Le problème du mal est le problème de savoir comment un Dieu omniscient, omnipotent et parfaitement bon a pu créer un monde dans lequel le mal existe. Comment Dieu a-t-il pu juger bon de créer le monde sachant tout le mal qu’il y aurait là ? Comment peut-il laisser exister le mal s’il est capable de l’éliminer ? On en fait souvent un argument en faveur de l’athéisme : l’existence même du mal rend l’existence de Dieu impossible. Ce qu’on appelle le mal inclut habituellement les souffrances d’ordre physique, psychologique ou moral. Parfois on y inclut les souffrances du vivant en général. Le mal est comme tel compris objectivement et, à ce titre, il englobe la mort, la destruction ou la dégradation des êtres. L’existence de la douleur comme telle pose également problème, qu’elle soit comprise objectivement ou subjectivement.

L’existence du mal ne rend-t-elle pas toute idée de Dieu créateur impossible? En effet, même si on rectifie l’idée de Dieu en soustrayant de sa définition l’omniscience et l’omnipotence, il demeure que Dieu aurait créé le monde avec tout le mal que celui-ci comporte. Comment un Être bon aurait-il pu joué un rôle si déterminant dans un tel processus ? Pouvons-nous admettre que Dieu est bon mais peu responsable, voire irresponsable ? Ce serait encore une contradiction. C’est ce que nous appellerons ici le problème radical du mal. On n’y suppose même plus l’omnipotence ou l’omniscience divines, mais seulement une puissance et une connaissance supérieure à celles de l’humain. Cela devrait à première vue simplifier le problème. En fait, il le rend encore plus aigu et, en apparence, encore plus insoluble.

Suite