Louise Provençal

Louise Provençal

Enfin, mon philosophe de frère, tu passes à l’action. Tu ne te contentes plus d’exprimer des idées abstraites, tu veux trouver des solutions aux graves problèmes qui affectent l’humanité et tu prends des moyens originaux pour y parvenir.

Si je t’ai bien compris, tu veux identifier des problèmes fondamentaux susceptibles de bloquer l’évolution de l’humain, voire de provoquer la décadence des civilisations du monde à plus ou moins long terme. Ces problèmes étant profonds, ils exigent des solutions d’envergure historique, voire anthropologique, des solutions qui ne peuvent être mises en application qu’à la faveur d’une échéance pouvant s’étendre sur des siècles, tout en commençant dès maintenant. Si tu me permets une métaphore, je dirais ceci pour résumer ton argumentaire : plus le pli du tissus est dur, plus il faut de temps et d’efforts pour l’éliminer. Ici, les plis sont des idéologies, des valeurs, des intérêts, des préjugés, des mythes, des théories et même des lois fondamentales sur lesquelles sont fondés des pays et des organisations internationales et supranationales.

Ton projet exigera la participation de millions de personnes provenant de toutes les contrées du monde. Je pense que jamais un humain n’a entrepris un projet d’une telle envergure, un projet comportant autant de difficultés et créant autant d’espoir. La beauté de la chose, c’est que la réussite de ton aventure exige de tous les intéressés qu’ils considèrent les humains dans ce qu’ils ont de plus beau et de plus élevé. Le poète Baudelaire n’a-t-il pas écrit : « Tous les problèmes de l’homme viennent de ce qu’il ne se borne pas à ce qu’il connaît de plus élevé »?

Ton idée de manifeste est généreuse, courageuse et fascinante. Permet-moi de te féliciter et de t’encourager de mon humble contribution. Pourvu qu’un ou deux millions de citoyens engagés dans l’actualisation des potentialités humaines en fassent autant.

Louise Provençal