne. 

iii)        À chaque instant, une nouvelle réduction peut devenir effective parmi celles qui restent réellement possibles. 

             En pratique, cela signifie quelque chose de moins évident que ce qui est énoncé dans les deux remarques précédentes. À chaque instant, il se perd des possibilités qui étaient réelles jusque-là. Nous observons ce phénomène indirectement du fait de nos actions libres. Comme à chaque instant nous avons des possibilités réelles de choix différents pour nos actions, la réduction de nos possibilités découle naturellement de cette liberté qui est nôtre. Cependant un grand nombre de possibilités réelles sont également perdues qui ne sont pas prévues ni connues par le sujet et qui peuvent aussi bien concerner quelqu’un d’autre ou autre chose dans l’Univers. Une nouvelle réduction signifie en outre qu’à tout moment des possibilités réelles qui n’étaient pas effectives deviennent des possibilités effectives. 

iv)        Aucune nouvelle réduction du potentiel ne peut modifier le graphe initial en tant que graphe mathématique ; en ce sens le temps réel s’écoule sans rien changer à la base physico-mathématique de la description du potentiel de l’Univers initial.

            Cela signifie entre autres pour nous que le temps réel ne se trouve représenté que très partiellement par ce graphe. En effet, ce n’est qu’en droit, mais non en fait, que ce graphe décrit les potentialités réelles de notre Univers ontologique. Nous découvrirons sans doute, dans l’avenir réel, d’autres façons meilleures de représenter notre réalité

v)         Une réduction du vecteur d’état est un « saut » quantique spontané de l’Univers dans un état global comportant un moins grand nombre d’états potentiels. Le mot « spontané » exprime notre manque de connaissance sur ce qui se passe réellement et qui provoque ce saut.  

vi)        Si on décrit le saut quantique comme une évolution brusque dans tout l’espace, il y a confusion. Ce qu’on veut dire est qu’il y a changement quantitatif et immédiat de notre représentation physico-cognitive du réel, y compris des possibilités réelles, lorsque nous observons l’état d’un système physique. Il s’agit d’une brusque évolution dans l’espace de graphe des potentialités réelles.  

vii)       À chaque moment, un grand nombre de potentialités réelles s’éteignent subitement. Elles deviennent des possibilités réelles passées. De plus, une partie du potentiel réel devient subitement effective. Ce sont là les « lois » physico-cognitives d’évolution dans l’espace du graphe. 

viii)      À la différence du principe de réduction du paquet d’onde tel qu’il a été formulé par les physiciens jusqu’à présent, le principe de réduction du potentiel réel est de portée générale et il peut s’appliquer aussi bien à des systèmes macroscopiques et, même, à une personne consciente qui prend une décision effective à un certain moment. 

ix)        Les situations dans lesquelles le système se comporte de façon classique sont décrites par des graphes dans lesquels un grand nombre d’arcs formant ensemble un faisceau se regroupent comme s’il n’y avait que un arc de probabilité un1

1 C’est en quelque sorte ce fait d’ordre physico-mathématique que les physiciens ont découvert récemment, en tant que conséquence de la théorie de la décohérence. 1