La diabolisation. Une pédagogie de l’éthique, par Yvon Provençal, Québec, Presses Inter Universitaires, 2007.

Dans l’histoire, on peut retracer de nombreux cas où des humains ont dénigré à outrance d’autres humains : les juifs, les sorcières ou, plus généralement, les hérétiques, et aussi les communistes, les fascistes, les groupes terroristes, les bourgeois ou les capitalistes; on pourrait multiplier les cas de diabolisation. Cette tendance des humains à trouver des coupables aux pires maux remonte à la nuit des temps. De nos jours, même des intellectuels et des philosophes diabolisent continuellement avec le sentiment, non de déformer ni de tromper, mais au contraire de rapporter les faits avec justesse. Quelles sont la nature et l’ampleur du phénomène? Quel est le rôle de la diabolisation dans ce qui provoque et entretient les conflits violents? La diabolisation s’effectue-t-elle le plus souvent de façon inconsciente? Quel est le rôle du sens moral dans ce qui motive à diaboliser, y a-t-il un « devoir » de diaboliser? Cet ouvrage décrit plusieurs cas de diabolisation, analyse le phénomène et en fait une critique constructive qui pourra déboucher sur un nouvel humanisme, une nouvelle approche éthique qui vise l’humanisation des rapports entre les groupes, qu’il s’agisse de nations ou de communautés, des plus petites aux plus grandes.